Je réponds ici pendant que le thread initial est bloqué.
Bernard, je ne vois pas trop comment quantifier la sensibilité climatique au CO2 avec les données paléoclimatiques, vu qu'on ne connait pas exactement le role des forcages externes qui ont necessairement eu lieu? mais j'ai peut etre loupé quelque chose
Si on regarde les forcages externes connus dans le passé:
- on a un forcage externe astronomique global sur l'ecentricité de l'ordre de 1W/m^2
- des forcages externes astronomique nettement plus importants mais locaux (répartition pole/equateur et hiver doux/ete frais ou hiver froid/ete chaud) qui agissent par l'albédo des glaces
Cela se voit dans l'étude des périodicités des enregistrements climatiques.
Les principales rétroactions sont les gaz à effet de serre (CO2, CH4, H2O), l'albédo des glaces. Quantitativement, pour le CO2 on a un forcage de 6*ln(290/180)=2.9W/m^2. Je ne connais pas le forcage du CH4 mais il est probablement de l'ordre de 1W/m^2. La variation de l'albédo des glaces est plus importante, dans mon calcul précédent on avait environ 2W/m^2 pour 2% de la surface du globle pendant 1/4 du temps, ici ce sont en gros les latitudes Nord >= 50 qui sont touchées, soit plus de 10% de la surface du globe sur un temps un peu plus long (on peut aussi comparer l'épaisseur des calottes glaciaires continentales à la variation du niveau de la mer, de l'ordre d'un facteur 20 pour estimer la surface continentale englacée et en multipliant par 3, le ratio terre/mer, on arrive aussi à plus de 10% de la surface du globe), ce qui donne plus de 10W/m^2. En sommant, on arrive à environ 15W/m^2 en bon accord avec les 4 à 5 degrés de variation de température entre une ère glaciaire et un interglaciaire.
Maintenant tout ces calculs n'excluent pas la possibilité qu'un autre forçage puisse exister ou que les nuages modifient l'albédo de manière significative, il n'empèche que jusqu'à ce qu'une théorie alternative explique aussi cet écart, ce sont à mes yeux des indices très sérieux en faveur de la fourchette de la sensibilité climatique du GIEC (2.5-4 degré avec une valeur médiane de 3 pour un doublement du CO2, dont environ 1 degré attribuable au CO2 et de 0.5 à 1.5 à la glace selon ce qui fondra).
A xavdr:
J'ai parcouru rapidement l'article de Lindzen que vous citez. On y lit sans surprises que sans rétroactions, 2*CO2 donne +1 degré. Ensuite, je n'ai pas vu de raison particulière pourquoi les rétroactions devraient diminuer au lieu d'amplifier ce 1 degré, en fait je n'ai rien vu de quantitatif sur l'albédo de la glace, ni d'explication convaincante sur les variations de température entre une ère glaciaire et une interglaciaire. Si j'ai lu trop vite, pouvez-vous me donner les no de pages.
A Tiennel:
Je pense en effet que les scénarios d'émissions de CO2 du GIEC sont le plus sujets à discussion car ils ne prennent en compte que la demande d'énergie fossile sans y mettre de contraintes. Par contre, je n'ai pas d'avis sur la question, les développements récents iraient plutot dans le sens que nous ne pourrons pas émettre même ce que les scénarios les moins consommateurs du GIEC prévoient, mais il est je pense trop tôt pour se faire une opinion sur l'usage que nous ferons des non conventionnels (que ce soit l'exploitation des tarsands ou des oil shales avec par exemple des centrales nucléaires, du charbon avec ou sans séquestration, ou la possibilité d'exploiter les hydrates de méthane).