GillesH38 a écrit :
je suis d'accord, 20 ans permettront d'avoir deja une idée plus claire à la fois de la tendance des températures (si elle continue (où recommence) à monter dans la ligne de la décennie 90-2000, ce sera une bonne validation des modèles actuels. Si elle se remet à plafonner comme entre 1940 et 1970, là il y aura un probleme il me semble. On aura aussi une bonne idée du caractére réaliste des différents scénarios d'émission, en particulier du PO et de l'importance ou non du développement du charbon.
Oui, si la décennie 2010-20 est à 0.6 ou moins, alors on pourra sérieusement s'interroger sur la non-concordance de la théorie du RC et des observations.
moi, ça me gene pas du tout d'imaginer qu'on n'a pas tout compris du comportement d'un sytème aussi complexe que la Terre ! l'oscillation australe El Nino-La Nina, c'est assez récent non? et que je sache aucun modèle ne la prédit vraiment !
(et je ne parle pas d'invalider le RC en général, juste de savoir avec quelle vraisemblance on peut exclure une sensibilité et une rétroaction faible, en admettant l'existence de cycles naturels plus importants que ce qu'on met dans les modèles).
on peut poser la question a l'envers : SI il y avait une oscillation à 50 ans, sur 0,5 °C mettons, est-ce qu'on aurait été capable de la détecter étant donné qu'en 100 ans on a eu juste deux périodes ?
Je ne sais pas quelle est la précision des reconstructions avant 1900, mais il me semble quand même qu'on devrait pouvoir détecter un cycle périodique d'une cinquantaine d'année si son amplitude est de l'ordre du degré. De ce que j'ai compris des reconstructions depuis l'an 1000, il ne semble pas y avoir de tel cycle, par contre il y aurait des cycles solaires plus longs qui pourraient (avec les rétroactions) expliquer le PAG et l'optimum médiéval (dont l'importance semble plus grande en Europe, de même que l'Europe s'est plus réchauffée que le globe au cours du 20ème siècle).
Sur le système Terre, il est presque certain qu'elle nous réserve encore des surprises, mais il est plus probable que cela soit sur des effets détaillés que sur l'image d'ensemble. Par exemple, on peut espérer un jour comprendre El Nino-La Nina (qui n'a pas de conséquence à long terme sur le climat). Par contre, il me semble qu'il y a peu de chances que la fourchette de sensibilité climatique passe de 2.5-4 à par exemple 1.2-2.
d'autre part, ce que je vois des modèles, c'est que la variabilité prédite dans le passé (avant l'époque industrielle ) est faible, et bien inférieure aux incertitudes. Ca ne veut pas dire que c'est faux, ça veut dire que c'est sous contraint. (c'est d'ailleurs normal puisqu'à part le CO2 anthropique, il n'y a pas grand chose dans les modèles qui puisse expliquer la variabilité à 100 ans) Or on a quand meme l'impression que c'est insuffisant pour expliquer les changements climatiques entre l'optimum du Moyen Age et le Petit Age glaciaire, qui ne sont CERTAINEMENT pas d'origine anthropique, non ?
Si je ne dis pas de bêtises, la constante solaire aurait diminué de 0.3% lors du minimum de Maunder, ce qui ajouté aux rétroactions pourrait expliquer (au moins en partie compte tenu des incertitudes sur l'amplitude globale) le PAG.
je ne crois pas trop non plus au complot ! mais dans mon domaine, il y a des tas de problèmes pour lesquels on a pas de bon modèle pour la bonne et simple raison qu'on n'a pas tout compris, c'est tout. On ne sait toujours pas vraiment comment une supernova explose, comment la couronne solaire est chauffée, comment se forment les sursauts gammas, etc... et il y a plein de fois où des modèles différents donnent les mêmes résultats parce qu'on ajuste les paramètres pour que "ça marche" ... jusqu'à ce qu'une nouvelle observation les contredise ! je veux dire, ce n'est pas un reproche, la réalité EST complexe, et les simulations sur ordinateur sont très loin de savoir la capter, pour des tas de raisons (multitudes de phénomènes possibles, multitudes d'échelles spatiales et temporelles mise en jeu - très difficile à inclure une grande dynamique dans des simus numériques), plein d'artefacts possibles dans les calculs - même si la météo et le climat, ce n'est pas pareil, on est bien forcé de constater que la météo n'a pas fait d'énormes progrès depuis 20 ans malgré le développement exponentiel de la puissance de calcul !
Il me semble quand même qu'on a fait des progrès importants pour la qualité des prévisions météo, je dirais qu'on a gagné 48h environ à qualité égale (à titre anedoctique, souvenez-vous des bulletins météo du dimance soir dans les années 80, l'horizon était à 5 jours). Ces progrès s'appliquent donc aux simulations des planètes virtuelles. D'autre part, les connaissances en paléoclimatologie ont fait beaucoup de progrès et elles sont en accord avec les fourchettes de sensibilité climatique utilisées par le GIEC (et on ne peut pas dire qu'il y a plein de paramètres dans les modèles paléoclimatologiques qu'on pourrait ajuster).
je ne conteste pas l'énorme boulot fait par les climatologues, je dis juste que ce n'est pas leur faire injure que d'admettre que nous sommes loins d'avoir la maitrise théorique suffisante pour tout comprendre (d'ailleurs les barres d'erreurs rapportées par le GIEC sont en elle même évocatrices ! )
donc je ne prends pas l'accord des modèles avec les données passées comme quelque chose de définitif, j'attends de voir encore au moins 10 ans pour me faire un avis

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Pour moi, il y a déjà de forts arguments scientifiques derrière la fourchette du GIEC. Comme tu dis on en saura certainement plus dans 10 ans! Mais chaque semaine qui passe voit ouvrir une centrale au charbon sans séquestration en Chine, alors malgré le PO, si les réserves de charbon sont importantes, ou si on arrive à exploiter plus rapidement des ressources non conventionnelles, si on attend encore 10 ans avant de se faire un avis, le RC risque bien d'être problématique dans la 2ème moitié du siècle.