Le Costa Concordia a quitté l'île du Giglio, inquiétude en Corse
PVar Matin le mercredi 23 juillet 2014 à 12h03
Le paquebot Concordia, dont le naufrage tout près de l'île italienne de Giglio avait fait 32 morts en janvier 2012, a entamé mercredi peu après 11 heures son dernier voyage vers Gênes, 280 kilomètres plus au nord.
"Le navire progresse actuellement à près de
deux noeuds (3,7 km/h)", a précisé Sergio Girotto, un des ingénieurs chargés de l'opération de sauvetage du navire, interrogé par la chaîne italienne SkyTG24.
Tôt mercredi matin, les premières vérifications avaient été faites, avant les manoeuvres de déplacement et de positionnement du navire, devant permettre son départ de l'île en fin de matinée. Le bateau, grand comme deux fois le Titanic, entamera alors son ultime voyage vers les chantiers navals de Gênes (Nord-Ouest), où il sera démantelé. Ce départ, attendu depuis 30 mois par les quelque 1 500 habitants de l'île, paradis touristique au coeur de la réserve naturelle de l'archipel toscan, a été salué par des sirènes de navires et les cloches de l'île.
Mardi, le paquebot de croisières, dont proue et ponts émergent désormais totalement, arborait le pavillon bleu "P" qui, en langage maritime, indique qu'un navire est prêt à partir. "Nous espérons qu'avec le départ de ce bateau, toutes les choses que nous avons en nous partiront également", a confié à l'AFP Anne Decré, du collectif français des survivants du Concordia. Avant d'ajouter : "Que ce bateau poursuive sa route, afin que nous puissions continuer la nôtre", en serrant les mains de son amie Nicole Servel, qui a perdu son mari la nuit du naufrage. Aux avant-postes la nuit du naufrage, le maire de l'île Sergio Ortelli n'avait pas caché son "irritation" à l'annonce, lundi, des retards pris par le renflouement : "Jusqu'au bout, le Concordia nous fera souffrir."
Royal va surveiller le passage près de la Corse
Remorqué par deux bateaux, escorté par douze autres embarcations, le Concordia, long de près de 300 mètres et pesant quelque 114 500 tonnes, va effectuer un trajet en mer de près de 280 kilomètres. Il passera à 25 kilomètres de la Corse, près de l'île d'Elbe, et à 10 kilomètres de l'île italienne de Capraia, avant son arrivée prévue à Gênes samedi soir ou dimanche matin. La ministre française de l'Écologie Ségolène Royal a promis de surveiller le passage du navire à bord d'un navire au large de la Corse, provoquant l'agacement des autorités italiennes, qui jugent avoir fait tout ce qu'il fallait pour éviter un nouveau drame.
Après avoir été redressé en septembre dernier lors d'une opération sans précédent de rotation de sa coque, le Concordia a été ensuite renfloué de quelques centimètres ou mètres chaque jour pendant plus d'une semaine. Menée par l'armateur italien Costa et effectuée par le consortium américano-italien Titan-Micoperi, l'opération de sauvetage du paquebot a un coût total de quelque 1,5 milliard d'euros. "Mon plus grand défi" en vingt ans de carrière, a résumé Nick Sloane, spécialiste mondial du renflouement d'épaves.
Au cours du trajet, les différentes embarcations faisant partie du convoi seront chargées de collecter d'éventuels débris flottants - valises, meubles, vêtements -, de contrôler la qualité des eaux et de prévenir les cétacés, nombreux en cette période de l'année, de l'approche du Concordia. Barrages anti-pétrole et appareils à infrarouge détectant toute trace d'hydrocarbure à la surface de l'eau la nuit seront également embarqués à bord.