Re: Après le Pic : une synthèse des hypothèses de déclin
Publié : 13 oct. 2009, 08:09
ah j'oubliais aussi un autre truc important :
le pétrole n'est que la première ressource importante à entrer en dépletion. Outre les autres hydrocarbures, l'essentiel des ressources minérales ont des réserves se chiffrant en quelques décennies, pas plus. Ce ne sont pas seulement les hydrocarbures qui s'épuiseront, mais aussi le cuivre, le zinc, le plomb, le fer, etc...
épuiser les réserves ne veut pas dire que la matière disparait bien sur, mais juste que son coût marginal d'extraction augmente de plus en plus. Comme pour le pétrole, le temps de réserves n'est pas le temps au bout duquel pouf y en a plus du tout, mais le temps caractéristique d'épuisement (un temps caractéristique d'exponentielle, au bout duquel la production sera divisée par 2, typiquement).
Avec des raisonnements du genre "economisons, optimisons, recyclons", on peut effectivement jouer sur la date du pic, la reculer, essayer de sauver ce qui est sauvable pendant quelques décennies; ça marche toujours sur le papier, et meme en réalité. Le probleme de fond de notre civilisation, c'est que ça ne peut pas marcher INDEFINIMENT. Ca ne marche que sur des temps caractéristiques de l'ordre du temps de décroissance, quelques décennies au plus. Apres, c'est Inch'Allah , il faut s'en remettre à un "progrès technologique" hypothétique comme dit Orloff.
Et c'est là qu'on bascule dans le raisonnement magique : puisqu'on a vécu depuis 200 ans avec un progrès continuel, c'est inimaginable qu'on en trouve pas de nouveaux , et qu'on ne puisse pas continuer à croitre indéfiniment.
Or EN REALITE, c'est exactement le contraire. Tous les phénomènes naturels ont une durée de vie naturelle de l'ordre de quelques fois leur temps de croissance, pour une raison très simple, très générique , et très indépendante de la nature du phénomène : c'est que le temps de croissance conduit à une montée exponentielle, que l'exponentielle explose en quelques temps de croissance, et qu'ensuite la courbe n'a aucune raison d'etre tres fortement dissymétrique, elle décroitra à peu près au rythme où elle a cru.
Le paradoxe de notre civilisation est que nous sommes proprement sidérés par la vitesse à laquelle elle a crû, et que nous y voyons une preuve de notre intelligence, de notre puissance, et de notre invincibilité. Malheureusement, c'est exactement l'inverse : la vitesse à laquelle elle a crû, effectivement inouïe dans l'histoire de l'humanité (+ quelques % par an, donc un doublement en quelques décennies, moins qu'une vie humaine), signe très exactement sa faible durabilité , quelques siècles au plus. Il n'y a aucun espoir de la stabiliser comme ça plus que quelques décennies, ni d'éviter sa décroissance. Ce n'est pas du pessimisme, c'est l'application de règles très générales de la physique - qui s'appliquent à tous les systèmes dissipatifs. Apres on peut ergoter pour décaler le pic de 10 ou 20 ans, mais pas plus.
le pétrole n'est que la première ressource importante à entrer en dépletion. Outre les autres hydrocarbures, l'essentiel des ressources minérales ont des réserves se chiffrant en quelques décennies, pas plus. Ce ne sont pas seulement les hydrocarbures qui s'épuiseront, mais aussi le cuivre, le zinc, le plomb, le fer, etc...
épuiser les réserves ne veut pas dire que la matière disparait bien sur, mais juste que son coût marginal d'extraction augmente de plus en plus. Comme pour le pétrole, le temps de réserves n'est pas le temps au bout duquel pouf y en a plus du tout, mais le temps caractéristique d'épuisement (un temps caractéristique d'exponentielle, au bout duquel la production sera divisée par 2, typiquement).
Avec des raisonnements du genre "economisons, optimisons, recyclons", on peut effectivement jouer sur la date du pic, la reculer, essayer de sauver ce qui est sauvable pendant quelques décennies; ça marche toujours sur le papier, et meme en réalité. Le probleme de fond de notre civilisation, c'est que ça ne peut pas marcher INDEFINIMENT. Ca ne marche que sur des temps caractéristiques de l'ordre du temps de décroissance, quelques décennies au plus. Apres, c'est Inch'Allah , il faut s'en remettre à un "progrès technologique" hypothétique comme dit Orloff.
Et c'est là qu'on bascule dans le raisonnement magique : puisqu'on a vécu depuis 200 ans avec un progrès continuel, c'est inimaginable qu'on en trouve pas de nouveaux , et qu'on ne puisse pas continuer à croitre indéfiniment.
Or EN REALITE, c'est exactement le contraire. Tous les phénomènes naturels ont une durée de vie naturelle de l'ordre de quelques fois leur temps de croissance, pour une raison très simple, très générique , et très indépendante de la nature du phénomène : c'est que le temps de croissance conduit à une montée exponentielle, que l'exponentielle explose en quelques temps de croissance, et qu'ensuite la courbe n'a aucune raison d'etre tres fortement dissymétrique, elle décroitra à peu près au rythme où elle a cru.
Le paradoxe de notre civilisation est que nous sommes proprement sidérés par la vitesse à laquelle elle a crû, et que nous y voyons une preuve de notre intelligence, de notre puissance, et de notre invincibilité. Malheureusement, c'est exactement l'inverse : la vitesse à laquelle elle a crû, effectivement inouïe dans l'histoire de l'humanité (+ quelques % par an, donc un doublement en quelques décennies, moins qu'une vie humaine), signe très exactement sa faible durabilité , quelques siècles au plus. Il n'y a aucun espoir de la stabiliser comme ça plus que quelques décennies, ni d'éviter sa décroissance. Ce n'est pas du pessimisme, c'est l'application de règles très générales de la physique - qui s'appliquent à tous les systèmes dissipatifs. Apres on peut ergoter pour décaler le pic de 10 ou 20 ans, mais pas plus.