par energy_isere » 30 sept. 2026, 22:27
Les bus à hydrogène, "du gaspillage d’argent public" ? Après les grandes promesses, ces villes françaises déchantent
Présentés comme une solution d'avenir pour des transports décarbonés, les bus à hydrogène déployés à grand renfort d'argent public cumulent les déconvenues dans plusieurs villes.
Par Valentin Lebossé Publié le 29 sept. 2026
À l’arrêt forcé à Rouen (Seine-Maritime), en passe d’être abandonnés à Pau (Pyrénées-Atlantiques)… Les signaux d’alerte concernant les bus à hydrogène se multiplient en France, ces derniers mois.
Alors que des dizaines de millions d’euros ont été injectés par l’État et les collectivités dans cette solution de transport dite « propre », certains dénoncent un pari technologique perdu d’avance et un « gaspillage d’argent public ». Tour d’horizon de ces villes qui ont misé gros sur l’hydrogène et le regrettent (parfois) aujourd’hui.
Pionnière des bus à hydrogène, Pau fait machine arrière
Avec leur design futuriste, ils faisaient figure de pionniers. Lancés fin 2019 à Pau, par l’ancien maire François Bayrou, les Fébus avaient été inaugurés en grande pompe par le président de la République, Emmanuel Macron, début 2020. Présentés à l’époque comme une première mondiale, ces huit bus à haut niveau de service (BHNS), carburant à l’hydrogène, devaient incarner l’avenir des mobilités décarbonées.
Six ans plus tard, les Fébus roulent toujours dans la capitale béarnaise. Mais la nouvelle majorité compte les retirer progressivement du service. Arnaud Jacottin l’a annoncé le 3 août 2026 au micro d’Ici Béarn Bigorre. Joint par actu.fr, le président du syndicat de transports Pau Béarn Pyrénées Mobilités explique ce rétropédalage par une accumulation de difficultés.
D’abord, la faillite en 2024 du constructeur belge Van Hool, qui met en péril la maintenance des véhicules. « Nous ne sommes pas à l’abri d’une panne qui serait impossible à réparer, car nous n’aurions plus personne vers qui nous tourner », avance le maire divers gauche de Billère (Pyrénées-Atlantiques).
Ensuite, « les pannes successives » de la station de production d’hydrogène « vert », qui ont contraint la collectivité à « acheminer par camion de l’hydrogène issu de la filière pétrolière ». Un non-sens écologique et un surcoût pour les finances locales. Par ailleurs, « le fournisseur de la station a dénoncé le contrat de maintenance qu’il ne voulait plus assurer, sauf à multiplier le tarif par trois ou quatre », pointe Arnaud Jacottin.
Face à tant d’incertitudes, l’Agglomération de Pau « va abandonner l’hydrogène pour basculer sur l’électrique et l’hybride ». Le président du syndicat de transports chiffre à « plus de 8 millions d’euros » le remplacement anticipé des Fébus.
Flotte (quasiment) à l’arrêt à Rouen
Autre ville en difficulté avec ses bus à hydrogène : Rouen, où sur un parc de 14 exemplaires livrés en 2023, seulement quatre circulaient fin août 2026, révèle 76actu.
Confrontée comme Pau à la liquidation de Van Hool, la Métropole Rouen Normandie assure qu’« à ce stade, la disparition de l’entreprise n’a pas entraîné de perturbations majeures dans le fonctionnement du réseau de bus ».
En revanche, d’importants dysfonctionnements affectent la station de recharge en hydrogène. « Je ne sais même pas si elle a déjà fonctionné », s’interroge une source anonyme chez Transdev, délégataire du réseau rouennais. Pour ne rien arranger, McPhy, le fabricant de la station, a déposé le bilan en 2025. De quoi compliquer l’entretien de l’infrastructure. La Métropole tablait néanmoins sur une remise en service courant septembre.
Des flottes entières bloquées au dépôt faute de maintenance, c’est ce qu’ont récemment connu l’Agglomération d’Auxerre (Côte-d’Or) et le réseau Tadao (agglomérations de Lens-Liévin, Hénin-Carvin et Béthune-Bruay). En cause, les déboires financiers du groupe Safra, dernier constructeur français de bus à hydrogène repris par une société chinoise, qui « a stoppé son activité et dont les clients se retrouvent orphelins », note Bertrand Moreau, observateur indépendant du secteur des transports.
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https://actu.fr/planete/ecomobilite/les ... 38962.html
[quote][b] Les bus à hydrogène, "du gaspillage d’argent public" ? Après les grandes promesses, ces villes françaises déchantent[/b]
Présentés comme une solution d'avenir pour des transports décarbonés, les bus à hydrogène déployés à grand renfort d'argent public cumulent les déconvenues dans plusieurs villes.
Par Valentin Lebossé Publié le 29 sept. 2026
À l’arrêt forcé à Rouen (Seine-Maritime), en passe d’être abandonnés à Pau (Pyrénées-Atlantiques)… Les signaux d’alerte concernant les bus à hydrogène se multiplient en France, ces derniers mois.
Alors que des dizaines de millions d’euros ont été injectés par l’État et les collectivités dans cette solution de transport dite « propre », certains dénoncent un pari technologique perdu d’avance et un « gaspillage d’argent public ». Tour d’horizon de ces villes qui ont misé gros sur l’hydrogène et le regrettent (parfois) aujourd’hui.
[b]Pionnière des bus à hydrogène, Pau fait machine arrière[/b]
Avec leur design futuriste, ils faisaient figure de pionniers. Lancés fin 2019 à Pau, par l’ancien maire François Bayrou, les Fébus avaient été inaugurés en grande pompe par le président de la République, Emmanuel Macron, début 2020. Présentés à l’époque comme une première mondiale, ces huit bus à haut niveau de service (BHNS), carburant à l’hydrogène, devaient incarner l’avenir des mobilités décarbonées.
Six ans plus tard, les Fébus roulent toujours dans la capitale béarnaise. Mais la nouvelle majorité compte les retirer progressivement du service. Arnaud Jacottin l’a annoncé le 3 août 2026 au micro d’Ici Béarn Bigorre. Joint par actu.fr, le président du syndicat de transports Pau Béarn Pyrénées Mobilités explique ce rétropédalage par une accumulation de difficultés.
D’abord, la faillite en 2024 du constructeur belge Van Hool, qui met en péril la maintenance des véhicules. « Nous ne sommes pas à l’abri d’une panne qui serait impossible à réparer, car nous n’aurions plus personne vers qui nous tourner », avance le maire divers gauche de Billère (Pyrénées-Atlantiques).
Ensuite, « les pannes successives » de la station de production d’hydrogène « vert », qui ont contraint la collectivité à « acheminer par camion de l’hydrogène issu de la filière pétrolière ». Un non-sens écologique et un surcoût pour les finances locales. Par ailleurs, « le fournisseur de la station a dénoncé le contrat de maintenance qu’il ne voulait plus assurer, sauf à multiplier le tarif par trois ou quatre », pointe Arnaud Jacottin.
Face à tant d’incertitudes, l’Agglomération de Pau « va abandonner l’hydrogène pour basculer sur l’électrique et l’hybride ». Le président du syndicat de transports chiffre à « plus de 8 millions d’euros » le remplacement anticipé des Fébus.
[b]Flotte (quasiment) à l’arrêt à Rouen[/b]
Autre ville en difficulté avec ses bus à hydrogène : Rouen, où sur un parc de 14 exemplaires livrés en 2023, seulement quatre circulaient fin août 2026, révèle 76actu.
Confrontée comme Pau à la liquidation de Van Hool, la Métropole Rouen Normandie assure qu’« à ce stade, la disparition de l’entreprise n’a pas entraîné de perturbations majeures dans le fonctionnement du réseau de bus ».
En revanche, d’importants dysfonctionnements affectent la station de recharge en hydrogène. « Je ne sais même pas si elle a déjà fonctionné », s’interroge une source anonyme chez Transdev, délégataire du réseau rouennais. Pour ne rien arranger, McPhy, le fabricant de la station, a déposé le bilan en 2025. De quoi compliquer l’entretien de l’infrastructure. La Métropole tablait néanmoins sur une remise en service courant septembre.
Des flottes entières bloquées au dépôt faute de maintenance, c’est ce qu’ont récemment connu l’Agglomération d’Auxerre (Côte-d’Or) et le réseau Tadao (agglomérations de Lens-Liévin, Hénin-Carvin et Béthune-Bruay). En cause, les déboires financiers du groupe Safra, dernier constructeur français de bus à hydrogène repris par une société chinoise, qui « a stoppé son activité et dont les clients se retrouvent orphelins », note Bertrand Moreau, observateur indépendant du secteur des transports.
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https://actu.fr/planete/ecomobilite/les-bus-a-hydrogene-du-gaspillage-d-argent-public-apres-les-grandes-promesses-ces-villes-francaises-dechantent_64838962.html