Huile de palme (et biodiesel tiré d'huile de palme)

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Re: Huile de palme (et biodiesel tiré d'huile de palme)

Message par energy_isere » 19 avr. 2025, 22:52

Production mondiale d'huile de palme depuis 1970 :

Image

Gros coup de frein avec 2020 année du Covid.

source : https://ourworldindata.org/grapher/palm-oil-production

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Re: Huile de palme (et biodiesel tiré d'huile de palme)

Message par mobar » 20 avr. 2025, 15:37

Un flux qui a été multiplié par 10 en un peu moins de 40 ans ne va pas s'arrêter de croître brusquement
https://youtu.be/0pK01iKwb1U
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Re: Huile de palme (et biodiesel tiré d'huile de palme)

Message par kercoz » 20 avr. 2025, 16:57

mobar a écrit :
20 avr. 2025, 15:37
Un flux qui a été multiplié par 10 en un peu moins de 40 ans ne va pas s'arrêter de croître brusquement
Ben si. Tu remarqueras qu' à un certain endroit ( là ou la dérivée seconde s'annule), il y a un point d'inflexion et une inversion.
L'Homme succombera tué par l'excès de ce qu'il appelle la civilisation. ( Jean Henri Fabre / Souvenirs Entomologiques)

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Re: Huile de palme (et biodiesel tiré d'huile de palme)

Message par mobar » 21 avr. 2025, 03:57

Ben non!
La décroissance d'une courbe exponentielle est une baisse de la croissance, pas un arrêt!
C'est toujours comme ça que se transforment les exponentielles, elles deviennent des sigmoïdes, des courbes en S et parfois des courbes en cloche
La fin de la croissance dans une courbe en S advient quand la croissance devient nulle
Au moment ou la croissance cesse de grandir et diminue, on est au milieu de la courbe!
La croissance exponentielle de la production de l'huile de palme a duré 50 ans, il en faudra probablement autant avant que la production ne se stabilise

Et probablement bien plus longtemps si les productions de pétrole venaient à diminuer durant cette période
https://youtu.be/0pK01iKwb1U
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Re: Huile de palme (et biodiesel tiré d'huile de palme)

Message par energy_isere » 12 juil. 2025, 15:37

Le Ghana lance un projet de 50 millions $ en faveur de production d’huile de palme

Agence Ecofin 10 juillet 2025

Le Ghana est le 3ème producteur d’huile de palme en Afrique de l’Ouest, derrière le Nigeria et la Côte d’Ivoire. Dans le pays, le gouvernement qui vise l’autosuffisance dans la denrée, accélère sur la mise en œuvre de sa nouvelle politique d’industrialisation de la filière.

Au Ghana, le gouvernement s’engage dans un partenariat public-privé visant à renforcer la production d’huile de palme à travers la réalisation d’un nouveau projet agro-industriel baptisé « Redgold Oil Palm Plantation Project » (ROPP). Piloté par l’entreprise agroalimentaire Onesta Ghana Ltd, ce projet a été officiellement lancé mercredi 9 juillet.

Selon les informations relayées par les médias locaux, cette initiative devrait mobiliser 50 millions $ dans sa première phase de développement. Concrètement, il s’agira de développer et d’exploiter 10 000 hectares de palmeraie, à travers une plantation industrielle principale qui sera établie et un programme d’approvisionnement intégrant de petits exploitants agricoles.

« Ce projet offrira des solutions intégrées, de la culture à la transformation et au raffinage, garantissant des produits de qualité tout en favorisant la croissance économique et la durabilité environnementale », a déclaré Maxwell Commey, Directeur exécutif d’Onesta Ghana Ltd.

« L’investissement dans le secteur de l’huile de palme a le potentiel de créer des emplois, de dynamiser les économies locales et de réduire la pauvreté rurale. Nous, au ministère de l’Agriculture, fournirons à Onesta Ghana un environnement propice et le soutien nécessaire pour réaliser cette vision ambitieuse », a ajouté John Setor Dumelo, ministre délégué à l’Agriculture.

Ce projet s’inscrit dans la continuité de la politique d’industrialisation de la filière palmier à huile annoncée par le gouvernement en avril dernier. Cette stratégie vise à développer 50 000 hectares supplémentaires de plantations industrielles dans le pays grâce à la mobilisation d’investissements privés. L’ambition affichée à travers cette politique étant d’accroitre la production locale d’huile de palme pour réduire la dépendance aux importations.

Selon les données compilées par la FAO, le Ghana a importé près de 257 400 tonnes d’huile de palme brute (CPO) par an, en moyenne entre 2019 et 2023, principalement depuis des pays comme la Malaisie, l’Indonésie, la Côte d’Ivoire ou encore la Colombie.
https://www.agenceecofin.com/actualites ... e-de-palme

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Re: Huile de palme (et biodiesel tiré d'huile de palme)

Message par energy_isere » 06 sept. 2025, 21:27

Nigeria : l’État d’Akwa Ibom prévoit d’injecter 20 millions $ dans le palmier à huile

Agence Ecofin) - Premier producteur africain d’huile de palme, le Nigeria concentre la majorité de ses plantations de palmiers à huile dans le Delta du Niger, au sud du pays. Une des principales zones de production de la région, l’État d’Akwa Ibom, souhaite renforcer son poids dans le secteur.

Au Nigeria, Umo Eno, gouverneur de l’État d’Akwa Ibom, a dévoilé le lundi 1er septembre un plan d’investissement de 31 milliards de nairas (20,2 millions $) dans la filière palmier à huile en 2026, selon les informations relayées par le média local Independent.

L’enveloppe annoncée servira principalement à financer la production et la distribution de plants améliorés à haut rendement au profit des agriculteurs, en vue d’accroître la superficie agricole dédiée aux plantations dans l’État. Ce projet prévoit également le déploiement d’agents de vulgarisation pour l’encadrement des plantations, la création d’un conseil de l’huile de palme et la commercialisation de l’huile produite par différents producteurs.

« Ce que nous avons décidé de faire pour l’année prochaine est en cours de préparation dans le budget 2026. Nous prévoyons 1 milliard de nairas par conseil local, ainsi que d’autres fonds que nous enverrons au ministère des Affaires humanitaires », a déclaré M. Eno.

Cette initiative traduit la volonté du gouvernement de l’État de consolider son poids dans l’industrie nigériane de l’huile de palme. Elle pourrait en outre permettre d’accélérer la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement du palmier à huile, également annoncée par l’Association des producteurs de palmiers à huile (OPGAN) en avril 2025.

Dans le cadre de cette feuille de route quinquennale, l’OPGAN prévoit de replanter 1,5 million d’hectares de palmiers à huile à travers les 27 États producteurs du pays d’ici à 2030, en vue de relancer l’industrie locale. Il convient de noter que le Nigeria a encore recours aux importations à hauteur de 25 % pour couvrir ses besoins de consommation, évalués à près de 2 millions de tonnes par an.
https://www.agenceecofin.com/actualites ... er-a-huile

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Re: Huile de palme (et biodiesel tiré d'huile de palme)

Message par energy_isere » 17 oct. 2025, 23:16

Huile de palme : l’Indonésie n’exclut pas de nouvelles restrictions sur les exportations

Agence Ecofin 16 oct 2025

Le marché mondial de l’huile de palme est dominé par l’Indonésie. Si le pays compte pour plus de 55 % de l’offre et la moitié des exportations, il est aussi le premier consommateur de l’oléagineux qui sert aussi à satisfaire les besoins du secteur du transport.

En Indonésie, la régulation des exportations d’huile de palme brute (CPO) est l’une des options envisagées par le gouvernement dans le cadre de sa politique d’autosuffisance en biodiesel. C’est ce qu’a annoncé le mardi 14 octobre Bahlil Lahadalia, ministre de l'Énergie.

Dans le pays d’Asie du Sud-Est qui dispose depuis plus d’une décennie d'un programme de biocarburant qui mélange l'huile de palme au diesel, les autorités envisagent de déployer d’ici le second semestre 2026 le B50 qui verrait l’utilisation d’un carburant composé à 50 % d’huile de palme contre 40 % actuellement (B40). Cette démarche qui vise à réduire la dépendance à l’égard des carburants fossiles importés pourrait conduire à un besoin supplémentaire de 5,3 millions de tonnes d’huile de palme au niveau domestique.

Dans un tel contexte, M. Lahadalia indique que le gouvernement pourrait envisager d’augmenter la production avec de nouvelles plantations de palmiers à huile ou d’utiliser l’Obligation de marché intérieur (DMO). Ce dernier outil permet à Jakarta de conditionner toute sortie d’huile de palme à la livraison préalable par les exportateurs d’une certaine proportion de leurs cargaisons sur le marché domestique.

Déjà en 2022, cette arme avait été utilisée par le gouvernement de l’ancien président Joko Widodo pour contenir les prix domestiques de l’huile de cuisson. A l’époque, les exportateurs avaient été contraints de vendre localement 20 % de leurs chargements.

Dans le rang des analystes, cette annonce suscite des craintes d’un resserrement du commerce global de l’huile la plus consommée au monde, et vient conforter les prévisions d’une hausse des cours.

Selon Bloomberg, qui rapporte les propos du négociant Dorab Mistry, lors d’une conférence en Colombie en septembre dernier, les prix de l’huile de palme pourraient dépasser les 5 000 ringgits (1 191 $) voire les 5 500 ringgits la tonne d’ici la fin de l’année sur Bursa Malaysia Derivatives Exchange avec le B50 et la poursuite des saisies de plantations de palmiers à huile par le gouvernement.

En 2024, les prix de référence de la tonne de CPO avaient gagné 20 % clôturant l’année autour de 4 861 ringgits.
https://www.agenceecofin.com/actualites ... portations

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Re: Huile de palme (et biodiesel tiré d'huile de palme)

Message par energy_isere » 14 mars 2026, 11:57

Avec la hausse des cours du pétrole, l’Indonésie n’exclut pas de renforcer l'usage de biocarburants

Agence Ecofin 12 mars 2026

L’Indonésie est le premier producteur et exportateur mondial d’huile de palme. L’évolution des politiques nationales dans ce secteur vital pour l’économie du pays a des répercussions globales sur le marché de l’oléagineuse la plus consommée au monde.

Abandonnée en janvier pour des préoccupations techniques et de financement, le projet du grade B50 pour le diesel à base d'huile de palme en Indonésie est de nouveau sur la table. C’est ce que rapporte Reuters, qui cite une annonce datant du 9 mars, du vice-ministre de l'énergie du pays d’Asie du Sud-Est, Yuliot Tanjung.

Cette reconsidération de la mesure qui verrait l’utilisation d’un carburant composé à 50 % de biodiesel d’huile de palme contre 40 % actuellement (B40) s’explique d’abord par la flambée récente des prix du pétrole. Depuis les premières frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février, les prix du baril ont grimpé vers les 100 $.

Pour le 4e pays le plus peuplé du monde qui déploie depuis 2008 son programme de mélange de biocarburant afin de réduire sa dépendance vis-à-vis des carburants fossiles importés, cette évolution n’a pas laissé indifférent.

Selon les dernières données de l’office national des statistiques (BPS), le pays a importé 37,75 millions de tonnes de produits pétroliers en 2025, pour une valeur totale de 23,46 milliards $, soit près de 10 % du total de ses achats de marchandises durant l’année écoulée.

« Le B50 pourrait être mis en œuvre au second semestre, voire plus tôt... Mais pour l'instant, la décision du comité de pilotage de maintenir le B40 jusqu'à la fin de 2026 reste en vigueur », a confié le responsable qui précise que le pays scrute la fluctuation des prix de l’or noir en temps réel.

Le B50, un facteur clé de volatilité mondiale

Si pour l’heure, aucune décision définitive n'a encore été prise par l'Indonésie, le premier producteur mondial d'huile de palme, le marché sera attentif aux prochains développements de ce dossier.

Et pour cause, le mandat indonésien sur le biodiesel est devenu l’un des principaux facteurs de volatilité des cours avec les prélèvements tarifaires à l’export ou encore l’Obligation de marché intérieur (DMO) qui conditionner toute sortie d’huile de palme à la livraison préalable par les exportateurs d’une certaine proportion de leurs cargaisons sur le marché domestique.

À chaque fois que Jakarta relève le taux d’incorporation de biodiesel dans le carburant, une part croissante de la production nationale d’huile de palme est absorbée par le marché intérieur, réduisant d’autant les volumes disponibles pour l’exportation et resserrant l’offre sur le marché mondial.

Une situation qui renchérit les coûts des huiles végétales pour les importateurs, qu’il s’agisse des industriels de l’agroalimentaire ou des pays en développement situés en Afrique.

Déjà avec la crise au Moyen-Orient, les cours de l'huile de palme ont progressé avec la perspective que la hausse du brut rende plus attractive l’utilisation de l’oléagineuse comme matière première par rapport à l’incorporation du carburant classique. Lundi 9 mars, les contrats à terme de référence sur l’huile de palme pour livraison en mai, négociés sur le Bursa Malaysia Derivatives Exchange, ont bondi de 9% à l’ouverture, pour s’établir à 4 774 ringgits (1 215 $) la tonne, soit leur plus forte hausse journalière depuis trois ans.
https://www.agenceecofin.com/actualites ... carburants

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Re: Huile de palme (et biodiesel tiré d'huile de palme)

Message par energy_isere » 16 mars 2026, 19:36

Indonésie: des entreprises soupçonnées de fraude ont fourni des producteurs européens de biocarburant

Connaissance des Énergies avec AFP le 16 mars 2026

Des entreprises indonésiennes visées par une enquête pour fraude sur l'huile de palme ont fourni des producteurs européens de biocarburant dont le géant italien de l'énergie Eni et le finlandais Neste, a révélé une enquête menée par l'AFP et SourceMaterial.

Ces révélations soulèvent de nouvelles questions sur les chaînes d'approvisionnement du secteur des biocarburants, estiment des experts, et font suite à des allégations persistantes de fraude concernant les produits à base d'huile de palme utilisés comme matières premières pour les carburants.

Rien ne laisse cependant supposer qu'Eni, Neste, leader finlandais des carburants d'aviation durables, ou d'autres sociétés clientes des entreprises indonésiennes impliquées dans l'enquête aient eu connaissance de fraudes ou y aient participé.

Selon la justice indonésienne, des entreprises locales et des responsables gouvernementaux se sont mis d'accord, contre versement de pots-de-vin, pour faire passer l'huile de palme pour un sous-produit appelé Palm Oil Mill Effluent (POME), soit des effluents d'usine de production d'huile de palme.

Pour l'Indonésie, le préjudice en termes de recettes fiscales se chiffre en millions de dollars, car la taxe sur les produits étiquetés POME est moins élevée que sur l'huile de palme.

Pour les consommateurs, cela remet en cause les engagements en matière de développement durable, car l'huile de palme est depuis longtemps associée à la déforestation.

Eni et Neste qui ont officiellement retiré l'huile de palme de leurs chaînes d'approvisionnement, ont toutes deux reçu plusieurs livraisons provenant d'entreprises indonésiennes accusées d'avoir étiqueté de l'huile de palme comme POME.

Pour des experts, cette fraude présumée illustre les problèmes de surveillance du secteur, alors que l'Union européenne (UE) interdira l'utilisation d'huile de palme dans les biocarburants à partir de 2030.

"L'UE a décidé à juste titre de supprimer progressivement les biocarburants à base d'huile de palme en 2019 en raison de leurs liens avec la déforestation", souligne Cian Delaney, de l'ONG environnementale Transport and Environment (T&E).

"Mais dissimuler l'huile de palme sous l'appellation POME (...) a été beaucoup trop facile pour les fournisseurs et les négociants. La vérification et la certification de ces importations sont manifestement défaillantes", ajoute M. Delaney.

- Soupçon de fraude de longue date -

Eni a indiqué n'avoir aucun contrat direct avec les sociétés incriminées et avoir reçu ses livraisons par l'intermédiaire d'un fournisseur agréé qui a "immédiatement suspendu toutes ses opérations avec les sociétés impliquées dans l'enquête".

Sollicité par l'AFP, le fournisseur en question Enviq, n'a pas répondu.

Neste de son côté a indiqué avoir demandé à son fournisseur d'exclure les entreprises impliquées de sa chaîne d'approvisionnement.

Toutes les livraisons liées aux fournisseurs impliqués dans l'enquête indonésienne ont été préalablement échantillonnées par des experts indépendants qui ont confirmé qu'elles "répondaient aux spécifications relatives aux matières premières issues des déchets de palmiers", a ajouté Neste.

L'Indonésie soupçonne depuis longtemps une fraude liée aux produits POME et a temporairement limité ses exportations l'an dernier après que des données commerciales ont enregistré des volumes dépassant largement l'offre disponible estimée.

Le mois dernier, 11 personnes, dont des douaniers, ont été arrêtées, accusées d'avoir escroqué les douanes de millions de dollars de recettes entre 2022 et 2024.

Si le bureau du procureur général n'a pas précisé les noms des personnes arrêtées et de leurs entreprises, l'AFP et SourceMaterial, un média d'investigation indépendant, ont réussi à déterminer l'identité de trois personnes impliquées. Les conclusions ont été confirmées par une source au sein du bureau du procureur.

Parmi eux figure TNY, actionnaire de Green Product International et directeur d'une société identifiée uniquement par le sigle TEO.

Il s'agit en fait d'un suspect nommé Tony, directeur de Tanimas Edible Oil et actionnaire de Green Product International et qui, comme beaucoup d'Indonésiens, ne porte qu'un seul nom.

Green Product International a été à l'origine de plusieurs envois d'un produit étiqueté POME à Eni et Neste entre 2023 et 2024. Mais il n'existe aucune preuve quant à la nature exacte de ces envois.

Sollicité par l'AFP, Green Product International n'a pas répondu.

Deux autres sociétés ont été identifiées: Surya Inti Primakarya, dont le directeur Van Ricardo a été arrêté, et Bumi Mulia Makmur, dont le directeur Erwin a lui aussi été interpellé.

Les trois suspects interpellés sont toujours en détention, a précisé le bureau du procureur.

- Soupçons d'étiquetage erroné -

Selon Eni, la société qui a géré ses expéditions était certifiée par l'International Sustainability and Carbon Certification (ISCC), organisme certifié par l'UE pour les importations de produits à base d'huile de palme.

Selon un porte-parole de l'ISCC, Surya Inti Primakarya est "actuellement exclue de la re-certification" et Bumi Mulia Makmur avait été "précédemment exclue".

Quant à Green Product International, elle détient toujours un certificat valide, selon le registre de l'ISCC.

Parmi les autres entreprises indirectement alimentées par Green Product International figurent le négociant suisse Kolmar, qui n'a pas réagi officiellement, ainsi que le groupe pétrolier espagnol Repsol et l'américain Cargill. Ces deux derniers groupes n'ont pas répondu aux demandes de commentaires.

Certaines analyses suggèrent que la quantité de produits POME utilisée dans l'UE et en Grande-Bretagne dépasse l'offre mondiale disponible, ce qui laisse supposer un étiquetage erroné généralisé, même si certains groupes industriels ont contesté ces calculs.

L'Irlande a mis fin aux incitations à leur utilisation dans les biocarburants et l'Allemagne en fera de même l'année prochaine.

Pour James Cogan, responsable des politiques publiques chez Clonbio, un fabricant irlandais de biocarburants qui s'approvisionne exclusivement auprès de l'UE, la vérification est tellement problématique qu'acheteurs et organismes de réglementation devraient se méfier de toute cargaison étiquetée POME.

"Je mets au défi tout transformateur de POME ou de biocarburants à base de POME de publier ses volumes, ses sources et sa documentation, afin de permettre un examen public et indépendant", a-t-il déclaré.
https://www.connaissancedesenergies.org ... ant-260316

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