par energy_isere » 03 oct. 2026, 15:02
Batteries électriques : comment le Maroc s'impose dans la chaîne de valeur européenne de Volkswagen
Agence Ecofin 01 oct 2026
Au Maroc, l’industrie automobile est le premier employeur industriel et le premier secteur exportateur du pays. Cette dynamique repose sur des atouts qui continuent d’attirer les constructeurs étrangers vers de nouveaux projets.
Le constructeur automobile allemand Volkswagen, à travers sa filiale PowerCo SE, et le chinois Gotion High-Tech sont convenus de créer une coentreprise à Kénitra, au Maroc. Selon un communiqué publié le 28 septembre par le groupe, cette structure prévoit concrètement de construire une nouvelle unité de production destinée à fabriquer des matériaux cathodiques pour les batteries lithium-fer-phosphate (LFP).
Les batteries LFP sont des batteries lithium-ion rechargeables utilisées notamment dans les voitures électriques et les systèmes de stockage d’électricité. Elles sont notamment appréciées pour leur coût relativement faible, leur durée de vie élevée et leur robustesse. La future unité de Kénitra produira ainsi un composant essentiel des cellules de batteries LFP, situant le projet marocain en amont de leur fabrication.
Dans le cadre de ce nouveau partenariat, Gotion détiendra 51 % de la coentreprise, contre 49 % pour PowerCo.
Un cadre d’investissement plus vaste qui cible l’Europe
Le projet marocain s’inscrit dans un accord plus large prévoyant trois coentreprises entre les partenaires, dont deux seront basées en Europe. À Valence, en Espagne, une coentreprise est destinée à produire des cellules LFP, qui constituent le cœur des batteries LFP, tandis qu’à Šurany, en Slovaquie, une autre coentreprise est prévue pour exploiter une usine de cellules LFP de Gotion destinée aux véhicules électriques et au stockage d’énergie. À cela s’ajoute la coentreprise annoncée à Kénitra pour la production de matériaux cathodiques LFP.
Les partenaires veulent ainsi répartir les investissements et les responsabilités industrielles entre ces trois implantations. Pour les sites de Kénitra et Šurany, PowerCo prévoit d’apporter au total environ 470 millions d’euros d’ici 2030 afin d’acquérir ses participations de 49 %.
Derrière cette organisation se trouve un objectif plus large pour Volkswagen : constituer une chaîne d’approvisionnement régionale en batteries destinée au marché européen. Le groupe explique que son partenariat avec Gotion doit lui permettre de diversifier les sources d’approvisionnement en matériaux cathodiques, de renforcer la sécurité des approvisionnements et de consolider la compétitivité de l’industrie européenne des batteries.
Dans cette configuration, le Maroc, avec la future installation de Kénitra, se positionne sur un maillon en amont de la chaîne de valeur régionale des batteries que Volkswagen et Gotion cherchent à développer en Europe.
Une nouvelle brique dans l’écosystème marocain
La coentreprise dans laquelle s’implique Volkswagen au Maroc vient renforcer les activités du chinois Gotion dans le pays. Le groupe chinois porte déjà un projet de gigafactory intégrée de batteries LFP à Kénitra. Le projet couvre plusieurs étapes de la chaîne de fabrication, notamment la production de matériaux de cathode, d’électrodes, de cellules et de packs destinés aux véhicules électriques.
Plus largement, ces deux projets s’inscrivent dans un écosystème marocain des batteries qui s’est progressivement étoffé depuis quelques années. En mars 2024, le chinois BTR New Material Group a signé avec les autorités marocaines un accord pour investir 3 milliards de dirhams (308,5 millions USD) dans une usine de matériaux cathodiques à Tanger Tech, avec une capacité annoncée de 50 000 tonnes par an à terme. Quelques semaines plus tard, en mai 2024, Hailiang et Shinzoom ont annoncé à leur tour des investissements à Tanger Tech : le premier dans une usine de feuilles de cuivre destinées notamment aux batteries, le second dans une unité de matériaux d’anode. Le projet de Shinzoom a toutefois été réorienté en 2025 au profit d’un investissement à Oman.
La dynamique s’est également concrétisée à Jorf Lasfar, où COBCO, coentreprise entre le marocain Al Mada et le chinois CNGR Advanced Materials, a inauguré en juin 2025 sa première unité industrielle. Celle-ci dispose d’une capacité de 40 000 tonnes de précurseurs de cathodes NMC par an, tandis que le complexe prévoit à terme des capacités supplémentaires dans les précurseurs NMC, les matériaux cathodiques LFP, le raffinage de métaux et le recyclage des batteries.
Pris ensemble, ces projets témoignent de l’émergence au Maroc d’un écosystème couvrant plusieurs maillons de la chaîne de valeur des batteries, des matériaux cathodiques et des composants jusqu’aux cellules, aux packs et, à terme, au recyclage.
https://www.agenceecofin.com/actualites ... volkswagen
[quote] [b][size=110]Batteries électriques : comment le Maroc s'impose dans la chaîne de valeur européenne de Volkswagen[/size][/b]
Agence Ecofin 01 oct 2026
Au Maroc, l’industrie automobile est le premier employeur industriel et le premier secteur exportateur du pays. Cette dynamique repose sur des atouts qui continuent d’attirer les constructeurs étrangers vers de nouveaux projets.
Le constructeur automobile allemand Volkswagen, à travers sa filiale PowerCo SE, et le chinois Gotion High-Tech sont convenus de créer une coentreprise à Kénitra, au Maroc. Selon un communiqué publié le 28 septembre par le groupe, cette structure prévoit concrètement de construire une nouvelle unité de production destinée à fabriquer des matériaux cathodiques pour les batteries lithium-fer-phosphate (LFP).
Les batteries LFP sont des batteries lithium-ion rechargeables utilisées notamment dans les voitures électriques et les systèmes de stockage d’électricité. Elles sont notamment appréciées pour leur coût relativement faible, leur durée de vie élevée et leur robustesse. La future unité de Kénitra produira ainsi un composant essentiel des cellules de batteries LFP, situant le projet marocain en amont de leur fabrication.
Dans le cadre de ce nouveau partenariat, Gotion détiendra 51 % de la coentreprise, contre 49 % pour PowerCo.
[b]Un cadre d’investissement plus vaste qui cible l’Europe[/b]
Le projet marocain s’inscrit dans un accord plus large prévoyant trois coentreprises entre les partenaires, dont deux seront basées en Europe. À Valence, en Espagne, une coentreprise est destinée à produire des cellules LFP, qui constituent le cœur des batteries LFP, tandis qu’à Šurany, en Slovaquie, une autre coentreprise est prévue pour exploiter une usine de cellules LFP de Gotion destinée aux véhicules électriques et au stockage d’énergie. À cela s’ajoute la coentreprise annoncée à Kénitra pour la production de matériaux cathodiques LFP.
Les partenaires veulent ainsi répartir les investissements et les responsabilités industrielles entre ces trois implantations. Pour les sites de Kénitra et Šurany, PowerCo prévoit d’apporter au total environ 470 millions d’euros d’ici 2030 afin d’acquérir ses participations de 49 %.
Derrière cette organisation se trouve un objectif plus large pour Volkswagen : constituer une chaîne d’approvisionnement régionale en batteries destinée au marché européen. Le groupe explique que son partenariat avec Gotion doit lui permettre de diversifier les sources d’approvisionnement en matériaux cathodiques, de renforcer la sécurité des approvisionnements et de consolider la compétitivité de l’industrie européenne des batteries.
Dans cette configuration, le Maroc, avec la future installation de Kénitra, se positionne sur un maillon en amont de la chaîne de valeur régionale des batteries que Volkswagen et Gotion cherchent à développer en Europe.
[b]Une nouvelle brique dans l’écosystème marocain[/b]
La coentreprise dans laquelle s’implique Volkswagen au Maroc vient renforcer les activités du chinois Gotion dans le pays. Le groupe chinois porte déjà un projet de gigafactory intégrée de batteries LFP à Kénitra. Le projet couvre plusieurs étapes de la chaîne de fabrication, notamment la production de matériaux de cathode, d’électrodes, de cellules et de packs destinés aux véhicules électriques.
Plus largement, ces deux projets s’inscrivent dans un écosystème marocain des batteries qui s’est progressivement étoffé depuis quelques années. En mars 2024, le chinois BTR New Material Group a signé avec les autorités marocaines un accord pour investir 3 milliards de dirhams (308,5 millions USD) dans une usine de matériaux cathodiques à Tanger Tech, avec une capacité annoncée de 50 000 tonnes par an à terme. Quelques semaines plus tard, en mai 2024, Hailiang et Shinzoom ont annoncé à leur tour des investissements à Tanger Tech : le premier dans une usine de feuilles de cuivre destinées notamment aux batteries, le second dans une unité de matériaux d’anode. Le projet de Shinzoom a toutefois été réorienté en 2025 au profit d’un investissement à Oman.
La dynamique s’est également concrétisée à Jorf Lasfar, où COBCO, coentreprise entre le marocain Al Mada et le chinois CNGR Advanced Materials, a inauguré en juin 2025 sa première unité industrielle. Celle-ci dispose d’une capacité de 40 000 tonnes de précurseurs de cathodes NMC par an, tandis que le complexe prévoit à terme des capacités supplémentaires dans les précurseurs NMC, les matériaux cathodiques LFP, le raffinage de métaux et le recyclage des batteries.
Pris ensemble, ces projets témoignent de l’émergence au Maroc d’un écosystème couvrant plusieurs maillons de la chaîne de valeur des batteries, des matériaux cathodiques et des composants jusqu’aux cellules, aux packs et, à terme, au recyclage.
[/quote]
https://www.agenceecofin.com/actualites/0110-142037-batteries-electriques-comment-le-maroc-simpose-dans-la-chaine-de-valeur-europeenne-de-volkswagen