par energy_isere » 30 mai 2026, 17:26
Nigeria : derrière l’offensive gazière, le retour stratégique de l’hydroélectricité
Agence Ecofin 29 mai 2026
Longtemps marqué par une dépendance au gaz et des contraintes de réseau, le système énergétique nigérian évolue vers une recomposition progressive de ses sources de production afin de soutenir ses ambitions d’industrialisation et de stabilisation du réseau électrique.
Le 27 mai, le Nigeria a signé un accord de concession de 1,5 milliard de dollars avec le développeur de projets hydroélectriques Maverick Energy pour le développement du projet de Grand Katsina-Ala, une centrale de 460 MW située dans l’État de Benue. Structuré sous un modèle de partenariat public-privé sur 35 ans, le projet prévoit la construction, le financement, l’exploitation puis le transfert de l’infrastructure (DFBOT) à l’État nigérian.
Avec une production annuelle estimée à environ 2 401 GWh, il figure parmi les plus importants projets hydroélectriques récents du pays et marque une nouvelle étape dans la mobilisation du potentiel hydraulique nigérian.
Au-delà de ses caractéristiques techniques, le projet s’inscrit dans une logique de développement territorial. L’État de Benue, considéré comme l’un des principaux bassins agricoles du Nigeria, devrait bénéficier directement de cette nouvelle capacité électrique, notamment à travers le renforcement de l’irrigation, le développement de l’agro-industrie et l’amélioration des infrastructures de transformation.
Ce projet intervient dans un contexte où le système électrique nigérian reste fortement contraint. La production effective du pays tourne autour de 4 300 MW, loin des capacités installées, en raison notamment de problèmes d’approvisionnement en combustible, de fragilités du réseau et de pertes techniques importantes.
Le gaz, pilier central de la stratégie énergétique nigériane
Cette dynamique hydroélectrique s’insère toutefois dans une stratégie énergétique beaucoup plus large, dominée par le gaz naturel. Le Nigeria vise, à travers le Gas Master Plan 2026, environ 60 milliards de dollars d’investissements d’ici 2030 sur l’ensemble de la chaîne de valeur gazière.
Le programme ambitionne de faire du gaz le moteur central de l’industrialisation, de la sécurité énergétique et de la croissance économique, avec un objectif de production porté à 10 milliards de pieds cubes par jour d’ici 2027, puis 12 milliards d’ici 2030. Cette ambition s’appuie sur une série de projets structurants destinés à lever les contraintes historiques du secteur. Le gazoduc Ajaokuta-Kaduna-Kano (AKK), long de 614 km, doit relier les bassins gaziers du sud aux centres industriels du centre et du nord du pays.
Le pipeline OB3, de son côté, doit contribuer à renforcer l’interconnexion du réseau national et à sécuriser les flux vers les zones de consommation. Ensemble, ces infrastructures visent à réduire le déficit de transport de gaz qui limite aujourd’hui la production électrique du pays.
Car malgré l’abondance des ressources, plus de 200 trillions de pieds cubes de réserves prouvées, le Nigeria fait face à un paradoxe structurel : une partie importante de son potentiel gazier reste sous-exploitée, tandis que l’approvisionnement des centrales électriques demeure insuffisant.
Vers un modèle énergétique hybride
Dans ce contexte, la complémentarité entre gaz et hydroélectricité apparaît de plus en plus comme une réponse pragmatique. Le gaz constitue le pilier de la stratégie industrielle et exportatrice, tandis que l’hydroélectricité apporte une capacité de stabilisation du système électrique et de sécurisation de la production de base.
Reste toutefois la question de l’exécution. Malgré l’ampleur des investissements annoncés, le Nigeria devra encore surmonter des contraintes d’infrastructures, de financement et de gouvernance qui freinent depuis longtemps le développement du secteur énergétique.
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[quote] [b][size=110]Nigeria : derrière l’offensive gazière, le retour stratégique de l’hydroélectricité[/size][/b]
Agence Ecofin 29 mai 2026
Longtemps marqué par une dépendance au gaz et des contraintes de réseau, le système énergétique nigérian évolue vers une recomposition progressive de ses sources de production afin de soutenir ses ambitions d’industrialisation et de stabilisation du réseau électrique.
Le 27 mai, le Nigeria a signé un accord de concession de 1,5 milliard de dollars avec le développeur de projets hydroélectriques Maverick Energy pour le développement du projet de Grand Katsina-Ala, [color=#FF0000]une centrale de 460 MW[/color] située dans l’État de Benue. Structuré sous un modèle de partenariat public-privé sur 35 ans, le projet prévoit la construction, le financement, l’exploitation puis le transfert de l’infrastructure (DFBOT) à l’État nigérian.
Avec une production annuelle estimée à environ 2 401 GWh, il figure parmi les plus importants projets hydroélectriques récents du pays et marque une nouvelle étape dans la mobilisation du potentiel hydraulique nigérian.
Au-delà de ses caractéristiques techniques, le projet s’inscrit dans une logique de développement territorial. L’État de Benue, considéré comme l’un des principaux bassins agricoles du Nigeria, devrait bénéficier directement de cette nouvelle capacité électrique, notamment à travers le renforcement de l’irrigation, le développement de l’agro-industrie et l’amélioration des infrastructures de transformation.
Ce projet intervient dans un contexte où le système électrique nigérian reste fortement contraint. La production effective du pays tourne autour de 4 300 MW, loin des capacités installées, en raison notamment de problèmes d’approvisionnement en combustible, de fragilités du réseau et de pertes techniques importantes.
[b]Le gaz, pilier central de la stratégie énergétique nigériane[/b]
Cette dynamique hydroélectrique s’insère toutefois dans une stratégie énergétique beaucoup plus large, dominée par le gaz naturel. Le Nigeria vise, à travers le Gas Master Plan 2026, environ 60 milliards de dollars d’investissements d’ici 2030 sur l’ensemble de la chaîne de valeur gazière.
Le programme ambitionne de faire du gaz le moteur central de l’industrialisation, de la sécurité énergétique et de la croissance économique, avec un objectif de production porté à 10 milliards de pieds cubes par jour d’ici 2027, puis 12 milliards d’ici 2030. Cette ambition s’appuie sur une série de projets structurants destinés à lever les contraintes historiques du secteur. Le gazoduc Ajaokuta-Kaduna-Kano (AKK), long de 614 km, doit relier les bassins gaziers du sud aux centres industriels du centre et du nord du pays.
Le pipeline OB3, de son côté, doit contribuer à renforcer l’interconnexion du réseau national et à sécuriser les flux vers les zones de consommation. Ensemble, ces infrastructures visent à réduire le déficit de transport de gaz qui limite aujourd’hui la production électrique du pays.
Car malgré l’abondance des ressources, plus de 200 trillions de pieds cubes de réserves prouvées, le Nigeria fait face à un paradoxe structurel : une partie importante de son potentiel gazier reste sous-exploitée, tandis que l’approvisionnement des centrales électriques demeure insuffisant.
[b]Vers un modèle énergétique hybride[/b]
Dans ce contexte, la complémentarité entre gaz et hydroélectricité apparaît de plus en plus comme une réponse pragmatique. Le gaz constitue le pilier de la stratégie industrielle et exportatrice, tandis que l’hydroélectricité apporte une capacité de stabilisation du système électrique et de sécurisation de la production de base.
Reste toutefois la question de l’exécution. Malgré l’ampleur des investissements annoncés, le Nigeria devra encore surmonter des contraintes d’infrastructures, de financement et de gouvernance qui freinent depuis longtemps le développement du secteur énergétique.
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