par energy_isere » Aujourd’hui, 10:05
Un front local conteste la ligne THT destinée à Fos-sur-Mer
AFP avec Connaissance des Énergies le 19 septembre 2026
Une alliance inhabituelle d'agriculteurs, d'écologistes, d'élus et de collectifs citoyens se réunit samedi soir à Arles contre une ligne THT en Camargue.
Une infrastructure de 65 km contestée sur son tracé
Le projet porté par RTE prévoit une ligne aérienne à deux circuits de 400 000 volts entre Jonquières-Saint-Vincent, dans le Gard, et le poste de Feuillane à Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône. L'ouvrage doit s'étendre sur environ 65 km et reposer sur quelque 145 pylônes hauts de 40 à 60 mètres, pour une mise en service visée autour de 2030.
Le tracé traverserait les vignobles des Costières de Nîmes, le Parc naturel régional de Camargue et la plaine de la Crau. Ses opposants mettent en avant les risques pour les oiseaux, dont plusieurs espèces menacées, ainsi que les effets possibles sur les exploitations viticoles, l'élevage, la riziculture et le tourisme.
Pour l'État, RTE et les industriels, cette liaison doit renforcer le réseau électrique régional et acheminer davantage d'électricité bas-carbone depuis la vallée du Rhône vers la zone industrialo-portuaire de Marseille-Fos. Selon l'avis de l'Autorité environnementale du 27 août 2026, qui reprend les données du dossier, les nouveaux besoins électriques liés notamment à Fos-sur-Mer atteindraient 4 000 à 5 000 MW dès 2030 et 7 000 MW à l'horizon 2040.
Les opposants visent l'enquête d'utilité publique
Le collectif THT 13/30, qui fédère 34 associations du pays d'Arles, du golfe de Fos et de la Terre d'Argence, présente le rassemblement au théâtre antique d'Arles comme celui « de la dernière chance ». Ses membres craignent que le préfet engage rapidement l'enquête préalable à la déclaration d'utilité publique, étape administrative susceptible d'ouvrir la voie aux travaux.
Gardians à cheval, manadiers, viticulteurs, gestionnaires d'espaces naturels, militants associatifs et élus doivent participer à la mobilisation, organisée pendant les Journées européennes du patrimoine. Le maire Horizons d'Arles Patrick de Carolis est annoncé, aux côtés d'élus allant du Rassemblement national à la gauche.
« Jamais un projet d'infrastructure n'avait suscité un tel front du refus », affirme Jean-Luc Moya, porte-parole du collectif THT 13/30. Les présidents des deux régions concernées, Renaud Muselier pour Provence-Alpes-Côte d'Azur et Carole Delga pour l'Occitanie, ont chacun écrit au préfet pour alerter contre un possible « passage en force ».
RTE défend un fuseau de moindre impact
La concertation menée depuis 2024, puis le débat public global organisé au printemps 2025, n'ont pas rapproché les positions. RTE affirme avoir retenu un tracé « de moindre impact », tandis que les opposants demandent au minimum un enfouissement partiel, solution jugée trop coûteuse et incompatible avec le calendrier industriel par les porteurs du projet.
L'Autorité environnementale a souligné que la ligne serait encore définie, au stade de la déclaration d'utilité publique, par une bande d'environ 100 mètres, l'emplacement des pylônes, des accès et des plateformes devant être précisé ensuite. Dans son avis du 27 août, elle estime que le coût, le délai ou la complexité ne suffisent pas à écarter une solution moins dommageable lorsque des sites Natura 2000 pourraient être affectés.
Le même avis évalue le coût de la seule ligne à environ 450 millions d'euros aux conditions économiques de 2026 et la durée du chantier à deux ans, sous réserve des contraintes écologiques et agricoles. RTE prévoit aussi des adaptations sur des lignes existantes, dont des enfouissements partiels de lignes à 225 000 volts à Jonquières et à La Fossette.
Le conflit mêle décarbonation industrielle et biodiversité
La zone de Fos-sur-Mer concentre des projets industriels fortement consommateurs d'électricité, liés à la décarbonation, à l'hydrogène, aux nouveaux procédés et à la réindustrialisation. La future ligne s'inscrit dans cette stratégie d'électrification, mais ses opposants contestent l'urgence invoquée et demandent une comparaison plus poussée avec d'autres scénarios techniques.
« Nous ne sommes pas contre l'énergie ou l'industrie », insiste Jean-Laurent Lucchesi, membre du collectif THT 13/30, qui réclame que l'État ouvre « une véritable négociation de fond avec les élus et les populations ». Les opposants annoncent des recours judiciaires si la procédure avance sans modification substantielle.
Certains militants évoquent déjà un possible « Notre-Dame de Camargue », en référence à la zone à défendre de Notre-Dame-des-Landes, si l'État confirme le tracé aérien et engage la déclaration d'utilité publique.
https://www.connaissancedesenergies.org ... tht-260919
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AFP avec Connaissance des Énergies le 19 septembre 2026
Une alliance inhabituelle d'agriculteurs, d'écologistes, d'élus et de collectifs citoyens se réunit samedi soir à Arles contre une ligne THT en Camargue.
[b]Une infrastructure de 65 km contestée sur son tracé[/b]
Le projet porté par RTE prévoit une ligne aérienne à deux circuits de 400 000 volts entre Jonquières-Saint-Vincent, dans le Gard, et le poste de Feuillane à Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône. L'ouvrage doit s'étendre sur environ 65 km et reposer sur quelque 145 pylônes hauts de 40 à 60 mètres, pour une mise en service visée autour de 2030.
Le tracé traverserait les vignobles des Costières de Nîmes, le Parc naturel régional de Camargue et la plaine de la Crau. Ses opposants mettent en avant les risques pour les oiseaux, dont plusieurs espèces menacées, ainsi que les effets possibles sur les exploitations viticoles, l'élevage, la riziculture et le tourisme.
Pour l'État, RTE et les industriels, cette liaison doit renforcer le réseau électrique régional et acheminer davantage d'électricité bas-carbone depuis la vallée du Rhône vers la zone industrialo-portuaire de Marseille-Fos. Selon l'avis de l'Autorité environnementale du 27 août 2026, qui reprend les données du dossier, les nouveaux besoins électriques liés notamment à Fos-sur-Mer atteindraient 4 000 à 5 000 MW dès 2030 et 7 000 MW à l'horizon 2040.
[b]Les opposants visent l'enquête d'utilité publique[/b]
Le collectif THT 13/30, qui fédère 34 associations du pays d'Arles, du golfe de Fos et de la Terre d'Argence, présente le rassemblement au théâtre antique d'Arles comme celui « de la dernière chance ». Ses membres craignent que le préfet engage rapidement l'enquête préalable à la déclaration d'utilité publique, étape administrative susceptible d'ouvrir la voie aux travaux.
Gardians à cheval, manadiers, viticulteurs, gestionnaires d'espaces naturels, militants associatifs et élus doivent participer à la mobilisation, organisée pendant les Journées européennes du patrimoine. Le maire Horizons d'Arles Patrick de Carolis est annoncé, aux côtés d'élus allant du Rassemblement national à la gauche.
« Jamais un projet d'infrastructure n'avait suscité un tel front du refus », affirme Jean-Luc Moya, porte-parole du collectif THT 13/30. Les présidents des deux régions concernées, Renaud Muselier pour Provence-Alpes-Côte d'Azur et Carole Delga pour l'Occitanie, ont chacun écrit au préfet pour alerter contre un possible « passage en force ».
[b]RTE défend un fuseau de moindre impact[/b]
La concertation menée depuis 2024, puis le débat public global organisé au printemps 2025, n'ont pas rapproché les positions. RTE affirme avoir retenu un tracé « de moindre impact », tandis que les opposants demandent au minimum un enfouissement partiel, solution jugée trop coûteuse et incompatible avec le calendrier industriel par les porteurs du projet.
L'Autorité environnementale a souligné que la ligne serait encore définie, au stade de la déclaration d'utilité publique, par une bande d'environ 100 mètres, l'emplacement des pylônes, des accès et des plateformes devant être précisé ensuite. Dans son avis du 27 août, elle estime que le coût, le délai ou la complexité ne suffisent pas à écarter une solution moins dommageable lorsque des sites Natura 2000 pourraient être affectés.
Le même avis évalue le coût de la seule ligne à environ 450 millions d'euros aux conditions économiques de 2026 et la durée du chantier à deux ans, sous réserve des contraintes écologiques et agricoles. RTE prévoit aussi des adaptations sur des lignes existantes, dont des enfouissements partiels de lignes à 225 000 volts à Jonquières et à La Fossette.
[b]Le conflit mêle décarbonation industrielle et biodiversité[/b]
La zone de Fos-sur-Mer concentre des projets industriels fortement consommateurs d'électricité, liés à la décarbonation, à l'hydrogène, aux nouveaux procédés et à la réindustrialisation. La future ligne s'inscrit dans cette stratégie d'électrification, mais ses opposants contestent l'urgence invoquée et demandent une comparaison plus poussée avec d'autres scénarios techniques.
« Nous ne sommes pas contre l'énergie ou l'industrie », insiste Jean-Laurent Lucchesi, membre du collectif THT 13/30, qui réclame que l'État ouvre « une véritable négociation de fond avec les élus et les populations ». Les opposants annoncent des recours judiciaires si la procédure avance sans modification substantielle.
Certains militants évoquent déjà un possible « Notre-Dame de Camargue », en référence à la zone à défendre de Notre-Dame-des-Landes, si l'État confirme le tracé aérien et engage la déclaration d'utilité publique.
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https://www.connaissancedesenergies.org/afp/un-front-du-refus-inedit-mobilise-a-arles-contre-une-ligne-aerienne-tht-260919