https://www.boursorama.com/actualite-ec ... 7765ac0235"Un coût démeusuré" : le "tarif agent" de l'énergie ne peut pas "perdurer en l'état", épingle la Cour des comptes
Boursorama avec Media Services •17/07/2026
Les quatre fédérations syndicales (CGT, CFE-CGC, CFDT, FO) de l'électricité et du gaz menacent de se "mobiliser" contre une remise en cause par l'exécutif du "tarif agent", le gouvernement réfléchissant en effet à rogner cet élément de rémunération.
Un rapport qui ne va pas apaiser les inquiétudes des syndicats de l'énergie. D'après la Cour des comptes ce vendredi 17 juillet, le "tarif agent" ne peut pas "perdurer en l'état" : cette réduction sur les prix d'électricité et de gaz accordée aux employés d'EDF "représente un coût démesuré" pour EDF SA, maison mère du groupe.
"L'avantage en nature énergie représente un coût démesuré, soit plus de 700 millions d'euros en 2024 à l'échelle du groupe, obligeant également à la constitution de passifs sociaux au titre de son maintien après l'emploi (3,9 milliards d'euros à fin 2024). Il ne peut perdurer en l'état", jugent les Sages de la rue Cambon dans ce rapport consacré à la gestion des ressources humaines de l'entreprise publique. Cette composante historique du statut des électriciens et gaziers concerne les salariés mais aussi les retraités des entreprises issues des opérateurs historiques EDF et GDF (dont Engie, Enedis, GRDF, etc.) et d'autres entreprises, dont des distributeurs locaux d'énergie.
La publication de ce rapport intervient le jour où se réunissent les quatre fédérations syndicales (CGT, CFE-CGC, CFDT, FO) de l'électricité et du gaz, pour fixer les modalités d'une "mobilisation" contre une remise en cause par l'exécutif de cet élément de rémunération. Le gouvernement réfléchit en effet à rogner ce "tarif agent", indiquant avoir reçu "une mise en demeure de la Cour des comptes" de se "mettre en conformité sur la valorisation de cet écart (...) entre ce tarif et la valeur réelle de l'énergie", selon le ministère de l'Energie.
Un courrier adressé au Premier ministre
Une "remise en cause", à laquelle les fédérations de l'énergie ont demandé au Premier ministre "de renoncer", dans un courrier adressé cette semaine à Sébastien Lecornu. "À défaut, nous saurons nous mobiliser, avec l'ensemble des électriciens et gaziers, pour mettre fin à cette attaque de leur contrat social", ont prévenu les quatre fédérations. La question devrait être tranchée dans un arrêté ministériel.
La Cour recommande de "réduire par étapes l'avantage énergie, en priorité en plafonnant les consommations prises en compte" et de "revaloriser le barème fiscal et social" de cet avantage "sur la base des moyennes annuelles des tarifs réglementés de vente de l’électricité et des tarifs repères du gaz, toutes taxes comprises". Dans ce rapport sévère, l'institution recommande également à EDF de "limiter les revalorisations salariales annuelles" et de tenir compte "de la situation et des perspectives économiques et financières de l'entreprise", lourdement endettée et face à un mur d'investissements, sur fond de relance du nucléaire.
Le "tarif agent" consiste en une large remise sur la facture, modulée en fonction de la composition du foyer et du mode de chauffage, et soumise aux prélèvements sociaux (CSG et CRDS).
EDF
Modérateurs : Rod, Modérateurs
- energy_isere
- Modérateur

- Messages : 106213
- Inscription : 24 avr. 2005, 21:26
- Localisation : Les JO de 68, c'était la
- Contact :
Re: EDF
- energy_isere
- Modérateur

- Messages : 106213
- Inscription : 24 avr. 2005, 21:26
- Localisation : Les JO de 68, c'était la
- Contact :
Re: EDF
https://www.latribune.fr/article/entrep ... oins-d-eauLe nouveau défi d’EDF : produire plus d’électricité avec moins d’eau
LT (avec AFP) le 15 juillet 2026
Alors que la France mise sur l’électricité pour décarboner son économie, EDF doit accélérer l’adaptation de son parc nucléaire et hydraulique face à une ressource en eau de plus en plus sous tension.
L’eau devient un enjeu industriel majeur pour EDF. Dans une France engagée dans une vaste trajectoire d’électrification, l’électricien public doit composer avec une nouvelle contrainte : le dérèglement climatique fragilise la ressource indispensable au fonctionnement de son parc nucléaire et hydraulique. « Si nous ne sommes pas résilients, le reste de l’économie ne l’est pas. Et, plus on va s’électrifier, plus la pression sera forte sur nous », a souligné Carine de Boissezon, directrice Impact chez EDF, lors d’une présentation à la presse en juin sur le site de recherche et développement de Chatou (Yvelines), consacré à la gestion de l’eau.
Le sujet est stratégique pour l’entreprise, pilier de la souveraineté énergétique française. Le nucléaire représente 68 % de sa production électrique et l’hydroélectricité près de 8 %. Deux filières qui ont un point commun : leur dépendance à l’eau. Les barrages en ont besoin pour faire tourner leurs turbines, tandis que les centrales nucléaires l’utilisent pour refroidir leurs réacteurs. Dans un rapport publié en 2024, la Cour des comptes alertait déjà sur la nécessité pour les exploitants d’« intensifier leurs actions d’adaptation », face à une pression croissante sur la ressource.
Les centrales nucléaires sous tension
Le nouvel épisode de chaleur qui frappe la France illustre cette vulnérabilité. Dimanche, EDF a dû arrêter trois réacteurs à Golfech (Tarn-et-Garonne), au Bugey (Ain) et à Chooz (Ardennes). En cause : des conditions hydrologiques et thermiques qui limitent les capacités de refroidissement des installations.
Les 57 réacteurs nucléaires français sont implantés à proximité d’une « source froide », qu’il s’agisse de la mer ou d’un cours d’eau. Mais lorsque les débits diminuent et que la température des fleuves augmente, EDF doit réduire sa production, voire arrêter certains réacteurs, afin de respecter les contraintes environnementales. L’objectif est double : éviter de réchauffer davantage les rivières et empêcher le rejet d’effluents chimiques ou radioactifs dans des conditions défavorables.
Pour l’instant, l’impact reste limité. Les épisodes de chaleur entraînent une baisse moyenne de production nucléaire estimée à 0,3 % par an. Mais EDF anticipe une aggravation progressive : cette perte pourrait atteindre 1,4 % en moyenne à l’horizon 2035, puis 1,5 % en 2050. Le refroidissement des centrales électriques constitue déjà le troisième usage consommateur d’eau douce en France, avec 12 % des prélèvements, derrière l’agriculture et l’eau potable.
Réduire l’impact sur les fleuves
EDF cherche donc à adapter ses installations. Aujourd’hui, certaines centrales fonctionnent avec des circuits ouverts : l’eau prélevée est intégralement restituée au milieu naturel, mais elle peut provoquer un réchauffement localisé des cours d’eau. En période d’étiage, l’écart de température peut atteindre 4 à 6 degrés en aval des installations.
D’autres réacteurs disposent de tours de refroidissement, reconnaissables à leurs grands panaches de vapeur. Dans ces systèmes, 77 % de l’eau prélevée est restituée au milieu naturel, mais son échauffement est limité à quelques dixièmes de degrés. L’électricien prévoit d’aller plus loin avec l’installation d’aéroréfrigérants de « purge », capables de réduire quasiment à zéro le réchauffement des fleuves. Déjà utilisés à Civaux (Vienne), ces équipements pourraient être déployés sur d’autres sites, notamment au Bugey.
EDF développe également des capacités de stockage temporaire des eaux industrielles, composées d’effluents liquides faiblement radioactifs et chimiques. Ces bassins permettent de retenir ces rejets lorsque les conditions hydrologiques sont trop sensibles, avant de les restituer lorsque le débit des fleuves revient à un niveau plus favorable. Les équipements existants sont aujourd’hui jugés suffisants par EDF, mais l’entreprise prévoit d’en construire davantage dans les dix à vingt prochaines années, anticipant des périodes d’étiage plus longues et plus sévères.
Le défi des barrages
L’hydroélectricité est elle aussi confrontée à un climat plus imprévisible. Les effets du changement climatique provoquent déjà une baisse estimée à 0,2 % de la production annuelle. Mais le principal défi réside dans l’augmentation des épisodes extrêmes, entre sécheresses prolongées et pluies intenses. « Entre une année très sèche et une année très humide, on peut avoir plus ou moins 20 TWh d’écart », explique Laurent Bellet, responsable climat et adaptation à EDF Hydro. Un écart considérable rapporté aux quelque 40 TWh produits en moyenne chaque année par le parc hydraulique français.
Pour renforcer la résilience de ses barrages, EDF prévoit 4,5 milliards d’euros d’investissements d’ici 2035. L’objectif : moderniser les ouvrages existants, augmenter leur puissance et mieux gérer les variations hydrologiques. Les infrastructures doivent aussi être adaptées aux risques de crues plus violentes. Une dizaine de barrages sont déjà équipés d’évacuateurs en forme de « touches de piano », une technologie permettant d’évacuer trois à quatre fois plus d’eau qu’un dispositif classique.
Au total, EDF prévoit de consacrer 600 millions d’euros par an à l’adaptation climatique dans quinze ans, contre 150 millions aujourd’hui. Un effort encore limité au regard des 25 milliards d’euros d’investissements annuels prévus par le groupe, mais devenu incontournable pour préserver un modèle électrique appelé à jouer un rôle croissant dans la décarbonation de l’économie.