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Publié : 08 juin 2006, 08:59
par GillesH38
ah bon les chiffres d'avril ont été revus à la baisse alors, parce qu'en mai Staniford pensait qu'il pourrait dépasser le record.

L'EIA a aussi sorti ses previsions mensuelles de juin, je mets a jour le graphique des que j'ai deux minutes. Au premier coup d'oeil, nouveau correctif à la baisse :twisted: .

Hé hé , parfait , parfait, tout se passe comme prévu dans mon plan machiavélique...

Publié : 13 juin 2006, 22:34
par Jorkar
D'après The Oil Drum, le mois ayant eu la plus forte production est le mois de dcembre 2005 avec 84,69 Mb/j suivi de près par le moi de mai 2005. Le dernier mois relévé, mars, se situe à 84,04 Mb/j. Je sais que ce n'est pas forcément significatif, mais attendons un peu la suite....

Sinon l'article est assez long et [stroke]je n'ai pas eu le temps[/stroke] j'ai eu la grosse flemme de le lire en entier.

Publié : 14 juin 2006, 07:49
par GillesH38
en relisant mieux, le seul chiffre "optimiste" pour avril est effectivement celui "raw" ("brut",estimé) de l'IEA (internationale), mais il n'est pas confirmé par l'EIA (américaine). Il se peut que décembre 05 tienne encore la corde.

Publié : 22 juin 2006, 13:14
par Devenson
Chris Skrebowski vient de publier un article très intéressant ( http://www.energybulletin.net/17422.html ) où il décrit plus précisément la méthodologie utilisée pour son étude "Megaprojects". Je suis toujours convaincu que cette méthode est la plus précise pour déterminer le niveau de l'offre à un horizon de 5 à 7 ans.

Cette méthode offre aussi l'avantage d'être indépendante du niveau des réserves et des futurs découvertes. (c'est aussi une limite : elle peut prévoir une pénurie, mais plus difficilement le pic).

Il estime que ses résultats s'affinent pour plusieurs raisons :
- prise en compte de champs de plus en plus petits (>=50.000b/j)
- meilleure connaissance des projets (nouvelle base de donnée Opep)
- le test des valeurs réellement observées avec ses précédentes estimations permet de valider et éventuellement de faire évoluer sa méthodologie.

C'est le cas notamment dans la manière qu'il a de déterminer le taux de "déplétion" (il utilise le mot "déplétion" dans son sens de "déclin de la production d'une année sur l'autre") "dans les prochaines années. Comme on l'a vu précédemment, ce point est crucial. Il observe que la déplétion a coûté une perte d'environ 1.3 mb/j en 2005 (1.6%) :
perte = (production 2004 + nouveaux projets 2005) - production 2005 effectivement constatée.
Par ailleurs, cela correspond exactement au déclin (de 5%) des 30% des pays qui sont en déplétion de type III (déclin de tout un pays). Cela permet d'extrapoler la perte dans les années futures. Exemple en 2010, 40% des pays en déplétion type III, déplétion de 5%, production de 92 mb/j = perte de 1.85 mb/j
Cette méthode que l'on peut gentiment qualifier d'heuristique (moins gentiment de pifométrique) peut sembler contestable. Si je comprends bien, dans son calcul final :
- pour les pays en déplétion de type III, il rajoute (à tort ?) les nouvelles productions alors qu'elle sont déjà incluses, puisqu'elles servent déjà à atténuer la déplétion
- pour les pays non en phase III, il ignore totalement les déplétions de type II.

Désolé si ce propos semble confus (ce n'est pas très clair dans ma tête), mais cela tient surtout à la classification non homogène des 3 types de déplétions : ni complètement incluses les unes dans les autres, ni totalement indépendantes.

Il faut espérer que les 2 "erreurs" s'annulent. Il reste que cela "colle" avec ce qui est observé et que cela correspond à l'intuition : plus le nombre de pays en déclin augmente, plus le déclin global s'accélère.
Skrebowski dit par ailleurs qu'il ne peut pas considérer à l'avance des événements qui ne se sont pas encore produits (mais qui sont possibles ou probables) comme le déclin de champs géants. Pour lui, cela apparaîtra dans son étude dès que le pays correspondant entrera en déplétion.

Sa conclusion actuelle : [...] sauf en cas de catastrophe ou de problème politique majeur, la production de pétrole a le potentiel pour croître jusqu'à la fin de la décennie, mais que peu après, cette production a plus de chance de décroître que de croître.
(A ce que je comprends, cette conclusion est basée sur une très récente révision de son étude publiée dans une revue professionnelle, non encore disponible sur le net).

Publié : 23 juin 2006, 09:06
par GillesH38
J'ai quand même l'impression que les calculs de Skrebowski ne prevoyaient pas le plateau de 2005. On est en train d'être sensible a +/- 1% de production. La hausse de 2005 n'a été que de 1% au lieu des 2% prévus, et elle n'est due que au fait que le niveau de fin 2004 a été à peu près maintenue constante, alors que la production cumulée de 2004 est la moyenne sur une année croissante.

Avec une approximation d'une croissance encore lineaire à +2% / an en 2004, et un plateau en 2005 (= decembre 2004), on a

P(2004) = 12*(jvr2004+dec2004)/2
P(2005) = 12 *dec2004

soit P(2005)-P(2004) = 12*(dec2004-jvr2004)/2 = la moitié de l'augmentation durant 2004, ce qu'on observe effectivement (1% au lieu de 2%).

Techniquement, les courbes instantanées et le bilan de 2005 sont compatibles avec l'entrée dans le plateau. Bien sûr il faut etre prudent et attendre quelques années avant de faire le bilan, mais j'observe que le plateau actuel n'a pas été prévu par le calcul détaillé, ce qui semble indiquer que les incertitudes sont de l'ordre de grandeur du taux de croissance espéré.

Publié : 23 juin 2006, 09:11
par GillesH38
article interessant d'autre part sur econbrowser

http://www.econbrowser.com/archives/200 ... _pred.html

le CERA devient moins optimiste. Il met également l'accent sur la dégradation de la qualité du brut , ou on rencontre le problème du manque de capacités de raffinage ( ce qui doit expliquer en partie le plateau de l'Arabie Saoudite et le fait qu'ils prétendent ne pas trouver preneur pour leur capacité excédentaire).

Ce n'est donc pas juste une question de capacité de production. Le raffinage joue aussi, mais pourquoi les sociétés pétrolières se lanceraient elles dans la construction de raffineries qui deviendraient inemployées 5 ans après leur mise en service...

Publié : 23 juin 2006, 09:15
par Tiennel
Si on regarde le prix du brut, on s'aperçoit qu'il y a également une sorte de plateau depuis fin 2005, ou tout au plus un net ralentissement de la croissance.

Image
Si les prix et la production baissent ensemble, c'est signe d'un ralentissement de la (croissance de la) demande et non d'un plafonnement de la production, non ?

Publié : 23 juin 2006, 12:41
par GillesH38
peut etre... difficile a dire comme ça... mais si la production se stabilise quelques années, on peut penser que le prix se stabilisera aussi à la valeur assurant demande = offre.
Et l'économie stagnera aussi, ou aura une legere croissance due uniquement a l'amélioration de l'intensité énergétique.
Sachant que le moindre pet de travers en Iran ou au Venezuela risque de mettre la panique dans les marchés ....

Publié : 24 juin 2006, 10:37
par matthieu25
Tiennel a écrit :Si on regarde le prix du brut, on s'aperçoit qu'il y a également une sorte de plateau depuis fin 2005, ou tout au plus un net ralentissement de la croissance.

Image
Si les prix et la production baissent ensemble, c'est signe d'un ralentissement de la (croissance de la) demande et non d'un plafonnement de la production, non ?
Comment as tu tracé ta ligne rouge?Il faut aussi voir que l'augmentation du prix du brut à l'été 2005 est essenciellement dû aux évenements climatiques.Cela fausse les mesures.De plus, on s'est appercu que l'hiver en Amérique fut essenciellement doux ce qui a ralenti la demande.Donc il est relativement difficile de savoir interpreter correctement toutes ces courbes.

Publié : 11 juil. 2006, 09:50
par hyperion
http://www.terredebrut.org/article-3169439.html
il semble que mai 2006 soit le pic tout liquide à ce jour avec une croissance de 0.25 mB sur 1 an

la production de brut étant en baisse de 0.27 mB

la production de gnl et petrole non conventinnel une hausse de 0.56mb
soit une hausse de 5% en un an
et depuis sept 2005 une hausse de 10%

[mode mauvais esprit du consommateur]:dans le wwiki, la courbe de production avec ses détails récents est caché dans les acteurs du marchés après les cours boursiers. il s'agit pourtant de la courbe qui servira à déterminer la date du ppp. [mode off]

Publié : 12 juil. 2006, 07:06
par GillesH38
attention, l'AIE a deja fait le coup pour avril : un "record" annoncé qui s'est dégonflé par la suite, voir plus haut. Les "raw data" sont systématiquement plus elevées que les "corrected". L'EIA est beaucoup moins optimiste sur le 2e semestre 2006.

La méthode de skrebowski est contestable

Publié : 12 juil. 2006, 12:28
par manub
J'ai lu un peu la discussion sur le pic actuel et notamment sur skrebowski.
personnellement, je pense que sa méthode est en fait très incertaine et ne fait pas tellement avancer les choses. En tout cas, elle n'est pas suffisante.
C'est très bien de faire la liste des projets mais il existe des incertitudes très importantes sur la mise en exploitation de ces projets eque ce soit en termes de délai et en termes techniques.

Deuxièmement, qui donne les chiffres qui sont avancés? Si il tire ses chiffres des compagnies pétrolières elle-même, celles-ci ont tout intérêt à gonfler les chiffres pour attirer les investisseurs.

troisièmement, les chiffres de pleine capacité sont annoncés mais il n'est pas annoncé la date du pic de production. Or, si on se réfère à Hubbert, la mise en exploitation d'un gisement suit une courbe plus ou moins régulière en cloche. Ici, l'impression est que le gisement atteint son pic l'année de sa mise en exploitation puis reste à ce niveau mais ce n'est pas le cas. la production varie sans cesse. Aussi, la valeur de ces chiffres est très relative. De plus, c'est ce que les ingénieurs espèrent et la réalité peut être différente.

De plus, les prévisions de déclin de catégorie 1, 2 ou 3 sont aussi de très grosses approximations.

Je n'ai pas encore fait les calculs pour comparer ses prévisions pour 2005 et ce qu'il s'est réellement passé et je le ferai à la rentrée mais je crois qu'il sous-estime l'ampleur du déclin car nous nous trouvons actuellement sur un plateau malgré les 4 millions de barils environ en plus qui sont soi-disant ajoutés chaque année.

je crois que cette méthode qui est d'ailleurs reprise par l'OPEP elle-même s'appuie sur trop d'incertitudes et se perds en conjectures du genre "on va dire que les projets ont en moyenne tant de déélai de retards".

c'est pourquoi je crois que la méthode de calculs basé sur la modélisation logistique de l'exploitation par szones géographiques ou par pays est beaucoup efficace car elle intégre toutes ces incertitudes dans le calcul.

makhnovitch.

Re: La méthode de skrebowski est contestable

Publié : 12 juil. 2006, 13:41
par echazare
manub a écrit :J'ai lu un peu la discussion sur le pic actuel et notamment sur skrebowski.
personnellement, je pense que sa méthode est en fait très incertaine et ne fait pas tellement avancer les choses. En tout cas, elle n'est pas suffisante.
C'est très bien de faire la liste des projets mais il existe des incertitudes très importantes sur la mise en exploitation de ces projets eque ce soit en termes de délai et en termes techniques.

Deuxièmement, qui donne les chiffres qui sont avancés? Si il tire ses chiffres des compagnies pétrolières elle-même, celles-ci ont tout intérêt à gonfler les chiffres pour attirer les investisseurs.

troisièmement, les chiffres de pleine capacité sont annoncés mais il n'est pas annoncé la date du pic de production. Or, si on se réfère à Hubbert, la mise en exploitation d'un gisement suit une courbe plus ou moins régulière en cloche. Ici, l'impression est que le gisement atteint son pic l'année de sa mise en exploitation puis reste à ce niveau mais ce n'est pas le cas. la production varie sans cesse. Aussi, la valeur de ces chiffres est très relative. De plus, c'est ce que les ingénieurs espèrent et la réalité peut être différente.

De plus, les prévisions de déclin de catégorie 1, 2 ou 3 sont aussi de très grosses approximations.

Je n'ai pas encore fait les calculs pour comparer ses prévisions pour 2005 et ce qu'il s'est réellement passé et je le ferai à la rentrée mais je crois qu'il sous-estime l'ampleur du déclin car nous nous trouvons actuellement sur un plateau malgré les 4 millions de barils environ en plus qui sont soi-disant ajoutés chaque année.

je crois que cette méthode qui est d'ailleurs reprise par l'OPEP elle-même s'appuie sur trop d'incertitudes et se perds en conjectures du genre "on va dire que les projets ont en moyenne tant de déélai de retards".

c'est pourquoi je crois que la méthode de calculs basé sur la modélisation logistique de l'exploitation par szones géographiques ou par pays est beaucoup efficace car elle intégre toutes ces incertitudes dans le calcul.

makhnovitch.
Qui annonce 4Mb/j en plus chaque année ?

Publié : 12 juil. 2006, 13:55
par mahiahi
Je pense qu'il y a confusion avec les 4Mb/j "dont personne ne veut" que les Sahoudiens agitent dans toutes les conversation sans préciser qu'il s'agit de pétrole soufré, mais ils ne s'ajoutent pas chaque année

Publié : 12 juil. 2006, 13:57
par echazare
mahiahi a écrit :Je pense qu'il y a confusion avec les 4Mb/j "dont personne ne veut" que les Sahoudiens agitent dans toutes les conversation sans préciser qu'il s'agit de pétrole soufré, mais ils ne s'ajoutent pas chaque année
ok, mais c'est pas 2Mb/j ?