Schlumpf a écrit :lapidaire mon post ? Certes. Mais imprécis ? Pourquoi ?
Lapidaire donc imprécis, mon cher Watson. On ne peut pas être précis en deux lignes.
Premièrement, tu ne précises pas l'échelle géographique. Le GPL en France n'est pas le GPL en Italie ni le GPL en Espagne. Il manquait donc la précision que l'"échec" que tu envisages l'est dans une optique purement franco-française.

J'hallucine qu'on puisse, encore et toujours, réfléchir franco-français sur un problème mondial ; et surtout, qu'on puisse ne pas prendre la précaution de préciser qu'on parle seulement de la France et que la portée du discours est donc très étroite.
Deuxièmement : pour le GPL en France, je ne pense pas qu'on puisse utiliser le terme d'"échec". Il y a environ 200 000 voitures au GPL en circulation et les immatriculations sont en hausse depuis plusieurs années (en 2005 : 7900 neuves + 4000 transformations de véhicules d'occasion).
Il y a 2000 pompes au GPL sur le territoire, ce qui le rend très accessible. Sur ce point, la comparaison avec le E85 est aberrante : aujourd'hui, on peut très bien rouler au GPL en France sans aucune difficulté pour faire le plein, pourvu qu'on soit un peu attentif et prévoyant (il existe par exemple une carte papier des stations GPL, mais aussi les coordonnées GPS des stations, à télécharger!). Quand le E85, ou le GNV, seront aussi bien distribués, ce sera un grand succès pour ces carburants, et la distribution ne sera plus un problème.
En comparaison, la voiture électrique est un
échec : 6 immatriculations en 2005 (oui, six), aucune station de recharge publique, etc.
Troisièmement : si on dit qu'en France, le GPL est resté un marché de niche (et non un échec), il serait intéressant d'en analyser les raisons.
Elles tiennent essentiellement en : des politiques publiques aberrantes.
- D'abord du point de vue technique : monocarburation GPL obligatoire au début du GPL, ce qui rendait les démarrages hivernaux problèmatiques. Soupape de sécurité INTERDITE jusqu'en 1999, puis brutalement obligatoire à partir de 2000, accompagnée d'une phobie de l'explosion suite à un très célèbre accident (merci les médias). Nos voisins européens avaient anticipé, et les installateurs français auraient bien fait de même s'ils en avaient eu le droit.
- Du point de vue incitatif : en France, les politiques publiques en matière d'économie d'énergie et de réduction de la pollution suivent malheureusement le prix du baril de brut (à quelque chose près). Ainsi les incitations à installer du GPL ont fait du stop-and-go. Aucun installateur, aucun grossite ne pouvant travailler une année mais pas l'autre, cela a eu des conséquences catastrophiques sur la pérennité des installateurs et des importateurs.
Il aurait fallu un soutien
franc, massif et continu pendant toute la période où le GPL avait un avantage écologique très net par rapport à l'essence et au gazole, puis une baisse
progressive et annoncée de ce soutien, maintenant que cet avantage s'est réduit (grâce aux normes Euro successives).
Avec des politiques publiques adaptées on serait dans une situation comparable à l'Italie ou à la Hollande.
Plus globalement, je pense que le développement du GPL n'aurait pas été préjudiciable au développement d'autres alternatives. Au contraire, la diversification énergétique prépare les futures évolutions nécessaires. Ainsi, le développement, dans les années 1980 et 1990, du GPL, des éoliennes, et du solaire auraient permis au citoyen de s'approprier les questions d'énergie, et d'anticiper les changements à venir. Au lieu de cela, le citoyen français ne pense que gazole et nucléaire et est incapable de réfléchir à l'avenir énergétique. Les politiques ne font guère mieux. Quant on compare avec les politiques publiques et les résultats atteints en Allemagne, c'est effrayant. Nos cerveaux cartésiens sont littéralement sclérosés, incapables de penser plus loin que "gazole, nucléaire, gazole, nucléaire, gazole..."