par energy_isere » 29 juil. 2026, 11:05
Ce géant des mers est un casse-tête à 1 milliard pour les États-Unis : démolir le Nimitz prendra des décennies et ce n’est que le premier sur dix
le 28/07/2026 Said LARIBI
Le légendaire porte-avions américain USS Nimitz part à la retraite, et sa mise hors service coûtera à elle seule environ 520 millions d’euros.
Mais ce n’est que le début, car on ne démolit pas un navire à propulsion nucléaire comme un vulgaire cargo. Le chantier complet s’étalera sur des années, voire des décennies. Construire un porte-avions coûte des milliards. Le mettre à la casse aussi, on l’oublie souvent. Surtout quand deux réacteurs nucléaires sommeillent dans ses entrailles. L’US Navy s’attaque à ce chantier titanesque, et la note s’annonce salée.
Une facture de départ à 520 millions
Le navire est rentré à son port d’attache final début juillet, après un ultime déploiement de quatre mois avec près de 3 000 marins à bord. Détail qui en dit long sur sa taille, trop imposant pour franchir le canal de Panama, il a dû rejoindre sa nouvelle base en contournant tout le continent sud-américain par le cap Horn. Son retrait officiel du service est prévu pour mars 2027. Et le budget prévisionnel de la marine américaine a chiffré la première étape : environ 520 millions d’euros rien que pour la mise hors service. Attention, cette somme ne couvre pas la démolition complète. Elle finance uniquement la phase d’ouverture, à savoir éteindre les systèmes, retirer les équipements, vidanger les fluides, sécuriser les zones sensibles et préparer les réacteurs à leur déchargement. Autant dire le tout début d’un très long processus.
Un porte-avions classique peut filer directement vers un chantier de démolition une fois vidé de son carburant, de ses armes et de ses matières dangereuses. Mais celui-ci embarque deux réacteurs nucléaires. Il exige donc des ouvriers spécialement qualifiés, un transport sécurisé du combustible usé, des contrôles radiologiques stricts et une méthode d’élimination approuvée. Rien à voir avec de la simple ferraille.
Vider le navire avant de le découper
Que se passe-t-il concrètement avant la découpe ? Un travail de fourmi. Avant que les démolisseurs ne touchent à la coque, marins et sous-traitants doivent tout retirer. Les armes, l’équipement aéronautique, les pièces détachées, l’électronique, mais aussi les documents classifiés et tous les composants qui pourraient resservir sur d’autres porte-avions. Les systèmes sont mis hors tension et vidangés. Les espaces contenant de l’amiante, du plomb ou d’autres substances toxiques réclament un traitement contrôlé. Cette phase de désarmement transforme un navire de guerre opérationnel en une coque sûre et administrativement retirée. L’équipage s’efface peu à peu, remplacé par les ouvriers du chantier. À elle seule, cette étape demande déjà plusieurs années.
Le casse-tête des réacteurs nucléaires
Vient ensuite le cœur du problème, au sens propre. Les cœurs des réacteurs doivent être extraits sous le contrôle strict des autorités nucléaires de la marine, au chantier de Newport News, en Virginie. Depuis 2016, le combustible usé des porte-avions est chargé dans des conteneurs ferroviaires spéciaux, puis acheminé vers une installation dédiée dans l’Idaho. Mais attention, retirer le combustible arrête bien la réaction en chaîne, sans pour autant rendre le reste inoffensif. Une radioactivité résiduelle subsiste dans les tuyauteries, les blindages et jusque dans le métal de la structure. Il faut alors découper les câbles et conduites, sceller chaque ouverture, vidanger les derniers liquides et construire des caissons de confinement en acier. Un travail de précision extrême.
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https://www.forum-militaire.fr/ce-geant ... r-sur-dix/
[quote][b]Ce géant des mers est un casse-tête à 1 milliard pour les États-Unis : démolir le Nimitz prendra des décennies et ce n’est que le premier sur dix[/b]
le 28/07/2026 Said LARIBI
Le légendaire porte-avions américain USS Nimitz part à la retraite, et sa mise hors service coûtera à elle seule environ 520 millions d’euros.
Mais ce n’est que le début, car on ne démolit pas un navire à propulsion nucléaire comme un vulgaire cargo. Le chantier complet s’étalera sur des années, voire des décennies. Construire un porte-avions coûte des milliards. Le mettre à la casse aussi, on l’oublie souvent. Surtout quand deux réacteurs nucléaires sommeillent dans ses entrailles. L’US Navy s’attaque à ce chantier titanesque, et la note s’annonce salée.
Une facture de départ à 520 millions
Le navire est rentré à son port d’attache final début juillet, après un ultime déploiement de quatre mois avec près de 3 000 marins à bord. Détail qui en dit long sur sa taille, trop imposant pour franchir le canal de Panama, il a dû rejoindre sa nouvelle base en contournant tout le continent sud-américain par le cap Horn. Son retrait officiel du service est prévu pour mars 2027. Et le budget prévisionnel de la marine américaine a chiffré la première étape : environ 520 millions d’euros rien que pour la mise hors service. Attention, cette somme ne couvre pas la démolition complète. Elle finance uniquement la phase d’ouverture, à savoir éteindre les systèmes, retirer les équipements, vidanger les fluides, sécuriser les zones sensibles et préparer les réacteurs à leur déchargement. Autant dire le tout début d’un très long processus.
Un porte-avions classique peut filer directement vers un chantier de démolition une fois vidé de son carburant, de ses armes et de ses matières dangereuses. Mais celui-ci embarque deux réacteurs nucléaires. Il exige donc des ouvriers spécialement qualifiés, un transport sécurisé du combustible usé, des contrôles radiologiques stricts et une méthode d’élimination approuvée. Rien à voir avec de la simple ferraille.
Vider le navire avant de le découper
Que se passe-t-il concrètement avant la découpe ? Un travail de fourmi. Avant que les démolisseurs ne touchent à la coque, marins et sous-traitants doivent tout retirer. Les armes, l’équipement aéronautique, les pièces détachées, l’électronique, mais aussi les documents classifiés et tous les composants qui pourraient resservir sur d’autres porte-avions. Les systèmes sont mis hors tension et vidangés. Les espaces contenant de l’amiante, du plomb ou d’autres substances toxiques réclament un traitement contrôlé. Cette phase de désarmement transforme un navire de guerre opérationnel en une coque sûre et administrativement retirée. L’équipage s’efface peu à peu, remplacé par les ouvriers du chantier. À elle seule, cette étape demande déjà plusieurs années.
Le casse-tête des réacteurs nucléaires
Vient ensuite le cœur du problème, au sens propre. Les cœurs des réacteurs doivent être extraits sous le contrôle strict des autorités nucléaires de la marine, au chantier de Newport News, en Virginie. Depuis 2016, le combustible usé des porte-avions est chargé dans des conteneurs ferroviaires spéciaux, puis acheminé vers une installation dédiée dans l’Idaho. Mais attention, retirer le combustible arrête bien la réaction en chaîne, sans pour autant rendre le reste inoffensif. Une radioactivité résiduelle subsiste dans les tuyauteries, les blindages et jusque dans le métal de la structure. Il faut alors découper les câbles et conduites, sceller chaque ouverture, vidanger les derniers liquides et construire des caissons de confinement en acier. Un travail de précision extrême.
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https://www.forum-militaire.fr/ce-geant-des-mers-est-un-casse-tete-a-1-milliard-pour-les-etats-unis-demolir-le-nimitz-prendra-des-decennies-et-ce-nest-que-le-premier-sur-dix/