Argentine

Impact de la déplétion sur la géopolitique présente, passée et à venir.

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tanguy
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Argentine

Message par tanguy » 25 févr. 2007, 14:54

...A cause d'un hacker!!! :lol: :-D


Un hacker joue un vilain tour aux automobilistes argentins

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BUENOS AIRES (AFP) - Un hacker a joué un vilain tour aux automobilistes en Argentine : en violant le site internet du secrétariat à l'Energie, il a privé de combustible un millier de stations-service, a annoncé samedi une organisation professionnelle du secteur.
Pour parvenir à ses fins, le mauvais plaisant a tout simplement effacé ces stations à essence de la liste de livraisons de carburant, dressée par les autorités.

Il a pénalisé de la même façon des centres d'approvisionnement privé, comme celui des entreprises d'autobus, en introduisant dans le système informatique de fausses données affirmant que ces installations n'étaient pas conformes à la réglementation.

C'est l'une des stations-service victimes des manipulations du hacker, qui a donné l'alerte.

Les autorités et la Fédération nationale des entreprises de combustible ont dû organiser en toute hâte une réunion dans la journée afin de rétablir la distribution normale du carburant.

http://fr.news.yahoo.com/24022007/202/u ... ntins.html

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Re: Argentine

Message par energy_isere » 28 mars 2007, 12:29

Les tensions aux iles Malouines vont se raviver :
Malouines: l'Argentine annule l'accord pétrolier avec la Grande-Bretagne

Le gouvernement argentin a annulé l'accord de recherche et d'exploitation pétrolière avec la Grande-Bretagne dans l'Atlantique Sud, autour de l'archipel britannique des Malouines dont il revendique la souveraineté, a annoncé mardi soir le ministre des Affaires étrangères Jorge Taiana.

M. Taina a expliqué, au cours d'une conférence de presse, que la décision avait été prise en raison de "l'action unilatérale" britannique de lancer un appel d'offres concernant la zone contestée et "d'exploiter des ressources qui appartiennent aux Argentins".

La décision intervient à quelques jours du 25e anniversaire du déclenchement en avril 1982 de la guerre des Malouines, les Falklands pour la Grande-Bretagne, brièvement occupées par les Argentins avant d'en être chassés par l'intervention des troupes britanniques.

Le ministre argentin a expliqué, au cours de la conférence de presse, que "l'argentine avait invité le Royaume Uni à tenir un dialogue ouvert" sur le problèmes des Malouines, mais que "l'intransigeance persistante du Royaume Uni n'avait pas permis un dialogue franc".

"L'Argentine n'est pas opposée à une coopération avec le Royaume Uni, mais à condition que celle-ci contribue à reprendre le dialogue sur la souveraineté" (sur les Malouines), a-t-il encore déclaré.

Avant la conférence de presse, M. Taina avait convoqué l'ambassadeur britannique à Buenos Aires, John Hugues, pour lui communiquer la décision.

"Le gouvernement argentin a communiqué à celui du Royaume-Uni sa décision de mettre fin à la Déclaration commune du 27 septembre 1995 qui avait scellé la 'coopération sur les activités offshore dans le sud-ouest de l'Atlantique'", a déclaré le ministre, soulignant que le document faisait référence à l'exploration pétrolière et l'exploitation des hydrocarbures dans la zone contestée des Malouines dont l'Argentine revendique la souveraineté.

M. Taiana a expliqué que l'ancien président Carlos Menem (1989/99) avait alors dit que la déclaration "permettrait à l'Argentine à participer à l'exploration et l'exploitation de pétrole brut dans la zone". "Dans la pratique, cela n'est jamais arrivé", a-t-il poursuivi.

Des forages effectués en 1998 par Shell et Amerada Hess avaient permis de découvrir la présence de pétrole, mais en quantité et qualité insuffisantes pour être commercialisable.

Si le prix de 10 dollars le baril n'était pas attirant à l'époque, la récente flambée des prix pourrait relancer l'intérêt pour les eaux entourant l'archipel.

M. Taiana a également fait référence aux questions de fond, comme celle de la souveraineté, indiquant que le dialogue bilatéral est "l'unique manière de résoudre cette dispute anachronique de manière pacifique, juste et durable".

Buenos Aires, qui a rétabli en 1990 ses relations diplomatiques avec Londres, revendique toujours la souveraineté sur ces îles estimant que l'armée britannique après 1833 avait "chassé par la force ses habitants et les autorités argentines qui étaient installées là-bas légitimement".

L'Argentine réclame l'ouverture de négociations sur ce dossier.
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Message par Rafa » 05 avr. 2007, 17:22

(reponse à un thème sur les Malouines commencé là: http://forums.oleocene.org/viewtopic.ph ... 919#114919 )
Iguane a écrit :
Rafa a écrit :(…) (sans doute le fait que le Royaume Uni refuse toujours de rendre les Malouinnes à l'Argentine influe négativement sur la perception latinoamericaine des britanniques);
Et pourquoi ils rendraient les Falkland à l'Argentine ?
Les latinoamericains considerent les îles Malouines argentines, de la même façon que les français considèrent l'Alsace française.

Bon, c'est un peu different, car elles ne sont quasimment pas peuplées; mais elles jouent un rôle énorme dans la delimitation d'eaux territoriales et des zones économiques exclusives.
Mais c'est surtout une question de principe; les latinoamericains n'apprecient pas la mainmise d'une puissance coloniale européenne sur un territoire faisant partie du continent américain.
Les îles furent militairement conquises en 1833, mais il n'y a jamais eu de traité officialisant le fait.
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Eles_Malouines

...
Les îles furent aperçues par une expédition espagnole en 1520. Elles furent occupées par des marins de Saint-Malo (Malouins, d'où le nom des îles) en 1763, qui furent expulsés par les Espagnols en 1766.
Sur le wikipédia en espagnol on n'y dit pas du tout la même chose :-)
Il y a des articles très longs et detaillés sur l'histoire des Malouines, et sur le thème de qui en excerce la souverenaité.

Des marins de la compagnie de Saint-Malo s'y sont effectivemment établi, créant "port Saint-Louis"; mais l'Espagne protesta devant la France, qui lui donna raison; la compagnie de Saint-Malo parti, et reçut une compensation monétaire contre les bâtiments et outils laissés; une compensation de l'Espagne à une compagnie privée (semblable à l'indemnisation lors d'une nationalisation), et non à la France.
115 colons français sont demeurés sur place, en reconaissant l'autorité du gouverneur espagnol pour l'Amérique meridionale.

La France reconnaît la souverainté espagnole en 1767; le Royaume Uni le fait en 1790, et le re-ratifie en 1814.

Quand eclatent, en 1811, les revoltes independentistes, le gouverneur espagnol à Montevideo, decide d'evacuer les Malouines (avec l'intention d'y revenir plus tard) pour ne pas devoir immobiliser des soldats dont il avait cruellement besoin.
En 1816, l'Argentine ayant pris son independence, assume la souveraineté des territoires anciennement espagnols.
En 1820 elle y depêche une fregate pour y reprendre possession (pendant les 9 ans où elle est restée "inhabitée" elle servait regulièrement de point d'escale pour des baleniers, contrebandiers, etc), et en 1823 un gouverneur argentin y prends possession.
En 1826, Luis Vernet, français naturalisé argentin, et Jorge Pacheco, dont leur société a l'exclusivité de pêche dans les îles, rebatissent "Puerto Luis".
En 1829 Vernet est nommé gouverneur des îles.
En 1831, des bateaux qui pratiquaient illégalement la chasse aux phoques (Vernet l'avait interdite pour empêcher la disparition des animaux) ont été arrêtés; l'un d'entre eux était etasunien, et le consul des Etats-Unis à Washington a menacé de represailles militaires si le bâteau n'était pas relâché immediatemment (déjà les Etats-Unis se conduisaient en impérialistes arrogants), le capitaine d'une fregate miltiaire US alla plus loin, exigeant que Vernet soit condamné pour voleur et pirate.
En 1831 l'USS Lexington arrive aux Malouines affichant pavillon français (en mentant donc sur sa nationalité), et une fois debarqués les sodlats, attaque et kidnape les autorités; cette affaire fera que les relations diploamatiques avec les Etats-Unis seront totalement rompues pendant 11 ans.
En 1832 un nouveau gouverneur et garnison argentins arrivent aux Malouines; mais la situation restait très chaotique après l'attaque etatsunienne.
La Grande Bretagne decida de profiter de la situation et envoya une force militaire superieure, qui prit possession des îles.
Les britaniques ont imposé les lois anglaises, ce qui a signifié une augmentation des taxes et des conditions de travail des paysans; cela provoca une revolte des malouins en 1834, pendant laquelle ils ocupperent le fort durant 5 mois.
Ils attendaient l'arrivée de bateaux argentins, mais ce furent d'autres bateaux militaires britanniques qui arrivèrent; submergés par le nombre, les revoltés se rendirent et furent expulsés.

A noter que Cuba et le Vénézuela supportent très fortement la position de l'Argentine (ce n'est pas par hasard, Cuba a une partie de son territoire, sur la baie de Guantanamo, occupé par des militaires anglosaxons; et le Vénézuela reclame toujours la "Guyana Esequibo", conquise militairement par les anglais (actuellement administré par la Guyane anciennement anglaise; mais les cartes vénézueliennes montrent toujours ce territoire comme faisant partie du Vénézuela).
Cuba a même, pendant la guerre de 1982, proposé à l'Argentine l'envoi de troupes pour combattre; l'Argentine avait refusé.

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Message par Schlumpf » 05 avr. 2007, 22:43

Les latinoamericains considerent les îles Malouines argentines, de la même façon que les français considèrent l'Alsace française.
ah ! Je pensais lire "de la même façon que les francais considèrent les îles anglo-normandes comme françaises"... Les alsaciens se considèrent français avant que les français ne considère l'Alsace comme française. Nuance...

Le compte rendu détaillé est très intéressant. Cela dit le plus simple est sans doute de demander aux habitants actuels des malouines comment ils se considèrent, non ? Et la réponse risque de ne pas plaire aux latinos...
L'Homo sapiens se conjugue à la première personne du présent irresponsable...

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Message par GillesH38 » 19 juin 2007, 09:08

Vague de froid et crise du gaz en Argentine : le gaz est coupé pour certains industriels.

http://www.bloomberg.com/apps/news?pid= ... in_america

http://www.chinapost.com.tw/business/112723.htm

A noter que l'Argentine a connu son pic de production pétrolière en 1998, et l'effondrement économique qu'on connait en 2001. Recemment elle semblait recouvrer une bonne santé avec une forte croissance économique.... qui a provoqué un regain de consommation, et donc bute apparemment sur les ressources disponibles. Un beau cas d'école des conséquences prévisibles du pic , et un pays à suivre de près ?
- Je suis Charlie - "I do not see any harm in people making money if it leads to a lower carbon society " R.K. Pachauri, président du GIEC, interview du 6 mai 2008 à Emirates Business.

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Message par energy_isere » 22 juin 2007, 00:48

Le groupe français Alstom choisi pour le train à grande vitesse argentin

Le gouvernement argentin a octroyé au groupe français Alstom la construction de son premier train à grande vitesse, a annoncé jeudi le secrétariat des Transports dans un communiqué.

A la tête du consortium Veloxio, regroupant les sociétés espagnole Grupo Isolux et argentines IECSA et EMEPA, le groupe français restait le seul en lice pour l'appel d'offres lancé par les autorités argentines.

Ce train à grande vitesse, le premier d'Amérique latine et le second sur le continent, doit relier Buenos Aires aux villes de Rosario, à 310 km au nord de la capitale, et Cordoba, située à 710 km plus à l'ouest.

Le trajet Buenos Aires-Rosario-Cordoba est l'axe de communication le plus important d'Argentine tant pour les passagers que pour les marchandises. Ces trois villes sont les plus importantes du pays avec un total de près de 15 millions d'habitants.

Le ministère argentin de l'Economie doit encore donner son aval pour que le montage financier présenté par Alstom soit entériné définitivement.

Le groupe français a proposé 1,320 milliard de dollars pour ce projet, soit un montant légèrement supérieur au budget prévu par le gouvernement argentin.

Le consortium dirigé par Alstom sera chargé de l'exécution des travaux d'électrification, des ouvrages civils, de l'infrastructure des voies ainsi que des équipements de signalisation et de communication.

Boursorama

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Message par mrlargo » 23 juin 2007, 00:06

GillesH38 a écrit :Vague de froid et crise du gaz en Argentine : le gaz est coupé pour certains industriels.
Bilan... les industriels n'apprécient que moyennement les pénuries d'énergie qui ont eu lieu...

source
"Les coupures que nous avons subies il y a deux semaines nous ont affectés. Nous avons eu une coupure qui nous a obligé à réorganiser notre production", a expliqué Dominique Maciet, directeur de Renault Argentine. Le constructeur français envisage même de se doter d'une usine génératrice d'énergie pour les besoins de son site de Cordoba, dans le centre du pays.

Une inquiétude également partagée par General Motors. "Dire que nous n'avons pas de problèmes d'energie serait un mensonge", a souligné de son côté Felipe Rovira, responsable du constructeur américain en Argentine.
La différence entre l’amour et l’argent, c’est que si on partage son argent, il diminue, tandis que si on partage son amour, il augmente. L’idéal étant d’arriver à partager son amour avec quelqu’un qui a du pognon.
(Philippe Geluck)

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Message par prontalgix » 28 juin 2007, 15:56

ABN le 28/06/2007 13h45
Argentine : croissance et pénurie
A l'heure où le FMI s'inquiète des tensions inflationnistes mondiales, il existe des régions où les problèmes de la – douloureuse - hausse des prix de l'énergie inquiète moins que la – très concrète – pénurie en tant que telle. L'Argentine fait ainsi face à une embarrassante crise de l'énergie qui pèse sur l'activité agricole du pays. Rappelons que le pays est le troisième exportateur de soja et le quatrième en ce qui concerne le maïs. Les autorités ont en effet décidé de rationner le gaz naturel pour les grandes industries afin que les foyers aient suffisamment de fioul pour les longues soirées d'hivers.

Il est vrai que le pays manque cruellement d'investissement dans le secteur énergétique, ce que déplore d'ailleurs le président N. Kirchner. L'Argentine dépend - pour une grande partie - du gaz naturel de son voisin bolivien... or, le problème est que la Bolivie ne peut – au demeurant – subvenir à l'excès de demande (due à la fraicheur inhabituelle des températures).

Conséquence directe, les cultivateurs argentins doivent faire face à une pénurie d'énergie. Les moulins à blé tournent au ralenti, les producteurs de fertilisant (à base de nitrogène) ont dû stopper leur activité.

L'Argentine connaît actuellement une forte croissance – aux alentours des 8 % - de son économie, ce qui joue indéniablement sur sa consommation énergétique et pose le problème de l'approvisionnement. Cet épisode ne devrait vraisemblablement pas avoir des conséquences dramatiques sur les prochaines récoltes mais il est intéressant de noter que le couple croissance/inflation – valable pour un bon nombre de pays émergents – s'accompagne très souvent d'un biais entre la demande – les métaux industriels en témoignent... - et l'offre. Voyons voir... de quoi a besoin, au hasard... la Chine ?
http://www.boursorama.com/conseils/deta ... ws=4347314

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Message par Glycogène » 28 juin 2007, 16:05

ABN a écrit :Les autorités ont en effet décidé de rationner le gaz naturel pour les grandes industries afin que les foyers aient suffisamment de fioul pour les longues soirées d'hivers.
Ah ouais...
Il y a un drole de système de vase communicant, qui transforme du gaz en fioul ! :-D

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Message par energy_isere » 13 août 2007, 20:24

l' Argentine en grave difficulté d' insuffisance de production électrique :
Energie. En pénurie d’électricité, l’Argentine multiplie les accords de coopération.

Coupures d’électricité dans les foyers, rationnement du gaz pour les entreprises, pénurie de diesel dans les transports : les vagues de froid polaire qui se sont successivement abattues sur l’Argentine depuis le début de l’hiver austral ont entraîné la pire crise énergétique depuis vingt ans, poussant le pays à se tourner davantage vers ses voisins.

Le système électrique peine à faire face à la reprise de l’économie, qui affiche depuis la crise de 2001 des taux de croissance de l’ordre de 8 à 9 %, et il a frôlé plusieurs fois l’effondrement. Par ailleurs, les «tarifs sociaux» de l’électricité, inférieurs de 40 % à ceux des voisins chiliens ou brésiliens, ont encouragé la consommation tout en réduisant les capacités d’investissement des producteurs et distributeurs.

Coupures.
«Si l’Argentine veut continuer à croître au rythme de 5 % par an, il lui faut investir 3 milliards de dollars par an, soit 2 % de son PIB, dans le secteur énergétique», avertit Daniel Montamat, ex-secrétaire d’Etat à l’Energie. La consommation d’électricité a augmenté de 5 145 mégawatts (Mw) depuis 2001, alors que la capacité de production n’a progressé que de 844 Mw. Aucune grande centrale électrique n’a été inaugurée et les deux usines thermiques en construction n’entreront pas en service avant fin 2008. La modernisation de l’usine hydroélectrique de Yacireta, partagée avec le Paraguay, n’est prévue que pour 2009, tandis que la remise en service de la centrale nucléaire d’Atucha, programmée pour 2010, pourrait n’avoir lieu qu’en 2012. Si l’on ajoute l’agrandissement de plusieurs petites centrales thermiques du centre du pays, l’accroissement de la puissance obtenue est à peine supérieur à la demande prévue pour ces trois prochaines années.

«Les coupures d’électricité sont d’abord dues à l’insignifiance des investissements dans le secteur. La situation s’est détériorée au point que le système n’est pas fiable puisqu’il ne fonctionne normalement qu’à l’automne et au printemps et uniquement s’il pleut abondamment dans les provinces où sont installées les principales usines hydroélectriques», souligne Alejandro Albanese, chercheur à l’Institut de planification stratégique. Ces dernières semaines, l’Argentine a dû interrompre à plusieurs reprises ses envois de gaz vers le Chili, importer de l’électricité du Brésil et du fioul lourd du Venezuela.

Sauveur.
Le président vénézuélien, Hugo Chávez, en tournée «pétro-diplomatique» dans la région vient de signer des accords de fourniture d’énergie avec l’Uruguay, et de créer des sociétés mixtes d’exploration et d’exploitation de pétrole et de gaz avec l’Equateur et la Bolivie. En Argentine, attendu comme un sauveur, il a paraphé un traité de sécurité énergétique qui prévoit la création de Petrosuramerica, une entreprise binationale, et la construction d’une usine de «regazification» de gaz liquide, acheminé en bateau depuis le Venezuela. Buenos Aires a aussi prévu d’accélérer les travaux du gazoduc qui doit relier la Bolivie, le deuxième producteur de gaz en Amérique du sud, au centre du pays.

Mais l’Argentine souffre pour trouver des crédits à long terme auprès des organismes ­internationaux et les affaires de corruption qui ont récemment entaché les appels ­d’offres pour des travaux d’infrastructure ont refroidi les investisseurs privés.

Libération 13 Aout 2007

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Message par Alter Egaux » 01 oct. 2007, 15:39

Les Argentins aussi doivent être maîtres de leur pétrole (Pino Solanas)

Le célèbre cinéaste argentin ('Sur', 'Memoria del saqueo', 'La dignidad de los nadie') est un analyste passionné des combats de son peuple.
Raisons de l'abstention massive de l'électorat de Buenos-Aires.
Lors des récentes élections à Buenos-Aires, plus de 15% de l'électorat ne s'est pas rendu aux urnes ( au 2ème tour, 68% de l'electorat a voté, la moyenne habituelle dans la Capitale étant de 82,6%) et quasi 6% des votants ont voté nul ou blanc. Une situation qui pourrait se reproduire lors d'une élection nationale...

La vraie antinomie
Par Pino Solanas (Président du Moreno- Mouvement pour la Récupération de l'Energie Nationale )

Après l'impact destructeur qu'a eue sur l'économie nationale la privatisation pétrolière de Menem et l'échec d'un modèle énergétique incapable d'assurer l'autosuffisance, la récente prorogation jusqu'en 2047 de la concession de Cerro Dragon, signée par les provinces de Chubut et Santa Cruz sous l'oeil bienveillant du gouvernement national, marque un virage dangereux et une action antinationale qui annonce la reprivatisation des concessions accordées par Menem, jusqu'à leur expiration.

Cerro Dragon est le principal gisement de pétrole du pays, situé au sud de Chubut et au nord de Santa Cruz. Il représente 25% de nos réserves et est exploité par la Pan American Energy, qui appartient à British Petroleum - 4ème groupe pétrolier mondial - et à son associé local Bridas. La prorogation fut accordée sans appel d'offre, dix ans avant son échéance, comme l'a fait De la Rua avec Loma de Lata en 2000.

Comment est-il possible qu'avec une réserve de plus de 40.000 millions de dollars à la Banque Centrale, on n'ait pas pensé à l'exploiter pour la Nation et les provinces, pour en faire bénéficier le peuple? Comment accepter que le gouvernement approuve l'achat de 25% des actions de YPF par des capitaux bancaires locaux (Eskenazi) et que ne le fasse pas l'Etat National? Jusqu'à quand les gouvernants vont-ils faciliter le commerce privé avec de l'argent public? Les tragiques conséquences qu'ont provoquées les manoeuvres répétées et les trahisons de Frondizi, Menem et De la Rua, n'ont-elles pas suffi?

Il y a un an, le président Kirchner révélait que 70% des Argentins approuvaient la nationalisation du pétrole et du gaz, mais pendant les 4 années de son gouvernement, loin d'avancer vers sa réalisation, il a réaffirmé la voie de la privatisation initiée par Menem. Rappelons-nous les permis d'exploration de la plateforme maritime continentale -seule zone sans concession- avec disponibilité libre des ressources et des impôts; les incitants fiscaux accordés aux corporations pour réaliser ces explorations, qui devaient obligatoirement être accordées par contrat et qui ne le furent pas; la réforme de la loi des hydrocarbures pour enfreindre le contrôle des gisements par les provinces.

Les Argentins traînant derrière eux une douloureuse série d'échecs, nous devons faire l'effort de dépasser les divisions et nous unir pour éviter la reprivatisation des hydrocarbures et la promulgation de la loi antiterroriste. Les rêves et les espérances ne remplacent pas une réalité qui n'est pas noire ou blanche, mais plutôt d'un gris foncé qui empêche qu'on la voie. Pendant que les citoyens se distrayaient avec la bataille électorale entre modèle antagonistes, le Gouvernement prenait des initiatives du genre de celles des Menem-Macri: la prorogation des concessions pétrolières dans les mêmes conditions que celles des années 90 et une loi antiterroriste qui vise à criminaliser la contestation sociale.

Le pays peut récupérer les fabuleux revenus du pétrole et du gaz en faveur du peuple. La nation la plus faible et la plus pauvre du continent a montré qu'il était possible de le faire avec les hydrocarbures tout en respectant la loi et l'ordre, et aucune société pétrolière n'a quitté la Bolivie. Toutes les organisations politiques et sociales, ainsi que les représenatnts culturels et intellectuels, doivent publiquement s'exprimer pour la défense du pétrole et de nos ressources nationales.

Une fois de plus, l'histoire montre la fausseté de l'antinomie entre le centre-gauche et le centre-droit. Aujourd'hui comme hier, le conflit se joue entre le projet national, démocratique et anti-impérialiste, et celui, antinational, qui cède notre patrimoine national. Pour paraphraser le docteur Alexandre Olmos, nous disons: "Ou bien on défend nos ressources pétrolières ou bien on est du côté des sociétés et des ennemis du peuple argentin"
Etape n°1 : Les africains nomment le pétrole : la "merde" du diable.
Etape n°2 : Restons cool, le PO arrive...
Etape n°3 : "Mais à cet endroit, en ce moment, l'humanité, c'est nous, que cela nous plaise ou non", Samuel Beckett

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Message par energy_isere » 28 oct. 2007, 14:56

Election présidentielle ce Dimanche en Argentine.
L'Argentine est sortie de l'enfer mais reste fragilisée par l'inflation

L'Argentine, qui se choisit un nouveau président dimanche, est sortie de l'enfer après la débâcle de 2001-2002, et affiche une croissance insolente, même si son économie reste fragilisée par l'inflation et de la faiblesse de l'investissement.

"Le problème du futur gouvernement porte un nom: le double i, pour inflation forte et investissements faibles", a résumé pour l'AFP, Ricardo Delgado, coordinateur d'Ecolatina, un cabinet de consultants économiques.

L'Argentine a renoué avec la croissance, accumulant depuis 2003 quelque 45% de hausse de son Produit intérieur brut (PIB), remis de l'ordre dans ses finances publiques en s'assurant un excédent budgétaire primaire supérieur à 3% et repris le paiement de sa dette extérieure de 81,8 milliards de dollars après avoir déclaré le plus important déficit de l'histoire.

Le chômage est passé cette année sous la barre des 10% après avoir dépassé les 20% au plus fort de la crise et la pauvreté qui touchait encore plus de la moitié des Argentins en 2002, n'en touche désormais "plus" que 30%.

Cette prospérité retrouvée, l'Argentine la doit en grande partie au boom des matières premières agricoles (soja, maïs, blé) dont ce pays est l'un des principaux producteurs mondiaux.

L'excédent commercial, bien qu'en baisse de 22% par rapport à la même période que l'an dernier, a dépassé les cinq milliards de dollars entre janvier et août 2007.

Surtout, il permet au gouvernement grace à des taxes élevées à l'exportation de produits agricoles, essentiellement le soja, de financer les millions de dollars de subsides qu'ils versent en faveur des plus démunis.

Cette croissance a néanmoins un coût, l'inflation qui a fait son retour en Argentine à partir de 2005.

La plupart des économistes privés estiment qu'elle atteindra cette année entre 15% et 20%, et probablement autant l'an prochain, quand le gouvernement la situe autour de 10%.

La croissance va probablement se ralentir, selon Ricardo Delgado, pour atteindre 6,3% contre les quelque 8,5% prévus cette année.

Mais cette décélération ne suffira pas à faire baisser l'inflation dans une économie où la demande dépasse largement l'offre, selon cet économiste.

Or, il existe clairement un niveau d'inflation à partir duquel les investissements s'arrêtent, selon Juan Luis Bour, économiste en chef de la Fondation de recherches économiques latino-américaines (Fiel), même si ce chiffre, qui pourrait être de 20%, n'est pas facilement identifiable.

L'investissement est pourtant l'autre défi majeur du gouvernement à venir, s'il veut assurer au pays une croissance durable sans risque de spirale inflationniste, selon les experts.

Mais pour cela, il sera indispensable de rétablir la confiance des investisseurs, sérieusement malmenés par la politique de confrontation menée par le président actuel Nestor Kirchner.

"Le nouveau gouvernement devra donner des signes clairs", souligne ainsi Ricardo Delgado. L'un de ces signes pourrait être la conclusion rapide d'un accord avec le Club de Paris pour le remboursement de la dette argentine de 6,5 milliards de dollars à l'égard de cet organisme regroupant les créanciers publics de Buenos Aires.

Ces derniers estiment également indispensable un retour à la sincérité des prix, notamment en matière de transport et d'énergie où ces derniers sont bloqués depuis 2003.

La pénurie énergétique, qui a surtout pénalisé la grande industrie pendant l'hiver austral, est en partie le résultat de cette politique de prix qui a découragé l'investissement.

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Message par energy_isere » 29 oct. 2007, 12:40

energy_isere a écrit :Election présidentielle ce Dimanche en Argentine.


c'est donc la péroniste Cristina Fernandez de Kirchner qui a été élue à la présidence. http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 ... 485,0.html
première dame argentine et candidate péroniste, Cristina Fernandez de Kirchner, a largement remporté l'élection présidentielle du 28 octobre avec 43,55 % des voix, selon des résultats portant sur 75 % des suffrages. Elle assumera le pouvoir le 10 décembre, pour un mandat de quatre ans, succédant ainsi à son mari, le président Nestor Kirchner, au pouvoir depuis 2003.

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Re: Argentine

Message par MadMax » 15 juin 2008, 02:37

Manif de fermiers contre une hausse de 44% de la taxe à l'exportation sur les/certains produits agricoles

http://edition.cnn.com/2008/WORLD/ameri ... topstories
It was the worst day of violence in the 95-day conflict, which started in March over a new 44 percent commodities tax that farmers say unfairly cuts their profits at a time of record gains.

...

Kirchner says the new tax plan will cut inflation and increase domestic supplies to feed Argentina's poor.

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Tovi
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Le syndrome argentin

Message par Tovi » 11 oct. 2008, 13:04

L'occident vit il ce que l'on pourrait appeller le syndrome argentin ?

Je vous invite à relire l'historique de cette longue crise : http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_%C3% ... _argentine

Tous les éléments sont réunis en miniature de ce qui risque de se passer à l'échelle mondiale :
- délocalisation et perte de compétitivité face aux pays pauvres.
- crise de la croissance et inflation menant à une crise financière majeure.
- fuite des capitaux
- politique d'austérité, crise sociale
- crise énergétique
- état en cessation de paiement de la dette publique

Le résultat est un glissement progressif d'un pays considéré comme "développé" dans les années 50 vers un pays "en développement" (sic). Une sorte d'équilibre s'est effectué avec ses voisins, dont finallement rien ne justifie qu'ils aient un niveau économique différent.
Plus globalement celà signifie que dans un système mondialisé et libéral, rien ne justifie les écarts entre pays riches et pays pauvres, nous allons vers des réajustements passant par des crises en tout genre qui redessineront la carte géopolitique et économique du monde. Partout, il y aura une minorité de capitaliste détenant la majorité des richesses et une classe pauvre exploitée, au détriment de la classe moyenne.

« Tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous n’avons jamais été aussi prospères. C’est une guerre de classes, et c’est ma classe qui est en train de gagner » Warren Buffet (l'homme le plus riche du monde).
Si vous ne faites pas partie de la solution, alors vous faites partie du problème.
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