http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013 ... leaire.php
INTERVIEW - Chargé par le gouvernement de préparer la fermeture de la centrale nucléaire, Francis Rol-Tanguy déplore que les syndicats et le maire de Fessenheim refusent de lui parler. Quant à EDF, elle espère encore sauver la centrale.
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La question d'un remplacement local n'est pas posée. À l'échelle nationale, la fermeture de Fessenheim devrait être concomitante, si j'en crois EDF, avec la mise en service de l'EPR de Flamanville, qui aura presque la même capacité. Par ailleurs, la France n'est pas en sous-capacité et le parc nucléaire est loin de tourner à pleine capacité. Avec ses engagements européens - la France doit améliorer son efficacité énergétique de 20 % d'ici à 2020 -, je vois mal un rebond de la demande d'électricité. En 2012, la production d'électricité nucléaire a même baissé, de 3,8 % sur un an selon RTE. L'exportation de courant est la seule raison d'être d'un parc nucléaire d'une telle taille. Finalement, en fermant Fessenheim, je rends service à EDF! ...
Quelques "détails" donc :
- Flamanville n'est pas à coté de Fessenheim. Il "suffit" donc de faire une ligne THT ad-hoc. ET avant d'arrêter Fessenheim pour éviter de déséquilibrer tout le réseau européen.
- Pour diminuer notre empreinte carbone il vaut mieux augmenter la part électrique nucléaire.
- Quelques recettes d'exportation seraient les bienvenues en cette période de déficit monstrueux.
... Il faudra bien arriver un jour à la fermeture des centrales. Or, 80 % du parc a été construit sur dix ans. Si l'on n'étale pas la fermeture sur vingt ou trente ans, au lieu de fermer sur dix ans, le coût du remplacement de la capacité sera phénoménal, on ne pourra pas le faire. Pour étaler les fermetures, il faut commencer sans tarder, et sans prolonger toutes les centrales jusqu'à 60 ans, comme le souhaite EDF. ...
Il suffit donc de prolonger les vieilles centrales à 50-60 ans et les plus récentes à 70-80 ans pour étaler tout cela

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... Si le décret de mise à l'arrêt est bien pris avant l'élection présidentielle, même si la centrale était en état technique de redémarrer, une nouvelle majorité favorable au redémarrage devrait refaire le chemin inverse. C'est-à-dire lancer une procédure de création d'une installation nucléaire, soit quatre ou cinq ans. Mais on ne peut pas se permettre des à-coups permanents pour une centrale...
J'ai l'impression toute personnelle que ce médiateur commence à préparer un rétro-pédalage en douceur ! En tout cas la volonté s'étiole ...
Mieux, en lisant entre les lignes : Il "suffit" donc de faire trainer un chouia pour atteindre 2017. Sachant que la majorité actuelle va se faire écrabouiller

et que la nouvelle s'empressera de stopper le processus. Même pas besoin de se désavouer donc. Et on peut faire confiance à nos institutions pour trouver les moyens de ralentir un processus pendant 4 ans (qq petits recours de la CGT ?). Surtout si le gouvernement ne le soutient plus vraiment. Et d'ici 2017 il va avoir d'autres chats à fouetter.
Je prédis donc une course de lenteur dans le processus de fermeture dans le but non avoué de ne rien faire d'irréparable d'ici 2017
Fessenheim sauvé par le gong ?