nemo a écrit : 04 juin 2023, 00:53
Jeudi a écrit : 03 juin 2023, 23:27
Il y a plusieurs choses plus que pertinentes et sur lesquelles il y aurait moyen de s’entendre, mais j’ai du mal à situer la frontière de ce que tu crois vraiment et ce qui tient de l’exagération plus ou moins militante. Par exemple si je prend au pied de la lettre que nous ne pouvons pas interdire ou limiter les activités économiques socialement indésirables, comment expliques-tu l’abolition de l’esclavage aux USA, les efforts chinois de limiter leur pollution, la diminution de la déforestation sous Lula, etc?
Je fais pas une description précise je décris un panorama.
Tout d'abord la société est une chose complexe par exemple modernité et capitalisme ne se recouvre pas, certains aspect de la modernité viennent se mettre en travers du capitalisme. En plus l'Allemagne nazi était capitaliste et il est bien évident qu'il y a des différences avec la Suède actuelle tout aussi capitaliste. Donc il y a bien des degrés et des différences dans la façon dont le capitalisme existe. A ça s'ajoute que la société est traversé par bien des contradictions dont certaine viennent limiter le capitalisme. Religion, culture, survivance des époques prémodernes, le paradigme post moderne... tout ça vient rendre le mixe ultra complexe.
Un autre type de contradictions ce sont les luttes : la fameuse dialectique marxienne. Les classes populaires se sont pas laissés faire et par ces contradictions des changements se sont opérés.
Ce qui me fait insister sur un capitalisme sans limite c'est pas qu'il soit effectivement sans limite c'est que :
1) il est entrain de passer certaines limites qui lui avait été poser à d'autres époques chez nous.
2) il est effectivement quasi sans limite sous certains cieux (genre le Congo)
3) sa plasticité et sa capacité d'adaptation et son caractère transnational lui permettent de contourner les limites qu'on lui met quand on regarde globalement (loi sociale et écologique contourné par la délocalisation par exemple).
4) son entrisme dans l'état fait qu'il devient très difficile de lui faire respecter les limites qui lui ont été posés jusque là sans parler de lui en imposer de nouvelles.
5) le capitalisme post-moderne est aussi entrain de "conquérir" des domaines dont diverses forces et limites techniques l'avaient exclu jusque là. Or "l'invasion" de ces domaines qui étaient hors de la logique marchande jusqu'à relativement récemment sont entrain de créer la fameuse anomie dont on avait parler sur un autre fil. Une déshumanisation catastrophique dont les dégâts humain, culturel et sociaux sont très difficile à évaluer.
Bon ce point est sans doute à relativiser mais il y a tout de même de quoi être inquiet.
Jeudi a écrit : 03 juin 2023, 23:27
A moins que tu penses que ce sont des améliorations temporaires?
Cela dépend d'un rapport de force et des tendances autres qui traversent la société et y compris les capitalistes. Surtout le "diviser pour régner" à comme effet de permettre au capitalisme de créer des catégories d'humains pour lesquels aucunes limites ou presque n'est respecté. Le danger que des "catégories" s'étendent à nos contrées et à une partie plus ou moins importante des nationaux est avérés. Avec le néofascisme rampant une bascule importante est pas à exclure. Parce que si je pense que l'extrême centre va forcément s'effondrer le capitaliste moyen à tendance à préférer le fascisme à un changement social vu comme trop défavorable.
Je rappelle aussi que le temps presse. L'entêtement d'un grand nombre de capitalistes rends malheureusement beaucoup de propositions "raisonnables" impraticables. Donc si je n'exclu pas des reculs sous le coup de réformateurs raisonnables d'une part ça risque d'être "trop peu, trop tard" d'autre part ce sera forcément temporaires et dépendant d'un rapport de force à maintenir contre les "après moi le déluge".
Toutes ces limites peuvent être temporaire parce que le ressort fondamental est une accumulation sans limite. Je suis fermement convaincu que seul un changement de paradigme qui évacue cet aspect peut durablement limité le capitalisme et au de là l'hubris moderne.