GillesH38 a écrit :
on réservera les derniers fossiles au chauffage. Et donc économiser sur le chauffage ne sert pas à sauver le chauffage, mais le reste. C'est donc bien une tentative de garder le maximum de fossiles pour AUTRE CHOSE.
autre façon de dire : supposons que DES LE DEBUT, on ait employé des chauffe eaux solaires comme en Israël, quelle aurait été la différence sur la croissance et l'impact du PO ? a mon avis quasi nulle !
Je suis d'accord qu'investir sur le chauffage ne changera pas significativement le declin post PO. Que la population voit son niveau de vie divise' par 10 ou par 20 en 50 ans ne fait pas grande difference dans le vecu quotidien.
Mais en revanche, je pense qu'investir dans le chauffage aujourd'hui permettra d'ameliorer la situation en chauffage dans trente ans, et pas seulement dans le reste. La descente sera toujours ressentie aussi durement par les populations, mais le point ou on atterrit sera moins bas si on investit maintenant.
Il y a des durees incompressibles, pour toutes sortes de raison (prise de conscience, recherche des moyens budgetaires....). On ne rattrapera jamais le temps perdu parce que soudain on prend conscience de la situation. Donc plus on commence tot, meilleur sera l'etat du parc de chauffage dans 20 ou 30 ans.
Je prends un exemple miniature avec deux chauffages, un fuel et un bois et deux individus, un riche et un pauvre. Dans trente ans, le riche achetera la maison avec chauffage au bois et le pauvre celle au fuel, moins chere, mais qu'il ne pourra pas chauffer. Si d'ici trente ans, le parc s'est transforme' et qu'on a remplac\'e le chauffage au fuel par un solaire thermique, il y aura deux maisons a chauffage bois et solaire. Le riche achetera la maison le mieux equipee au solaire et le pauvre se contentera du bois. Mais le pauvre pourra se chauffer un peu mieux puisque le bois reste plus abordable que le fuel.
Si les 10% les plus pauvres peuvent en moyenne se chauffer a 12 degres plutot que 10 degre's parce que le chauffage moyen du parc immo est meilleur, c'est toujours ca de pris !
Et dans les pays du monde actuels sans fossiles, le niveau de vie est proche du seuil de pauvreté mondial, de l'ordre de 500 $/an , qui est le PIB moyen de la période préindustrielle - c'est le PIB de ceux qui passent surtout leur temps à chercher à bouffer. Je ne vois rien de très fondamental qui ait changé.
Le savoir a fondamentalement change'. Mais la transmission du savoir non. L'ordre de grandeur, c'est qu'avec des techniques optimisees sans aucun apport exterieur (ni engrais chimique, ni engrais naturel venant de l'exterieur du terrain, ni petrole), une methode scientifique avec selection varietale, double bechage, couverture du sol... permet de produire 200 quintaux equivalent cereale par travailleur et par an. Par comparaison, le tiers monde fait a peu pres 10 quintaux, comme a la fin du moyen age ! Y'a un facteur 20 a gagner, sans fossile mais en optimisant. C'est encore loin de l'agriculture moderne (2000 quintaux par travailleur), mais faut reconnaitre qu'on n'est pas condamne' a retourner au niveau du moyen age et a travailler comme des cons toute la journee.
Ces methodes ont ete mises en oeuvre pendant plus de 15 ans par John Jeavons et son equipe, sans epuiser la terre. Ils ont ecrit regulierement des publis la dessus et y'a un livre ("How to grow more vegetables...").
La transmission du savoir est a mon avis l'une des cle's d'un declin pas trop guerrier. Evidemment, ca va pas tout solutionner, mais c'est important. Un des changements politiques qu'il faudrait mettre en oeuvre se situe au niveau de la science, qui devrait travailler a produire des savoirs publics et utilisables a petite echelle et a les diffuser.