Silenius a écrit : 02 janv. 2025, 21:35
Heures creuses oui, mais quid des jours creux, voir semaines creuses (disponibilite locale de l'elec) ?
Le réseau élec fera face, en partie avec les échanges frontaliers (il est rare que la pénurie soit sur tout le continent en même temps), les stocks hydrauliques, des incitations à réduire la conso , et des appoints fossiles qui continueraient d'être maintenus mais devraient rester très marginals, précisément en ne fonctionnant que quelques semaines par an.
sauf que si tout le monde charge sa voiture à ce moment là, ça ne sera plus des heures creuses ...
alors faisons quelques calculs.
Prennons 30 millions de véhicules qui font 30 km par jour en moyenne. ça requiert 135 000 000 kWh/jour à 15kWh/100 km
Considérons que la charge n'est pas contrainte pour 80%, que 80% de cette charge se fait sur les 8h d'heure creuse , ça fait 13GW. Ce qui est une hausse importante de la conso.
Sinon lissé sur la journée c'est 6GW. Le réseau actuel pourrait encaisser.
Les variations météo, ce n'est pas un problème en été car une production important est garantie chaque jour par le solaire, mais en hiver il peut y avoir des périodes assez longues sans vent.
Rte considère qu'en 2050 quasi toute la mobilité sera électrique, il y a un graphique montant la part de la mobilité en bas de la page 38 du rapport sur les futurs énergétique 2050
https://www.rte-france.com/analyses-ten ... ergetiques
à vue de nez, on retrouve à peu près 6GW en moyenne je pense. (en supposant que ça ne comprend pas le transport de marchandise)
Cependant tel que le système de transport est prévu (et je ne parierai pas là dessus), dans la continuité de ce qui se fait, tout le monde aurait sa bagnole trop lourde pour faire ses trajets quotidien, avec 200km d'autonomie de batterie (au moins) alors qu'il ne se sert que de 30-40 km...bref, il y a 5 fois trop de capacité, de quoi tenir 5 jours en attendant le prochain coup de vent. Ou le rallumage des centrales à charbon.
Ce qui pose problème dès aujourd'hui, et continuera à l'avenir, sans changement des pratiques dans le domaine, c'est pas la mobilité électrique, c'est le chauffage électrique, étant donnée que les semaines froides sont parfois très nuageuses et surtout peu venteuses
(même sans nuages, on peut peu compter sur le solaire en hiver)
De toute façon, s'il n'y a pas assez de ressources métalliques pour faire tout le système de production électrique et de stockages, on s'organisera autrement et on y arrivera bien sans mourir de faim.
Aujourd'hui la fonction utilitaire de la voiture est marginale. Il y a 1500 euros de pub par voiture neuve vendu. A l'inverse, un besoin évident , c'est d'avoir un toit, pas besoin de pub pour le faire comprendre. Je ne pense pas qu'il y ait de tels moyen publicitaire pour vendre le produit du travail des maçons et des couvreurs. J'ai rien vu de tel. La bagnole, il faut faire entrer très fort dans la tête l'idée d'en avoir une, et une grosse, avec des flopées de pubs sur tous les médias qui montrent des voitures qui glissent sur des routes vides entourées de magnifiques paysages, ce qui n'a rien à voir avec le réel (les gens sont coincés dans les bouchons, ou sont sur des autoroutes sans intérêt).
Ajoutons donc que sur 5 places, 1,6 sont utilisés en moyenne : c'est 3 trois trop gros. Mais se déplace avec une mini-voiture, on a l'air bêtes, et surtout fragiles entourés des monstres.
Donc, il y a d'énormes marges de réduction de consommation pour assurer la mobilité, marges qu'on mettra en oeuvre selon les nécessités.