Cela fait environ 15 jours que j'étudie les différents scénarios de sortie de l'Euro.
La littérature est peu explicite.
Je suis donc allé au charbon pour voir ce que les partis en disaient, notamment NDA (Dupont-Aignan) et le FN.
Coté FN, c'est le néant. Non seulement Marine Le Pen ne maitrise pas le sujet, mais l'évite continuellement. J'ai donc poussé le bouchon jusqu'à discuter sur forum avec des militants FN. Le sujet n'est pas mieux maitrisé. Voir passablement ignoré. Les sujets de prédiction sont en vrac : immigrés, juifs, révisionnisme, réhabilitation de Vichy, 1er et 2nd résistance, complots, et loi de 1973 dans le meilleur des cas. Bref, la méthode y est totalement ignorée. Soit ils sont certains de ne pas être élus, soit nous avons juste peur de sauter dans le vide.
Bref, je ne vais pas m'étendre sur le sujet. La méthode est vague, et les militants ne maitrisent pas le sujet.
Coté Dupont-Aignan, c'est déjà mieux, mais c'est pas encore cela. Voici un
article sur le sujet. Mais il dénonce l'omerta journalistique, plus qu'il ne donne d'explication, hors des liens vers d'autres économistes.
Dupont-Aignan est un peu seul, et passe son temps à chercher ses signatures que l'UMP lui refuse. Et depuis le piège de Dahan, c'est encore moins facile.
Je me suis donc retourné vers les économistes radicaux à gauche.
Voici ce que j'ai trouvé sur un article récent de F. Lordon, article intitulé "Un monde s'écroule sous nos yeux" (15 février 2012) :
Mais peut-être la vraie leçon de choses commence-t-elle maintenant seulement
car des forces énormes sont sur le point d’être déchaînées. Si, comme on pouvait le pressentir en fait dès 2010 au moment du lancement des plans d’austérité coordonnés, l’échec macroéconomique annoncé conduit à une vague de défauts souverains, l’effondrement bancaire qui s’ensuivra immédiatement (ou qui le précédera par un effet d’anticipation des investisseurs) sera, à l’inverse de celui de 2008, irrattrapable, en tout cas par les États puisque les voilà financièrement sur le flanc ;
il ne restera plus que l’alternative de l’émission monétaire massive, ou de l’éclatement de la zone euro si la Banque centrale européenne (et l’Allemagne) se refuse à cette première solution.
En un week-end, nous changerons littéralement de monde et des choses inouïes pourraient se produire : ré-instauration de contrôles des capitaux, nationalisations flash, voire réquisition des banques, réarmement des banques centrales nationales – cette dernière mesure signant d’elle-même la disparition de la monnaie unique, le départ de l’Allemagne (suivie de quelques satellites), la constitution d’un éventuel bloc euro-sud, ou bien le retour à des monnaies nationales. Quand cette conflagration surviendra-t-elle ? Nul ne peut le dire avec certitude. On ne peut exclure qu’un sommet européen parvienne enfin à taper suffisamment fort pour calmer un moment la spéculation.
Mais ce temps gagné n’empêchera pas la macroéconomie de faire son oeuvre : lorsque s’imposera, d’ici six à douze mois, le constat de la récession généralisée, elle-même résultat de l’austérité généralisée, et que les investisseurs verront monter irrésistiblement le flot des dettes publiques supposées devoir être arrêtées par les politiques restrictives, la conscience de l’impasse totale qui se fera à ce moment entraînera les opérateurs à nommer eux-mêmes une « capitulation », c’est-à-dire une ruée massive hors des compartiments obligataires et, par le jeu des mécanismes de propagation dont la finance libéralisée a le secret, une dislocation totale des marchés de capitaux tous segments confondus.
http://bats0.canalblog.com/archives/201 ... 25049.html
Lordon a donc bien identifié 2 cas :
- Alternative de l’émission monétaire massive : changement de statut de la BCE permettant les Etats d'emprunter directement à la BCE. Contrainte de taille : l'Allemagne bloque.
- Eclatement de la zone euro si la Banque centrale européenne (et l’Allemagne) se refuse à cette première solution.
Je ne vois pas d'alternative à ses 2 points : le reste est une situation qui se dégrade dangereusement, avant l'éclatement total des dettes des Etats (Grèce en détonateur). Ce qui revient à attendre le 2nd point.
Lordon a annoncé sur France Inter que 2 programmes seulement étaient à la hauteur pour contrer la crise : la motion Montebourg PS et le programme du Front de gauche.
En effet, La motion Hollande a selon lui été jugée trop "juste" (dite du "pédalo").
J'ai donc longuement analysé le programme du Front de Gauche. Et j'y ai trouvé des pistes d'une stratégie assez claire, dû moins de ce que j'en ai compris.
Le programme du Front de gauche a effectivement un dossier extrêmement offensif sur la finance, pour contrer l'éclatement (déterministe) de la zone Euro :
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Plan A : négocier avec l'Allemagne une possibilité aux Etats d'emprunter directement à la BCE, avec un taux à négocier (mais bas). L'avantage serait de stopper la spéculation sur les dettes des Etats. Le risque est que le rendement de ses intérêts perdu mettent les banques en danger à moyen terme.
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Plan B : si la négociation échoue, faire un emprunt forcé aux banques privés à un taux non négociable de 1% (peut être 0,5% pour les Etats qui sont déjà en défaut partiel - Grèce). Bien entendu, le plan B aura été annoncé préalablement aux Allemands pour peser sur la négociation du Plan A. Les banques privées, prises au piège, seraient obligées de se retourner vers la BCE (ce qu'elles viennent de faire ce mercredi). Mélenchon, qui porte le programme du Front de Gauche semble penser que cette brèche fera d'autres émules : Grèce principalement, Portugal, Espagne. Peut être d'autres. L'Allemagne devrait, soit se braquer (sortie de l'Euro ?), soit abdiquer (changement de statut de la BCE).
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Plan C : si la stratégie échoue, c'est la fin de la zone Euro tel que nous la considérerons. Je pense dans ce cas que Mélenchon prendrait acte du refus de l'Allemagne, et engagerait la sortie de l'Euro pour la nation, en se basant sur le scénario décrit par F. Lordon ci dessus (en rouge).
Je vais bien entendu vérifier de vive voix avec des responsables du FdG que je ne suis pas à coté de la plaque, concernant ce scénario déjà structuré.
Chez les autres partis, le sujet est tabou. Mais je suppose qu'ils ont aussi étudier la question.
Je note cependant que, grâce à Jean-Pierre Bel (président du Sénat - PS) , Bernard Maris, altermondialiste connu pour ses positions keynésiennes, est rentré le 21 décembre 2011au conseil général de la Banque de France.
Leur scénario est donc inconnu, mais de toute évidence, ils s'y sont préparés. Probablement autant que la GB qui spécule sur l'explosion de la zone Euro d'ici peu.
Mais ne soyons pas naïf : la question actuelle est "veut-on ou non faire défaut sur nos dettes ?
La méthode est ensuite presque anecdotique : hyperinflation, défaut "sec", sortie de l'euro, défaut partiel, ....
Il existe même une initiative pour
un audit citoyen de la dette française.
En général, ce type d'initiative cible de façon raisonné la dette honteuse, et valide les dettes à honorer. Ce qui revient à faire un défaut partiel.