https://www.connaissancedesenergies.org ... ais-261016Le Giec bloque sur le calendrier de son septième rapport climatique
AFP avec Connaissance des Énergies le 16 octobre 2026
Le Giec n’a pas validé vendredi le calendrier de son prochain rapport majeur, faute d’accord entre États, selon le négociateur français Benoît Faraco.
Une plénière sans accord à Addis-Abeba
La 65e session plénière du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat s’est achevée vendredi 16 octobre à Addis-Abeba, en Éthiopie, sans compromis sur la date de publication du septième rapport d’évaluation. Benoît Faraco, ambassadeur français chargé des négociations climatiques, a indiqué sur LinkedIn que les discussions entre délégations avaient été marquées par des tensions persistantes.
Le diplomate français a écrit que la session « vient de s’achever sans qu’un accord ait été trouvé sur le calendrier de publication du prochain rapport d’évaluation ». Il a également dénoncé des « pressions de la part de quelques pays » visant, selon lui, à ralentir l’adoption des futurs volumes scientifiques.
Le Giec, organisme placé sous l’égide des Nations unies et du Programme des Nations unies pour l’environnement avec l’Organisation météorologique mondiale, rassemble 195 gouvernements membres selon sa présentation institutionnelle en 2026. Ses rapports d’évaluation constituent la base scientifique de référence utilisée dans les négociations climatiques internationales et sont généralement publiés à intervalles de cinq à sept ans.
Le point de blocage porte sur l’échéance de 2028
Selon Benoît Faraco, une coalition regroupant des pays développés et des pays en développement, issus des cinq continents, a soutenu le calendrier proposé par les scientifiques. Cette coalition a, selon lui, résisté à des délégations souhaitant différer le processus d’adoption des rapports.
L’enjeu central concerne la capacité du septième rapport à éclairer les prochaines étapes de l’accord de Paris. Benoît Faraco estime que ce rapport « jouera un rôle essentiel dans l’élaboration des prochains engagements » attendus en 2028 et 2030, tout en jugeant que l’impasse actuelle « risque de nous faire perdre un temps précieux dans notre réponse au changement climatique ».
Plusieurs pays défendent une publication d’ici 2028 afin que les décideurs disposent de l’état des connaissances le plus récent au moment de la COP33. Cette conférence doit produire le deuxième bilan mondial des efforts climatiques engagés depuis l’accord de Paris, mécanisme qui mesure collectivement les progrès vers les objectifs internationaux.
Selon la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, ce deuxième bilan mondial doit commencer lors de la CMA8, en novembre 2026, et s’achever à la CMA10, en novembre 2028. Le précédent cycle du Giec avait abouti à une synthèse publiée le 20 mars 2023, utilisée pour éclairer le premier bilan mondial conduit cette même année.
L’Inde, l’Arabie saoudite et la Chine plaident pour 2029
D’autres délégations, dont l’Inde, l’Arabie saoudite et la Chine, préfèrent une publication en 2029. Leur argument porte sur le temps nécessaire pour intégrer de nouvelles données scientifiques et mieux prendre en compte les travaux de chercheurs issus de pays en développement.
Le septième rapport d’évaluation doit comprendre trois contributions principales : les bases physiques du changement climatique, les impacts et l’adaptation, puis l’atténuation des émissions. Le Giec indique que le rapport de synthèse du septième cycle sera produit après ces trois volumes et publié, à ce stade, d’ici fin 2029.
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