https://www.boursorama.com/actualite-ec ... fdf1e35d63Cuba : en plein blocus américain, Donald Trump incite La Havane à conclure un accord avec les États-Unis
Boursorama avec Media Services •17/02/2026
Les États-Unis ont contraint le Venezuela à cesser ses livraisons de pétrole et menacent les autres pays qui seraient tentés d'aider La Havane.
Cuba est une "nation en faillite" qui devrait passer un accord avec les États-Unis, a estimé lundi 16 février Donald Trump, qui a toutefois exclu une opération américaine visant à renverser le régime de La Havane.
"Cuba est actuellement une nation en faillite" , a déclaré le dirigeant américain aux journalistes à bord d'Air Force One pour rallier Washington.
Toutefois, interrogé sur l'hypothèse que les États-Unis puissent renverser le gouvernement cubain, comme ils l'ont fait début janvier en frappant le Venezuela et en capturant le président Nicolas Maduro début janvier, Donald Trump a répondu : "Je ne pense pas que cela soit nécessaire."
L'Etat insulaire est confronté à d'importantes pénuries de carburant et à des coupures d'électricité au moment où Donald Trump intensifie l'embargo américain sur le pays, en vigueur depuis des décennies, et fait pression sur d'autres pays pour qu'ils cessent d'envoyer du pétrole à La Havane.
"Menace humanitaire"
"C'est une menace humanitaire", a reconnu Donald Trump à propos des pénuries de carburant qui touchent Cuba.
Le pays communiste de 9,6 millions d'habitants est très vulnérable depuis la fin de l'approvisionnement en or noir par le Venezuela , sous la pression américaine, et les menaces de Washington de frapper de droits de douane tout pays lui vendant du pétrole.
La Havane a accusé la semaine dernière le président américain Donald Trump de vouloir "asphyxier" l'économie de l'île, où des mesures d'urgence, telles que le rationnement de l'essence, la semaine de quatre jours dans les administrations, le télétravail ou encore les cours universitaires à distance, sont en vigueur. La pénurie de carburant a également conduit les autorités sanitaires du pays à réduire le personnel présent dans les hôpitaux et suspendre les opérations chirurgicales non essentielles.
société post-pétrole : l'exemple imaginaire de Cuba
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https://www.connaissancedesenergies.org ... ant-260219Crise énergétique à Cuba : des entreprises privées tentent d'importer du carburant
Connaissance des Énergies avec AFP le 19 février 2026
Face à la très grave crise énergétique provoquée par les sanctions de Washington, des entreprises privées à Cuba tentent d'importer directement du carburant après que le gouvernement a accepté de mettre fin à son monopole en la matière.
La vente d'essence drastiquement rationnée
La crise du carburant, déjà chronique en raison du manque de devises du gouvernement communiste, s'est fortement aggravée depuis l'arrêt des livraisons de pétrole vénézuélien et des menaces de Washington de frapper de droits de douane tout pays lui vendant du pétrole.
Sur l'île de 9,6 millions d'habitants, la vente de diesel est désormais suspendue et celle d'essence est drastiquement rationnée. "Nous avons acheté un isotank", un conteneur utilisé pour transporter du diesel "par l'intermédiaire d'une entreprise publique d'importation" et "ils doivent me le livrer cette semaine", a déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, le propriétaire d'une entreprise privée qui prévoit d'importer près de 25 000 litres de diesel depuis les États-Unis.
Cette opération est réalisée sous une "licence bis" émise par le Bureau américain du contrôle des avoirs étrangers (OFAC), dépendant du Trésor, qui permet aux entrepreneurs privés de l'île d'importer certains produits, y compris du carburant.
Un impact sur les groupes électrogènes
Une source proche du dossier a confirmé à l'AFP que des entrepreneurs privés cubains cherchaient également à importer du diesel depuis des pays voisins de Cuba ou d'autres pays européens.
Ce type de licence de l'OFAC a été accordé il y a plusieurs années, mais le gouvernement cubain n'a autorisé l'importation privée de carburant que tout récemment face à la gravité de la crise.
Car si le brut produit à Cuba permet d'alimenter les centrales électriques du pays, l'île est totalement dépendante de ses importations pour le diesel et le GPL.
"Le diesel a un impact sur la production (d'électricité) décentralisée à travers les groupes électrogènes", mais aussi sur "le transport, l'agriculture et le secteur hydraulique", rappelle à l'AFP Jorge Piñón, chercheur à l'Institut de l'énergie à l'université du Texas.
Contrôle de sécurité
Début février, lors de l'annonce d'une batterie de mesures d'urgence pour économiser l'électricité et le carburant, le vice-Premier ministre Oscar Pérez-Oliva a aussi évoqué, sans plus de détails, une nouvelle disposition pour que "toute entreprise ayant la possibilité d'acquérir du carburant puisse en acheter".
L'entrepreneur interrogé par l'AFP a précisé que les autorités ne lui ont "pas fixé de limites" pour l'achat de carburant", mais qu'il ne peut pas le vendre à des tiers. Même si le risque de fuite vers le marché noir est réel.
La vente de carburant était jusque-là un monopole d'État à Cuba où le gouvernement, pris en étau entre l'embargo américain, les faiblesses structurelles de son économie centralisée et un mécontentement social, a déjà ouvert en 2021 certains secteurs aux petites et moyennes entreprises (mipymes).
En 2025, les quelque 9 700 entreprises privées du pays ont représenté 15% du PIB et emploient plus de 30% de la population active. Cette même année, les ventes au détail effectuées par le secteur privé ont dépassé pour la première fois l'offre de l'État, représentant 55% de ce commerce.
Pour l'heure, aucune institution officielle n'a cependant donné de détails sur les conditions auxquelles doivent être soumises les entreprises privées désirant importer du carburant.
Des contrôles de sécurité, validés par le corps des pompiers, doivent notamment être mis en place pour le stockage de ce carburant, a précisé l'entrepreneur interrogé par l'AFP. Mais "les institutions elles-mêmes ne sont pas capables de nous donner toutes les étapes avec clarté", déplore-t-il. Pour Oniel Diaz, consultant auprès d'entreprises privées, certains entrepreneurs "sont déjà à un stade très avancé dans le processus d'importation".
Mais il met en garde contre certains obstacles : "toutes les mipymes n'ont pas accès à des modes de paiements à l'étranger, toutes n'ont pas les connaissances ni la capacité de mettre en place la logistique nécessaire pour transporter ce type de produits", anticipant une concentration de cette activité entre les mains de "quelques centaines" d'entreprises.
Et surtout, la question des fournisseurs reste un point crucial. Ces derniers "devront défier ou assumer le risque de se heurter au gouvernement Trump et à sa politique d'entraver l'approvisionnement en pétrole du pays", souligne l'expert.