En milliers de tonnes :

celle de l' an dernier : http://www.oleocene.org/phpBB3/viewtopi ... 0#p2385050
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https://www.rfi.fr/fr/podcasts/chroniqu ... an%C3%A8seAfrique du Sud: un nouveau terminal va voir le jour pour doper les exportations de manganèse
RFI le : 09/03/2026 Par : Alexis Bedu
L'Afrique du Sud passe à la vitesse supérieure sur l'exportation de son manganèse. C'est le premier fournisseur mondial de ce minerai, essentiel pour la sidérurgie, notamment pour traiter et renforcer l'acier. Et il y a quelques jours, le consortium des producteurs de manganèse sud-africains a annoncé son intention de s'associer à la construction d'un nouveau gigantesque terminal d'exportation.
Le terminal portuaire aura une capacité d'exportation de 16 millions de tonnes de manganèse par an et devrait améliorer la logistique, aujourd'hui talon d'Achille du réseau portuaire sud-africain. Transnet, l'opérateur public des ports et chemins de fer, noue d'ailleurs des partenariats stratégiques pour régler ces problèmes d'efficacité logistique. Le dernier en date remonte à février avec Anvers-Bruges, le deuxième port européen.
Actuellement, le plus important terminal de manganèse en vrac du pays est à Gqeberha, anciennement Port Elizabeth, sur la côte sud-est. Il traite environ 5,5 millions de tonnes par an, mais il doit être démantelé. La raison : trop de nuisances environnementales et sanitaires liées aux poussières de minerai dispersées par le vent depuis les stocks à ciel ouvert.
Un projet mené par Transnet avec l'appui de groupes privés
C'est donc à une vingtaine de kilomètres du port de Ngqura que devrait se construire ce nouveau terminal trois fois plus grand. L'opérateur public de fret ferroviaire et portuaire lancera un appel d'offres en avril pour ce terminal d'exportation.
Longtemps confronté à des problèmes de gouvernance et de corruption, Transnet ouvre certaines parties de son réseau aux entreprises privées. Avec toujours cet objectif de restaurer ses capacités qui ont fortement diminué ces dernières années et qui ont freiné les exportations de minerais. C'est particulièrement le cas du fer. L'Afrique du Sud a d'ailleurs perdu sa place de troisième exportateur mondial au profit du Canada, il y a deux ans.
Le manganèse est un minerai stratégique pour l'Afrique du Sud
Ce minerai est un pilier important du commerce extérieur sud-africain. Le pays représente à lui seul environ 40% des exportations mondiales. L'année dernière, l'Afrique du Sud a même atteint un niveau record d'exportations, avec près de 26 millions de tonnes de minerai de manganèse expédiées à l'étranger, selon les estimations de la principale organisation professionnelle du secteur minier du pays.
Les exportations sud-africains vont principalement vers la Chine, très gourmande en manganèse, lequel est indispensable à la fabrication de l'acier.

https://www.agenceecofin.com/actualites ... -africainsManganèse : le Botswana prépare son entrée dans le cercle des producteurs africains
Agence Ecofin 29 mai 2025
Le manganèse est un métal gris argenté principalement utilisé dans la sidérurgie pour renforcer la résistance de l’acier, mais aussi de plus en plus sollicité dans certains procédés chimiques pour batteries. L’Afrique domine largement sa production mondiale, portée par l’Afrique du Sud et le Gabon.
La compagnie canadienne Giyani Metals a publié le jeudi 28 mai l’étude de faisabilité définitive (DFS) de son projet de manganèse K.Hill au Botswana. Le document, qui confirme la viabilité de l’exploitation de cette future mine sur une durée de vie estimée à 25 ans, ouvre la voie à la phase de construction et positionne le pays d’Afrique australe comme un futur producteur de ce métal de plus en plus stratégique.
Consolider une offre déjà dominante
Métal gris argenté essentiel dans la sidérurgie, qui concentre plus de 90 % de la demande planétaire, le manganèse gagne aussi du terrain sur le marché des matériaux pour batteries. En 2025, l’United States Geological Survey (USGS) estimait la production mondiale à 20 millions de tonnes. Une offre largement dominée par l’Afrique, principalement grâce à l’Afrique du Sud, au Gabon et au Ghana.
À eux seuls, ces trois pays, qui forment le podium mondial des producteurs, ont cumulé 14,6 millions de tonnes. La Côte d’Ivoire complète cette offre africaine, mais avec une production encore marginale. Un cercle que le Botswana s’apprête à rejoindre grâce à K.Hill, appelé à devenir la première mine de manganèse de son histoire.
Selon l’étude, le projet peut permettre la production de 1,5 million de tonnes de sulfate de manganèse monohydraté de haute pureté (HPMSM), et de 99 000 tonnes d’oxyde de manganèse de haute pureté (HPMO) sur sa durée de vie. L’investissement initial est estimé à 535 millions USD, pour une valeur actuelle nette après impôts (VAN) de 481,5 millions USD et un taux de rendement interne (TRI) de 20,3 %.
Entre diversification économique et marché porteur
Avec K.Hill, le Botswana pourrait non seulement ouvrir une nouvelle source d’approvisionnement en manganèse depuis l'Afrique, mais aussi renforcer sa stratégie de diversification économique.
Le projet s’inscrit en effet dans un contexte où l’économie reste encore largement dominée par les diamants. Une dépendance qui résonne particulièrement ces dernières années, avec la faiblesse persistante du marché de cette pierre précieuse, à l’origine notamment d’une récession de -2,8 % en 2024. Historiquement, le secteur diamantifère représente environ 70 % des exportations du pays, près d’un tiers des recettes budgétaires et environ un quart du PIB.
Mieux, les fondamentaux portés par le profil minier de K.Hill pourraient en faire un atout majeur dans ce mouvement. Contrairement à la majeure partie de l’offre africaine de manganèse existante, Giyani Metals entend en effet orienter exclusivement la production prévue sur le site botswanais vers le marché des batteries. Le HPMSM et le HPMO sont en effet considérés comme des précurseurs clés dans la chimie des batteries utilisées dans les chaînes d’approvisionnement des véhicules électriques (VE) et des systèmes de stockage d’énergie, notamment ceux associés aux énergies renouvelables.
Par cette stratégie, l’entreprise entend tirer parti d’une niche en plein essor, portée par la volonté des pays occidentaux de sécuriser de nouvelles sources d’approvisionnement et de réduire leur dépendance à la Chine. Bien que sa production primaire soit moins dominante, l’Empire du Milieu contrôle en effet près de 95 % des capacités de raffinage du manganèse. L’enjeu est d’autant plus marqué qu’un déficit d’offre est anticipé d’ici 2029 pour le manganèse de qualité batterie, selon Giyani qui cite une analyse de marché indépendante demandée aux experts de SC Insights et Fastmarkets.
« Ces résultats témoignent d’une forte rentabilité et confirment la position de K.Hill en tant que fournisseur unique de manganèse de qualité batterie, de l’extraction à la commercialisation, capable de répondre à la demande croissante des pays occidentaux et de fournir une base solide pour l’optimisation et le développement continu du projet […]. L’étude de faisabilité définitive représente une étape importante vers une solution viable », a déclaré Nigel Robinson, président exécutif par intérim de Giyani Metals.
En attendant le début de la construction…
Avant de positionner le Botswana sur la carte des producteurs africains de manganèse et de contribuer à l’économie nationale, le projet K.Hill doit encore franchir plusieurs étapes clés. La principale reste la mobilisation du financement nécessaire à la construction de la mine. À ce stade, Giyani Metals n’a donné aucune indication précise sur ce point, ni avancé de calendrier pour le démarrage des travaux, alors que le permis d’exploitation a déjà été délivré par Gaborone, en septembre 2024.
L’an dernier, une lettre d’intention de la Banque d’import-export des États-Unis (EXIM) pour un financement de 225 millions USD avait été annoncée, sans toutefois déboucher à ce stade sur un accord contraignant. En attendant, la diversification du secteur minier se poursuit au Botswana avec l’essor de la filière cuivre, ainsi que sur d’autres segments moins avancés comme le nickel (projets Selkirk et Selebi) et l’uranium (Letlhakane).