Publié : 24 mai 2006, 13:34
Pour faire suite à la discussion, je vous rapporte des réflexions issues d'une visite d'une exploitation maraîchère de Guérande.
Je crois que cette ferme a un site internet, elle a été la première du département à adopter le label "agriculture raisonnée".
Je vous laisse le soin de chercher, toujours est-il que l'exploitant est assez convaincant sur ces méthodes. Il est spécialiste de la lutte biologique avec l'intervention d'insectes auxiliaires et de plantes relais. Il nous a montré comment il luttait contre les pucerons. En fait, il créer des bandes de blé sur lequel il installe des pucerons du blé (qui ne s'attaque pas aux légumes). Ces pucerons sont la proie d'insectes auxiliaires (bien plus efficaces que la cocinelle) qui vont à leur tour manger les pucerons nuisibles qui se trouvent non loin de là. Cela a l'air efficace mais il préfère garder un parapluie chimique au cas où la lutte biologique ne marche pas de manière à ne pas perdre la récolte. Il nous expliquait pourquoi il n'est pas allé vers le bio. En gros, c'est parce que pour lui il y avait des impasses techniques importantes. En particulier la stérilisation du sol avec de la vapeur qui est tolérée en bio. C'est vrai, il a raison sur ce point, brûler 6000 litres de fioul pour stériliser 9 cm de sol sur un hectare, c'est pas très écologique et donc pas très bio... L'autre méthode dans le cadre d'une grande exploitation (ici 20 ha et plus) mécanisée, c'est d'utiliser le Métham Sodium. Il s'agit d'un produit de synthèse qui tue tout ce qu'il y a pendant les 3 premières heures. Au bout de 24 à 48 h, il ne reste plus rien du tout (soi disant). On en pulvérise 800 litres à l'hectare. Il faut que je me renseigne sur la provenance exacte de ce produit. Il est évidemment issu du pétrole. La question est de savoir combien d'équivalent pétrole il y a dans ces 800 litres par hectares.
Bon, bien sur, on peut éviter le recours à la stérilisation qu'elle soit chimique ou thermique, on peut recourir à la rotation des cultures. Cependant cela exige de la place et du temps que n'ont pas tous ces exploitants intensifs (même en bio).
Tout cela m'amène à un questionnement sur l'utilité de se faire labelisé bio. Cela coûte tout de même 500 euros par an.
Je me dis que le bio tolère la machine à vapeur pour stériliser le sol, qu'il tolère les produits qui font des milliers de kilomètres, qu'il tolère les emballages non consignés, qu'il tolère les grandes surfaces et qu'il tolère l'exploitation salariale.
Je me dis que je ne coorespond pas à cette philosophie.
D'autant plus qu'il faut voir qu'en campagne, le bio peut être vécu comme une insulte par le reste du monde paysan. Il faut rester très méfiant à l'égard de l'affichage d'un label qui veut dire aux autres que vous produisez de la merde et que moi je vais produire de bons aliments.
J'ai peu de temps, il faut que j'aille en cours mais j'espère que cela vous aura intéressé.
Pour en revenir à cet exploitant de guérande. Il travaille pour la grande restauration. Il cultive des dizaines de variétés de tomate et quand nous sommes allé le voir (en avril), il nous a fait goûté des tomates. Certes très bonnes, mais des tomates au mois d'avril, cela ne fait pas très légumes de saison et je ne comprends plus très bien son discours d'agriculture raisonnée. Enfin, si je comprends bien, son soucis est avant tout d'être rentable et il prend le meilleur (parfois le pire) dans le conventionnel et dans le bio pour répondre aux attentes d'un consommateur qui maintenant méconnait les saisons.
Je crois que cette ferme a un site internet, elle a été la première du département à adopter le label "agriculture raisonnée".
Je vous laisse le soin de chercher, toujours est-il que l'exploitant est assez convaincant sur ces méthodes. Il est spécialiste de la lutte biologique avec l'intervention d'insectes auxiliaires et de plantes relais. Il nous a montré comment il luttait contre les pucerons. En fait, il créer des bandes de blé sur lequel il installe des pucerons du blé (qui ne s'attaque pas aux légumes). Ces pucerons sont la proie d'insectes auxiliaires (bien plus efficaces que la cocinelle) qui vont à leur tour manger les pucerons nuisibles qui se trouvent non loin de là. Cela a l'air efficace mais il préfère garder un parapluie chimique au cas où la lutte biologique ne marche pas de manière à ne pas perdre la récolte. Il nous expliquait pourquoi il n'est pas allé vers le bio. En gros, c'est parce que pour lui il y avait des impasses techniques importantes. En particulier la stérilisation du sol avec de la vapeur qui est tolérée en bio. C'est vrai, il a raison sur ce point, brûler 6000 litres de fioul pour stériliser 9 cm de sol sur un hectare, c'est pas très écologique et donc pas très bio... L'autre méthode dans le cadre d'une grande exploitation (ici 20 ha et plus) mécanisée, c'est d'utiliser le Métham Sodium. Il s'agit d'un produit de synthèse qui tue tout ce qu'il y a pendant les 3 premières heures. Au bout de 24 à 48 h, il ne reste plus rien du tout (soi disant). On en pulvérise 800 litres à l'hectare. Il faut que je me renseigne sur la provenance exacte de ce produit. Il est évidemment issu du pétrole. La question est de savoir combien d'équivalent pétrole il y a dans ces 800 litres par hectares.
Bon, bien sur, on peut éviter le recours à la stérilisation qu'elle soit chimique ou thermique, on peut recourir à la rotation des cultures. Cependant cela exige de la place et du temps que n'ont pas tous ces exploitants intensifs (même en bio).
Tout cela m'amène à un questionnement sur l'utilité de se faire labelisé bio. Cela coûte tout de même 500 euros par an.
Je me dis que le bio tolère la machine à vapeur pour stériliser le sol, qu'il tolère les produits qui font des milliers de kilomètres, qu'il tolère les emballages non consignés, qu'il tolère les grandes surfaces et qu'il tolère l'exploitation salariale.
Je me dis que je ne coorespond pas à cette philosophie.
D'autant plus qu'il faut voir qu'en campagne, le bio peut être vécu comme une insulte par le reste du monde paysan. Il faut rester très méfiant à l'égard de l'affichage d'un label qui veut dire aux autres que vous produisez de la merde et que moi je vais produire de bons aliments.
J'ai peu de temps, il faut que j'aille en cours mais j'espère que cela vous aura intéressé.
Pour en revenir à cet exploitant de guérande. Il travaille pour la grande restauration. Il cultive des dizaines de variétés de tomate et quand nous sommes allé le voir (en avril), il nous a fait goûté des tomates. Certes très bonnes, mais des tomates au mois d'avril, cela ne fait pas très légumes de saison et je ne comprends plus très bien son discours d'agriculture raisonnée. Enfin, si je comprends bien, son soucis est avant tout d'être rentable et il prend le meilleur (parfois le pire) dans le conventionnel et dans le bio pour répondre aux attentes d'un consommateur qui maintenant méconnait les saisons.