Re: ITER, la fusion nucléaire
Publié : 06 sept. 2013, 22:01
http://www.lesechos.fr/entreprises-sect ... 602446.phpNucléaire : Iter tente de se donner une nouvelle impulsion politique
LesEchos 06/09/2013
Un conseil ministériel s’est réuni vendredi. Le chantier a pris du retard et les Etats-Unis renâclent à le financer
Dans la fosse du futur « tokamak » d’Iter, sur le site de Cadarache (Bouches-du-Rhône), les plots parasismiques qui donnaient il y a quelques mois un air futuriste au chantier ont été couverts par un ferraillage qui le fait désormais ressembler à un ouvrage plus classique. De deux cents ouvriers à l’œuvre aujourd’hui, ils passeront à mille à la fin de l’année et à 3.500 au pic des travaux, en 2015. Le complexe, qui s’érigera à 80 mètres au-dessus du sol, hébergera une chambre à vide (le tokamak) où les scientifiques tenteront de démontrer la faisabilité d’une production d’énergie issue de la fusion et non plus de la fission nucléaire, moins gourmande en combustible et moins risquée. Conviés pour un conseil ministériel vendredi -le premier depuis sept ans -, les représentants des sept pays signataires (Chine, Corée du sud, Europe, Etats-Unis, Inde, Japon, Russie) ont pris la pose sur le tapis rouge pour rappeler leur engagement dans le projet.
Après un dérapage budgétaire qui a fait passer le budget initial de 5 à près de 16 milliards d’euros pour construire Iter, l’objectif politique de la rencontre était d’assurer que le projet serait désormais mené dans un cadre budgétaire et calendaire strict. A l’issue du conseil, les représentants ont d’ailleurs, dans un communiqué, « reconnu l’ampleur des défis inhérents à cette entreprise sans équivalent, particulièrement pour ce qui concerne le respect du calendrier et la maîtrise des coûts ». Le chantier a pris deux ans de retard, et les premières expériences sur le plasma sont désormais attendues en 2021. Deux conseils d’Iter, en novembre puis en juin l’an prochain, verrouilleront à nouveau le calendrier et prépareront la succession de l’actuel directeur général d’Iter organization, le japonais Osamu Motojima. « Pour l’Europe, c’est très clair, nous avons un budget de 6,6 milliards d’euros pour ce projet jusque 2020 et nous ne l’augmenterons pas, nous devons respecter ce cadre financier », indique Robert-Jan Smits, directeur général pour la recherche et l’innovation à la Commission européenne. L’Union européenne finance 45 % du coût de construction. Le conseil et le Parlement européens ont trouvé un accord financier en juin, que les parlementaires européens doivent encore valider cet automne.
Les représentants d’Iter connaissent aussi les difficultés récurrentes des Etats-Unis à faire voter les dépenses d’Iter. Cette année encore, les parlementaires demandent des gages supplémentaires au gouvernement de Barack Obama. Les Etats-Unis n’avaient d’ailleurs dépêché vendredi à Cadarache qu’un haut fonctionnaire du Department of Energy (DoE). Ce sont en outre les Etats-Unis qui mènent en ce moment, comme tous les deux ans, une évaluation de la gestion du projet. Les conclusions seront rendues dans quelques semaines mais les résultats préliminaires montrent que « les choses peuvent être améliorées, notamment sur la gouvernance », indiquait vendredi un porte-parole d’Iter, soulignant qu’ « il y a une bonne volonté des membres mais pas de mesures contraignantes ni de pénalités de retard » .
Des contrats et des avancées industrielles
Pour donner de la visibilité et du concret à un projet dont les résultats de long terme restent hypothétiques, la ministre de la Recherche Geneviève Fioraso a insisté de son côté vendredi sur les avantages de court et moyen terme d’Iter : des contrats pour les entreprises françaises (1,5 milliard d’euros à fin août, selon le ministère) et des avancées industrielles grâce aux innovations technologiques qui seront menées. « Tous les verrous qu’on va faire sauter serviront pour la science et l’industrie », assure-t-elle.
L’enjeu est d’autant plus important que le chantier va désormais entrer dans une phase complexe : les premiers composants devraient arriver à partir de juin prochain, en provenance de chaque pays membre d’Iter, chaque partenaire finançant en nature sa part du chantier. Les premiers éléments attendus arriveront des Etats-Unis, et serviront au système de refroidissement.






