https://www.lemonde.fr/international/ar ... _3210.htmlLa Cedeao approuve la construction d’un gazoduc Nigeria-Maroc, immense projet énergétique dans les tuyaux depuis des années
L’ouvrage, dont la construction est évoquée depuis une décennie, traverserait treize pays d’Afrique de l’Ouest avant d’être raccordé au gazoduc Maghreb-Europe.
Le Monde avec AFP le 20 juillet 2026
L’ouvrage, immense, s’étendrait sur environ 6 000 kilomètres. Les chefs d’Etat de la commission de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont signé, dimanche 19 juillet, un accord intergouvernemental approuvant la construction d’un gazoduc censé relier le Nigeria au Maroc, lors d’un sommet ordinaire de l’institution régionale, à Freetown.
Le gazoduc devrait traverser 13 pays africains sur la façade atlantique pour acheminer des milliards de mètres cubes de gaz nigérian, jusqu’au royaume chérifien. De là, il doit être connecté au gazoduc Maghreb-Europe (GME).
« Nous avons signé l’accord relatif au gazoduc Afrique de l’Ouest-Maroc, ne soyez pas surpris lorsque le gaz arrivera chez vous », a déclaré le président en exercice de la Cedeao, le chef d’Etat sierra-léonais Julius Maada Bio, dans un discours.
Un projet stratégique pour l’intégration régionale
Ce gazoduc « a pour ambition de relier les ressources gazières de l’Afrique de l’Ouest aux principaux centres de consommation régionaux, tout en renforçant l’intégration des marchés énergétiques africains et en créant un nouveau corridor de développement reliant l’Afrique de l’Ouest, les Etats du Sahel, le royaume du Maroc et l’Europe », précise le communiqué commun de l’Office national des hydrocarbures et des mines du Maroc (ONHYM) et de la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC).
« Cette étape importante franchie à Freetown, intervient en amont des prochaines étapes de lancement, qui porteront notamment sur la création de la société de projet, qui sera basée à Casablanca [Maroc], ainsi que de l’autorité de gouvernance du gazoduc, dont le siège est prévu à Abuja [capitale du Nigeria], avant la mobilisation des investisseurs et la préparation de la décision finale d’investissement », poursuit le communiqué.
Les travaux devraient débuter en 2028 pour de premières livraisons de gaz en 2031, selon une source au sein de l’ONHYM. L’ouvrage « contribuera durablement à renforcer la sécurité énergétique, à accélérer l’industrialisation, à soutenir la valorisation des ressources naturelles africaines et à promouvoir une prospérité partagée », a affirmé Amina Benkhadra, directrice générale de l’ONHYM.
L’idée du projet avait été lancée en 2016, par le roi Mohammed VI, lors d’une visite à Abuja, visant à renforcer les partenariats avec les pays africains. Sa relance s’explique par la décision d’Alger — premier exportateur africain de gaz naturel —, de mettre fin en 2022 au contrat du GME desservant l’Espagne en gaz algérien en transitant par le Maroc, après la rupture des relations diplomatiques avec Rabat.
Au-delà, le gazoduc Nigeria-Maroc s’inscrit dans un contexte géopolitique marqué par l’envolée des prix des hydrocarbures, depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Les coûts pour ce gazoduc géant sont estimés à 23 milliards d’euros.
Le projet de Gazoduc Nigéria - Maroc
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https://www.agenceecofin.com/actualites ... -mobiliserLa CEDEAO approuve le gazoduc Nigeria-Maroc, mais le financement reste à mobiliser
Agence Ecofin 21 juillet 2026
Dix ans après son lancement par le roi Mohammed VI et l’ex-président nigérian Muhammadu Buhari, le gazoduc Nigeria-Maroc franchit une étape politique majeure. Les bailleurs de fonds, eux, n’ont pas encore dit oui.
Les chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont signé à Freetown, en Sierra Leone, l’accord intergouvernemental régissant le développement du gazoduc African Atlantic Gas Pipeline. L’information est issue d’un communiqué conjoint de l’Office national des hydrocarbures et des mines du Maroc (ONHYM) et de la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC Ltd), publié dimanche 19 juillet.
« Nous avons déjà signé le gazoduc Afrique de l’Ouest-Maroc. Ne soyez pas surpris quand le gaz arrivera chez vous », a déclaré Julius Maada Bio, président en exercice de la CEDEAO et chef d’État de la Sierra Leone, selon des propos rapportés par Reuters.
Le projet doit relier le Nigeria au Maroc sur environ 6 900 kilomètres à travers 13 pays côtiers, selon les parties prenantes. Sa capacité de transport atteindra 30 milliards de mètres cubes de gaz par an, dont la moitié destinée aux marchés régionaux. Il doit connecter le réseau ouest-africain au gazoduc Maghreb-Europe existant.
La signature de Freetown ouvre la voie aux prochaines étapes formelles du projet. Une société de projet sera d’abord créée, avec son siège établi à Casablanca. Une autorité supérieure du pipeline sera ensuite mise en place à Abuja. Ces deux structures serviront de cadre à la mobilisation des investisseurs et à la préparation de la décision finale d’investissement.
À ce stade, l’accord intergouvernemental ne concerne pas encore le Maroc et la Mauritanie, en raison de leur non-appartenance à la CEDEAO. Ils prévoient de signer à leur tour lors d’une cérémonie séparée.
Les bailleurs restent en retrait, le financement n’est pas bouclé
Si la signature de Freetown marque une étape politique importante, elle ne résout pas la question centrale du financement. Aucun bailleur n’a encore confirmé d’engagement financier définitif pour ce projet évalué à 25 milliards de dollars. En mai dernier, une délégation de l’ONHYM était à Washington pour solliciter des institutions américaines, dont l’US Development Finance Corporation, a rapporté African Business.
La question de la sécurisation du tracé au Sahel n’a-t-elle pas non plus été abordée alors que le gazoduc devrait traverser des zones affectées par l’insécurité au Mali, au Burkina Faso et au Niger.
Par ailleurs, le projet risque de se heurter au règlement européen sur le méthane qui entre en vigueur l’année prochaine pour les importations de gaz vers l’Union européenne (UE). Il y a quelques semaines le Nigeria et l’Algérie avaient appelé à une révision urgente de cette mesure.