Ukraine : en détruisant le tout nouveau navire Askold, Kiev humilie à nouveau la Russie en mer Noire
Article de Thomas Burgel 8 nov 2023 geo
La flottaison de l'Askold, dont on voit ici les dommages, ne semble plus tout à fait assurée.
En frappant, dans son chantier naval à Kerch, un navire russe flambant neuf et capable de lancer des missiles Kalibr depuis la mer Noire, les forces armées ukrainiennes infligent un nouveau et vexant camouflet à la force de frappe de Vladimir Poutine.
Commandant en chef des armées ukrainiennes, le général Valeri Zaloujny l'a récemment admis dans un texte d'une grande lucidité, rapporté ici-même il y a quelques jours, mais critiqué ensuite par le président Zelensky, comme l'a rapporté le Figaro. La contre-offensive ukrainienne n'ira dans l'immédiat pas beaucoup plus loin, et les troupes sous drapeau jaune et bleu sont désormais coincées dans une guerre de position, plutôt que de mouvement.
Cela n'empêche pourtant pas Kiev de continuer à infliger d'importants revers à son ennemi russe, et de faire souffrir ses troupes d'une attrition particulièrement douloureuse. À Avdiïvka par exemple, l'une des pires débâcles des armées de Moscou depuis le début de son "opération spéciale", la Russie a perdu un nombre invraisemblable de blindés.
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Le navire lance-missiles Askold, tout neuf et déjà coulé
C'est pourtant peut-être (beaucoup) plus au sud que Kiev marque davantage les esprits. Comme nous le rapportions il y a quelques semaines, ce pays sans grande marine a réussi à infliger de très lourdes pertes à la Russie en mer Noire, pourtant le pré-carré tant désiré, qui a en partie déterminé son annexion de la Crimée en 2014.
Le dernier coup en date n'est pas le moindre : comme l'a lui-même rapporté Volodymyr Zelensky le 6 novembre, et ainsi que le rapportait La Dépêche, l'Ukraine a de nouveau réussi à frapper un navire russe, l'Askold, qui était alors encore positionné dans son chantier naval de Zaliv, situé près de la ville de Kerch.
C'est une nouvelle fois une salve de missiles Storm Shadow (ou SCALP-EG s'ils ont été fournis par la France) qui aurait réussi à frapper le bateau. La Russie a admis quelques dégâts, mais sa communication semble être loin du compte : des images de l'Askold publiées depuis la frappe montrent un bâtiment ravagé, et qui pourrait ne plus jamais prendre la mer.
Commandant de l'armée de l'air ukrainienne, en partie donc responsable de l'opération, Mikola Olechtchouk a ainsi expliqué que le navire avait "subi d'importants dégâts et pourrait ne pas pouvoir être réparé". Comme le relaie Newsweek, il a surtout expliqué que le navire "était l'un des plus modernes de la flotte russe".
Il semble effectivement que l'Askold n'ait pas eu le temps de beaucoup naviguer avant d'être transformé en tôle froissée par les missiles ukrainiens, ce qui fait écrire à Business Insider que Kiev "a frappé un bateau russe tout neuf avant même qu'il n'ait le temps de se battre".
Et c'est une bonne chose pour l'Ukraine : l'Askold, qui était encore en phase de test avant de rejoindre officiellement la flotte russe en mer Noire plus tard dans l'année selon Newsweek, est (ou était) un bateau armé de huit missiles de croisière Kalibr, ceux-là même qui, avec d'autres, sont lancés par salves ininterrompues par la Russie sur l'Ukraine, ses populations, ses infrastructures ou ses troupes.
Et si ces frappes et leurs conséquences sont moins présentes dans les médias occidentaux, elles n'en continuent pas moins d'être menées. Et devraient s'accélérer dans les prochains mois, alors que l'hiver pointe le début de ses frimas et que les températures tombent.
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