https://www.agenceecofin.com/actualites ... ocs-en-merHydrocarbures : la Guinée attribue à l'italien Eni des permis de reconnaissance pour 15 blocs en mer
Agence Ecofin 05 juin 2026
Porté par les succès enregistrés au Sénégal et en Mauritanie, le bassin MSGBC attire de plus en plus de compagnies pétrolières. Une nouvelle vague d'investissements en perspective que les États de la façade atlantique ouest-africaine cherchent à capter.
Le 4 juin, le géant énergétique italien Eni, a obtenu des permis de reconnaissance couvrant 15 blocs situés au large des côtes guinéennes, dans le bassin MSGBC qui regroupe la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau et la Guinée. L’accord, signé à Conakry avec le ministère des Hydrocarbures, porte sur une superficie d’environ 49 089 km².
Valable pour une durée de 1 an renouvelable, il marque la fin d’une longue période de faible activité exploratoire dans l’offshore guinéen, et confirme l’intérêt croissant des majors pour cette portion de la façade atlantique africaine.
Eni s’ouvre un vaste terrain de jeu et relance l’exploration en mer guinéenne
Avec cette opération, Eni étoffe un portefeuille africain déjà important, qui s’étend de l’Égypte au Mozambique en passant par la République du Congo, l’Angola et la Côte d’Ivoire. Le groupe considère le continent comme l’un des piliers de sa stratégie de croissance et de diversification.
Le choix de sécuriser quinze blocs d’un seul coup traduit une logique d’occupation d’un vaste espace exploratoire. Cette approche lui permet de disposer d’une large marge de manœuvre pour conduire des campagnes sismiques, analyser les structures géologiques et identifier les zones susceptibles d’abriter des accumulations d’hydrocarbures.
À ce stade, les permis accordés sont des permis de reconnaissance. Ils portent principalement sur l’acquisition et l’interprétation de données géologiques comme géophysiques destinées à évaluer le potentiel du sous-sol marin avant toute décision de forage. L’opération survient quelques mois après des accords similaires conclus par Eni en Sierra Leone et en Guinée équatoriale. Elle confirme la volonté du groupe d’étendre sa présence dans plusieurs juridictions encore peu explorées d’Afrique de l’Ouest.
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https://www.agenceecofin.com/actualites ... e-simandouLa Guinée franchit un cap dans la transformation locale du fer de Simandou
Agence Ecofin 19 juin 2026
La Guinée a accéléré depuis 2021 sa stratégie de transformation locale dans le secteur minier, avec des résultats positifs dans la bauxite. Alors que la construction de plusieurs raffineries d’alumine est lancée, Conakry espère reproduire ce succès sur le plus grand projet de fer du pays.
Le ministère guinéen des Mines et de la Géologie a examiné jeudi 18 juin l’étude de faisabilité d’une usine de pelletisation de 2 millions de tonnes par an pour Simandou. Soumise conjointement par Simfer SA et Baowu, l’étude montre que les principaux acteurs industriels impliqués dans le développement de ce méga-gisement de fer commencent à donner une traduction concrète aux ambitions de transformation locale de Conakry.
Le gisement de Simandou est réparti entre deux ensembles d’actionnaires. Les blocs 3 et 4 sont développés par Simfer, une coentreprise impliquant l’australien Rio Tinto et la société d’Etat chinoise Chinalco, tandis que les blocs 1 et 2 sont exploités par Baowu Winning Consortium Simandou, auquel participe China Baowu Steel Group, premier producteur mondial d’acier.
La Convention de co-développement signée par ces différents acteurs prévoit la soumission à l’État guinéen d’une étude de faisabilité pour une aciérie de 500 000 tonnes ou une usine de transformation de 2 millions de tonnes de pellets dans un délai de deux ans après la mise en service du gisement. Après des décennies de retards, Simandou a commencé ses expéditions commerciales vers la Chine fin 2025 et les volumes exportés depuis augmentent chaque mois. A pleine capacité, le projet peut fournir jusqu’à 120 millions de tonnes de minerai de fer par an.
Les inconnus du projet
Le choix examiné actuellement pour la transformation d’une partie de cette production porte sur la pelletisation, un procédé qui consiste à transformer le minerai en boulettes utilisées par l’industrie sidérurgique. Pour la Guinée, l’intérêt est double : créer davantage de valeur sur place et préparer une insertion plus ambitieuse dans la chaîne mondiale de l’acier, au-delà de la simple extraction. D’après les premiers éléments communiqués, le projet pourrait mobiliser jusqu’à 1 950 emplois au pic de la construction et 788 postes permanents pendant l’exploitation.
Mais l’étude de faisabilité ne répond pas encore à toutes les questions. Le ministère n’a pas fourni le coût estimé de l’usine, son calendrier de développement, son montage financier, ni la date d’une éventuelle décision finale d’investissement. Il faudra aussi savoir si cette unité sera conçue uniquement comme une obligation contractuelle minimale ou comme la première étape d’une filière industrielle plus large autour du fer guinéen.
La question énergétique fera par ailleurs partie des points à surveiller, dans un pays où l’accès à l’électricité est estimé à environ 53 % de la population par la Banque mondiale. À ce stade, l’étude rendue publique ne précise pas les besoins de l’usine, ni la source d’énergie envisagée. Mais Conakry n’entend sans doute pas se laisser arrêter par un défi qui n’a pas empêché le lancement, ces derniers mois, de plusieurs projets de raffineries d’alumine destinées à valoriser la bauxite, financés notamment par des groupes chinois.