A ce propos, ça me fait penser que le discours de l'industrie agrochimique épouse le développement durable en nous disant que les doses utilisées baissent toujours plus. Mais quand on voit la dose eficace des nouvelles molécules, ce n'est pas étonnant. Par exemple, pour les néo nicotinoïdes comme l'imidaclopride (encore utilisé sur céréales à pailles), la DL 50 sur abeille est de l'ordre de quelques ng/ Kg soit quelques pg par abeille. On arrive là à des concentretions qui sont entre la limite de détection et la limite de mesure.
Je résume : avec la clothianidine qui est le dernier né des néo nicotinoïdes, on utilise quelques gramme de matière active par hectare (ce qui représente un sacré volume de terre et d'eau circulant dedans) d'une molécule dont la toxicité
aigüe est de l'ordre du ng/ Kg et dont la rémanance peut atteindre plus de 4 ans. Vu le niveau d'activité biologique des sols en grandes cultures, cette rémanance peut être atteinte.
On est donc en train de mettre en circulation dans la nature des molécules dont le seuil de toxicité est proche du seuil de détection... Inquiétant non ?
Et que penser de la toxicité chronique de ces produits ou des interactions entre les différentes matières actives dans le milieu ?
à partir du moment où un sol commence à se minéraliser (c'est à dire à perdre sa fraction organique et les êtres vivants qui vont avec), suite à des pratiques agricoles néfastes (labour profond, pas d'amendement organique, pas de couverture végétale, usage excessif d'engrais de synthèse et des pesticides...), les rendements chutent malgré les apports croissants d'engrais de synthèse.
Ca c'est un discours très répandu chez les écolos pas très initiés à l'agriculture...
Dans le bassin parisien, on fait des labours profonds depuis des décennies, on exporte parfois les pailles de céréales (pas de MO), entre une récolte estivale et un semis de maïs il y a rarement une interculture. Quant aux engrais et autres produits phytosanitaires, ils sont devenus la règle. Et pourtant, les rendements n'ont jamais été aussi élevé : 91 qx/ ha de moyenne en blé d'hiver en 2005 en île de France (sauf peut-être l'année dernière...).
Ca c'est les faits, la réalité !
Cependant, comme l'écrit Fish 2, on a presque atteint les limites de rendement.
Cela ne veut pas dire que je ne suis pas d'accord avec n.g.
Contrairement à ce qu'il a écrit, la minéralisation est indispensable à la croissance des végétaux. C'est la minéralisation qui fournit des minéraux aux plantes et à certains organismes de la vie du sol. Elle est donc favorisée dans une agriculture sans engrais. Par contre, les apports en matière organique doivent compenser cette minéralisation pour entretenir le stock de MO. La destruction du sol liée aux pratiques agricoles productivistes a plutôt des effets à long terme sur la pérennité de la fertilité du sol. Mais ça se joue sur des échelles assez longues qui échappent complètement aux Hommes, comme l'effet de serre ou la déplétion pétrolière.
Bref, en quelques décennies, on aura ruiné ce que la nature et nos ancêtres ont mis des siècles à construire : un sol fertile.
Merci papa, merci maman ! J'espère que vous avez bien profité de la vie !