par energy_isere » 26 juil. 2026, 11:58
Le CREA accuse Koulevi et Batoumi de contourner les sanctions pétrolières
AFP avec Connaissance des Énergies le 24 juillet 2026
D'après le CREA, Koulevi et Batoumi ont utilisé des failles des sanctions occidentales pour envoyer vers l'Europe des carburants intégrant du pétrole russe.
Deux ports géorgiens au centre des flux contestés
Le centre de recherche sur l'énergie et l'air pur (CREA), basé en Finlande, estime que les ports de Koulevi et Batoumi, sur la côte géorgienne de la mer Noire, ont exporté vers l'Union européenne et le Royaume-Uni pour 1,2 milliard d'euros de carburants raffinés suspectés de contenir du pétrole russe entre février 2023 et février 2026.
Cette période couvre les trois années suivant l'entrée en vigueur de l'interdiction européenne visant les produits pétroliers russes. Selon le CREA, les flux étudiés illustrent la persistance de circuits passant par des pays tiers, comme la Géorgie, qui ne participent pas aux sanctions occidentales contre Moscou.
Le mécanisme dénoncé porte sur des produits pétroliers issus de brut russe, transformés ou réexportés hors de Russie avant d'être livrés à des pays sanctionneurs. Le CREA considère que cette configuration a permis de contourner l'objectif des mesures européennes, destinées à réduire les revenus énergétiques russes depuis l'invasion de l'Ukraine.
Koulevi visé par le nouveau paquet européen
L'Union européenne a adopté jeudi le 21e paquet de sanctions contre la Russie. Le Conseil de l'UE a confirmé une interdiction de transaction, applicable dans six mois, visant une raffinerie géorgienne située à Koulevi, accusée de négocier et de traiter du pétrole russe.
D'après le rapport du CREA, qui s'appuie sur des données gouvernementales et sur le cabinet d'analyse énergétique Kpler, le port de Koulevi a expédié 1,46 million de tonnes de produits pétroliers vers l'Union européenne et les États-Unis. La valeur marchande associée à ces volumes est évaluée à 811 millions d'euros.
La raffinerie concernée est en service depuis octobre 2025. Le site intervient dans le raffinage pétrolier, étape au cours de laquelle le brut est transformé en carburants et autres produits utilisables, ce qui complique l'identification de l'origine du pétrole lorsque les cargaisons transitent par des pays tiers.
Le cadre européen a déjà été resserré au cours des derniers mois. Selon les textes de l'Union européenne, une interdiction d'importation de produits pétroliers obtenus à partir de brut russe transformé dans des pays hors UE est entrée en vigueur le 21 janvier 2026, avec des exemptions pour certains pays partenaires appliquant des mesures équivalentes.
Batoumi reste dans le viseur du CREA
Le CREA a aussi examiné les flux passant par le port de Batoumi. Entre février 2023 et février 2026, 79 % des importations maritimes de diesel de ce port provenaient de Russie, selon le rapport.
Sur la même période, les exportations de diesel depuis Batoumi vers l'Union européenne et le Royaume-Uni ont atteint 508 000 tonnes. Leur valeur est estimée à 339 millions d'euros par le centre de recherche.
Le Royaume-Uni représentait 44 % des importations des pays sanctionneurs de ce diesel transitant par Batoumi, selon le CREA. Les autres destinations identifiées étaient les Pays-Bas avec 20 %, le Danemark avec 19 %, la Suède avec 8 %, la Belgique avec 5 % et l'Italie avec 2 %.
« Les importations en provenance de Koulevi devraient cesser immédiatement, et l'UE doit désormais enquêter sur Batoumi, sous peine de se contenter de déplacer le même commerce un peu plus loin le long de la côte géorgienne », a déclaré Isaac Levi, analyste au CREA.
https://www.connaissancedesenergies.org ... ons-260724
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AFP avec Connaissance des Énergies le 24 juillet 2026
D'après le CREA, Koulevi et Batoumi ont utilisé des failles des sanctions occidentales pour envoyer vers l'Europe des carburants intégrant du pétrole russe.
[b]Deux ports géorgiens au centre des flux contestés[/b]
Le centre de recherche sur l'énergie et l'air pur (CREA), basé en Finlande, estime que les ports de Koulevi et Batoumi, sur la côte géorgienne de la mer Noire, ont exporté vers l'Union européenne et le Royaume-Uni pour 1,2 milliard d'euros de carburants raffinés suspectés de contenir du pétrole russe entre février 2023 et février 2026.
Cette période couvre les trois années suivant l'entrée en vigueur de l'interdiction européenne visant les produits pétroliers russes. Selon le CREA, les flux étudiés illustrent la persistance de circuits passant par des pays tiers, comme la Géorgie, qui ne participent pas aux sanctions occidentales contre Moscou.
Le mécanisme dénoncé porte sur des produits pétroliers issus de brut russe, transformés ou réexportés hors de Russie avant d'être livrés à des pays sanctionneurs. Le CREA considère que cette configuration a permis de contourner l'objectif des mesures européennes, destinées à réduire les revenus énergétiques russes depuis l'invasion de l'Ukraine.
[b]Koulevi visé par le nouveau paquet européen[/b]
L'Union européenne a adopté jeudi le 21e paquet de sanctions contre la Russie. Le Conseil de l'UE a confirmé une interdiction de transaction, applicable dans six mois, visant une raffinerie géorgienne située à Koulevi, accusée de négocier et de traiter du pétrole russe.
D'après le rapport du CREA, qui s'appuie sur des données gouvernementales et sur le cabinet d'analyse énergétique Kpler, le port de Koulevi a expédié 1,46 million de tonnes de produits pétroliers vers l'Union européenne et les États-Unis. La valeur marchande associée à ces volumes est évaluée à 811 millions d'euros.
La raffinerie concernée est en service depuis octobre 2025. Le site intervient dans le raffinage pétrolier, étape au cours de laquelle le brut est transformé en carburants et autres produits utilisables, ce qui complique l'identification de l'origine du pétrole lorsque les cargaisons transitent par des pays tiers.
Le cadre européen a déjà été resserré au cours des derniers mois. Selon les textes de l'Union européenne, une interdiction d'importation de produits pétroliers obtenus à partir de brut russe transformé dans des pays hors UE est entrée en vigueur le 21 janvier 2026, avec des exemptions pour certains pays partenaires appliquant des mesures équivalentes.
[b]Batoumi reste dans le viseur du CREA[/b]
Le CREA a aussi examiné les flux passant par le port de Batoumi. Entre février 2023 et février 2026, 79 % des importations maritimes de diesel de ce port provenaient de Russie, selon le rapport.
Sur la même période, les exportations de diesel depuis Batoumi vers l'Union européenne et le Royaume-Uni ont atteint 508 000 tonnes. Leur valeur est estimée à 339 millions d'euros par le centre de recherche.
Le Royaume-Uni représentait 44 % des importations des pays sanctionneurs de ce diesel transitant par Batoumi, selon le CREA. Les autres destinations identifiées étaient les Pays-Bas avec 20 %, le Danemark avec 19 %, la Suède avec 8 %, la Belgique avec 5 % et l'Italie avec 2 %.
« Les importations en provenance de Koulevi devraient cesser immédiatement, et l'UE doit désormais enquêter sur Batoumi, sous peine de se contenter de déplacer le même commerce un peu plus loin le long de la côte géorgienne », a déclaré Isaac Levi, analyste au CREA.
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https://www.connaissancedesenergies.org/afp/les-ports-georgiens-accuses-davoir-exporte-pour-12-milliard-deuros-de-produits-petroliers-russes-malgre-les-sanctions-260724