Glycogène a écrit :[L'opinion de miniTAX sur ce sujet est que si aujourd'hui le pétrole est plus pratique pour certaines applications (transports notemment), techniquement il est possible de s'en passer dans beaucoup de cas et à la place, d'utiliser entre autre le nucléaire, pour faire de l'hydrogène par exemple, ou pour recharger des batteries.
Oups je n'avais pas fini ma réponse !
En effet ce n'est pas parce que c'est techniquement possible que c'est pertinent de le faire.
Pour moi, un homme ou une société a atteint une certaine sagesse lorsqu'il peut faire qqch, mais qu'il se retient de le faire.
Le problème de la croissance énergétique est l'entropie (la vraie, énergétique): on a beau faire des progrès sur les rendements, il y aura toujours des effets collatéraux. Et bien que l'on divise par 2 les pertes, si on multiplie par 4 la production, on multiplie quand même par 2 les pertes. Dans une perpective de croissance, tout gain de rendement sera compensé en valeur absolue par l'augmentation des besoins.
L'idée de miniTAX, que je partage, est que la croissance est liée à la croissance de la population, et au progrès technique (qui permet d'utiliser plus d'énergie par habitant), en puisant dans les ressources naturelles.
A mon avis, la population atteindra un maximum au XXIème siècle. Si la consommation par habitant arrête de croitre, lorsque tous les habitants auront atteint en moyenne un niveau de vie "acceptable" (je reste flou car je ne sais pas lequel ça peut être), la croissance s'arrêtera.
Dès lors, est-ce que la terre peut supporter cette consommation constante des ressources ? Si ça se stabilise à une valeur plus grande qu'aujourd'hui, la réponse est non, car nous avons déjà dépassé la valeur d'équilibre (qui laisse les ecosystèmes se reconstituer aussi vite que nous les détruisons - je ne parle pas des ressources minières, qui ne se reconstituent pas, sauf en des dizaines de millions d'années).
Donc cette croissance 0 ne pourra pas durer.
Mais même sans être limité par l'épuisement des ressources, le vieillessement de la population entrainera une baisse de la population totale, et une baisse encore plus grande (en proportion) de la population active. Difficile de maintenir une croissance du PIB dans ces conditions (mais si c'est possible, je veux bien que l'on m'explique, je ne suis pas expert).
Mais je pense que nous seront limités rapidement par l'épuisement des ressources, avant le pic de population.
Même si le nucléaire permet de fournir plus d'énergie que nécessaire pour les 8 ou 10 milliards de personnes en 2050, cela signifie des milliers de centrales... qui prennent de la place, entre les mines, les usines d'enrichisssement, les centrales, les usines de retraitement, les sites en cours de démentellement...
Aujourd'hui, on construit des quartiers sur d'anciens sites indutriels actifs 10 ans plus tôt. Mais une centrale occupe du terrain pendant des décennies après sa fermeture.
Des milliers de centrales permettant d'atteindre le triplement du PIB mondial, donc aussi des milliers d'usines, d'infrastructures de toutes sortes, non pas dédiés aux habitants directement, mais aux besoins de toute l'industrie nécessaire à ce triplement du PIB. Il ne reste plus beaucoup de place pour les écosystèmes, sans compter les pollutions (normalement accidentelles et non structurelles dans une perspective optimiste) qui permettent de détruisent des écosystèmes sans que nous ayons voulu les toucher.
Du coup, l'idée de passer directement à l'état d'après pic de consommation de ressource, sans passer par le pic décrit, permettrait d'éviter certaines catastrophes possibles... dont la disparition de l'humanité (je ne dis pas que c'est certain, c'est juste que c'est une hypothèse tout aussi plausible qu'une croissance à 1,5 ou 3% jusqu'en 2100).
Une autre idée de miniTAX, est qu'il est possible de faire de la croissance sans augmenter d'autant la consommation de ressource. Il donne comme exemple le commerce de biens immatériels ou presque (oeuvre d'art, services, ...). Mais si commerce il y a, c'est que des personnes peuvent en vivre. Donc si il y a une croissance des services, c'est que plus de personnes peuvent en vivre. Et que fait une personne qui vit ? Elle consomme des resources. Elle consomme aussi des services. Mais au bout du compte, il y a bien qqun qui consomme des ressources.
Sinon, cela signifie qu'il y a croissance du PIB sans croissance des richesses, c'est de l'inflation. Par exemple, lorsqu'une oeuvre d'art est vendue plus cher qu'lle a été acheté, ça ne créé pas directement de la richesse: il y a toujours qu'une oeuvre. Par contre, celui qui l'achète a dû ou va devoir travailler pour la payer: c'est là que la richese est créée... sauf si lui aussi travaille dans un commerce du même type. Mais au bout de la chaine, il y a bien des personnes qui créée de la richesse en consommant des ressources.
sceptique a écrit :Maintenant, pour l'énergie ne nécessitant pas de pétrole le nucléaire peut effectivement faire l'affaire. Il "suffit" de construire les centrales à grande échelle. Quant aux ressources en minerais, si on accepte des prix élevés elles sont très grandes. Pour le pétrole on ne peut pas investir 2 barils pour en extraire 1. Pour l'uranium ou le thorium, le problème ne se pose pas (pas dans le meme ordre). Si on spécialise un réacteur nucléaire pour extraire l'uranium de l'eau de mer il va bien fournir n fois plus d'uranium qu'il n'en consomme. A un prix très élevé, certes.
En France, l'enrichissement de l'uranium pour les centrales nucléaire utilise... une tranche complète. Mais d'autres pays doivent profiter de la production. en tout cas ce n'est pas négligeable, même si ça reste de l'ordre de 1 à 2% (sans compter l'extraction et le traitement du minerai).
Il est certain qu'un surgénérateur est beaucoup plus rentable sur ce plan là. Mais pour le surgénérateur français, la fabrication des 1500t de sodium n'est pas négligeable non plus.