Crise du Gaz en Europe

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Message par energy_isere »

Les États-Unis devraient devenir dès cette année le premier fournisseur du continent devant la Norvège: comment Washington compte sur les Balkans pour exporter encore plus de gaz vers Europe

Publié le 02/08 / 2026

À l'heure où l'UE cherche à se débarasser du gaz russe, la Croatie investit pour devenir la nouvelle porte d'entrée du gaz américain en Europe. Ce qui réjouit Washington.

Dans une Europe qui tente de se détourner de l'Energie russe, Washington s'impose rapidement comme principal fournisseur de gaz, et espère faire du terminal gazier de Krk, en Croatie, une porte vers le sud du continent, estiment professionnels et experts. Depuis le début de la guerre en Ukraine il y a plus de 4 ans, l'Union européenne a massivement recours au gaz naturel liquéfié (GNL) pour tenter de remplacer le gaz russe, qui représente 12% de son gaz et dont elle devra totalement se passer d'ici fin 2027.

Utile à l'industrie, le gaz est aussi nécessaire au chauffage urbain; environ 30% des ménages sont chauffés au gaz au sein de l'UE. Du gaz de plus en plus venu des États-Unis : Washington devrait dépasser la Norvège pour devenir le principal fournisseur de gaz en Europe en 2026, selon l'Institute for Energy Economics and Financial Analysis (IEEFA). Au milieu de ces bouleversements stratégiques, la Croatie, moins de 4 millions d'habitants, entend faire de son terminal de GNL sur l'île de Krk la porte d'entrée des approvisionnements énergétiques vers l'Europe du Sud-Est et l'Europe centrale.

Porte Croate

Le terminal méthanier flottant d'Omisalj, qui vient de passer d'une capacité maximale de 3,9 milliards de mètres cubes par an à 6,1 milliards de mètres cubes, est entièrement réservé jusqu'en 2036, explique le directeur général de LNG Croatia, Ivan Fugas. La Croatie reçoit le gaz liquéfié directement par bateau, avant de le regazifier à Krk puis de pouvoir l'exporter.

Avant 2021, "nous achetions du gaz à Moscou et nous étions les derniers livrés", ajoute Ivan Fugas. Avec Krk, "l'UE s'est dotée d'un point d'entrée supplémentaire pour le gaz naturel".
Un point d'entrée qui intéresse Washington, qui ne fait pas mystère de ses ambitions énergétiques dans les Balkans et au-delà en voulant développer des corridors énergétiques nord-sud en Europe centrale et orientale, notamment à travers l'Initiative des Trois Mers.

"Trump Peace Pipelines Framework"

Dans un rapport sur les Balkans présenté au Congrès au printemps, la diplomatie américaine soulignait que la dépendance énergétique des Balkans vis-à-vis de la Russie demeurait "une vulnérabilité stratégique".

"La diversification des approvisionnements énergétiques, notamment grâce aux abondantes sources d'énergie américaines, renforce la stabilité et la prospérité régionales. Le gaz naturel liquéfié américain, les technologies nucléaires (y compris les petits réacteurs modulaires) et les énergies renouvelables offrent des solutions commercialement attractives et géopolitiquement solides", peut-on y lire.

Quelques mois plus tôt, les États-Unis avaient déjà signalé leur intention d'attaquer la dépendance de la Russie en signant un projet de gazoduc entre la Croatie et la Bosnie - qui dépend pour l'heure à 100% des livraisons russes, ainsi que plusieurs centrales électriques au gaz, pour un total d'1,5 milliard de dollars. Porté par une société, AAFS Infrastructure and Energy, dirigée par Jesse Binnall, ancien avocat de Trump, et Joseph Flynn, frère de l'ancien conseiller à la sécurité nationale du président américain Michael Flynn, le projet a immédiatement suscité des inquiétudes à Bruxelles et parmi les ONG de défense de l'environnement.

Ce qui n'a pas empêché la Croatie, membre de l'UE, de signer en avril, à l'occasion du sommet de l'Initiative des Trois Mers à Dubrovnik, un mémorandum d'accord sur ce gazoduc. Présent à Dubrovnik, le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, a vanté le "Trump Peace Pipelines Framework" - un plan visant à développer les infrastructures énergétiques en Europe centrale et orientale.

Réserves ukrainiennes

Son potentiel n'a pas non plus échappé à Kiev. L'opérateur ukrainien de stockage souterrain, Ukrtransgaz, a présenté plus tôt cette année une analyse montrant qu'un acheminement depuis le terminal GNL de Croatie serait la route la moins chère pour approvisionner le pays. Dotée de l'un des plus grands réseaux de stockage souterrain de gaz d'Europe, en grande partie hérité de l'ère soviétique, l'Ukraine pourrait aussi contribuer à résoudre un problème clé de stockage pour la Croatie.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le Premier ministre croate Andrej Plenkovic se sont déjà rencontrés cette année pour discuter d'approvisionnement et de stockage d'énergie. Avec un trajet plus court, et moins de frontières - donc des coûts de transit plus faibles pour l'Ukraine - que les options actuelles via la Grèce ou la Pologne, Krk pourrait devenir une véritable porte d'entrée concurrente à travers les Balkans.

"Mais cela ne veut rien dire si la Croatie n'a pas la capacité nécessaire" de gazoducs, avertit Ivan Fugas, en soulignant la nécessité de moderniser le terminal existant pour répondre à la demande.
En attendant, l'offensive américaine en Europe se révèle lucrative pour Washington : le GNL américain reste l'option d'approvisionnement la plus coûteuse pour l'Europe, selon l'IEEFA.
https://www.bfmtv.com/economie/entrepri ... 20129.html
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Re: Crise du Gaz en Europe

Message par energy_isere »

Stockages bas, guerre au Moyen-Orient, prix élevés : l'approvisionnement européen en gaz sous tension en vue de l'hiver

Boursorama avec Media Services •10/08/2026

Les stockages européens ne sont remplis qu'à 58%, contre 75-80% habituellement à cette période de l'année. Une situation délicate, d'autant plus que la Chine concurrence l'Europe pour les cargaisons disponibles.

L'approvisionnement en gaz de l'Europe est de nouveau sous tension, quatre ans après la crise énergétique provoquée par l'invasion de l'Ukraine, alors que la guerre au Moyen-Orient a perturbé pendant l'été le remplissage des stockages tombés à un niveau bas. De quoi raviver les craintes sur les prix cet hiver.

• Stockages au plus bas

Le gaz conserve un rôle central en Europe pour alimenter les usines, chauffer les bâtiments ou produire de l'électricité dans les centrales thermiques. L'été correspond habituellement à la période durant laquelle les acheteurs de gaz reconstituent les réserves souterraines en profitant de prix plus faibles qu'en hiver.

À cette période de l'année, le niveau de remplissage moyen en Europe devrait en moyenne "se situer vers 75-80%", indique à l' AFP Anne-Sophie Corbeau, chercheuse au Centre global de politique de l'énergie de l'Université Columbia. Or, selon l'association d'acteurs gaziers Gas Infrastructure Europe, les stockages européens ne sont remplis qu'à 58% . Un niveau inédit depuis 2021, année où la Russie avait commencé à réduire ses livraisons de gaz vers l'Europe.

• Combinaison de facteurs

Plusieurs facteurs expliquent cette situation. "L'Union européenne a terminé le dernier hiver avec des stocks souterrains de gaz à seulement 28%, un niveau nettement inférieur à celui des années précédentes", relève Ronald Pinto, analyste chez Kpler, interrogé par l' AFP .

S'y est ajouté "le déclenchement du conflit au Moyen-Orient fin février", qui a affecté les importations européennes en gaz naturel liquéfié (GNL), comme celles acheminées du Qatar par le détroit d'Ormuz, ce qui a fait gonfler les prix.

Dans ce contexte, les acheteurs européens ont parié sur une baisse ultérieure des cours, retardant leurs achats destinés au remplissage des réserves, selon Kpler. Résultat : les prix du gaz à livrer cet hiver sont restés artificiellement inférieurs par rapport aux prix estivaux, réduisant l'intérêt économique du stockage estival.

• Approvisionnements sous surveillance

Un porte-parole de la Commission européenne affirme qu'il n'existe "aucune inquiétude immédiate concernant la sécurité de l'approvisionnement en gaz dans l'UE" avant l'hiver. Et ce notamment, parce que la situation diffère de celle de la crise énergétique de 2022 liée à la guerre en Ukraine. L'Europe a développé ses capacités d'importation de gaz naturel liquéfié (GNL), transporté par bateau, pour remplacer le gaz russe et "la demande de gaz dans l'UE a diminué de 17%" par rapport à son niveau d'avant le début de l'invasion de l'Ukraine.

Bruxelles estime qu'un taux de remplissage des stockages de 80% est "techniquement atteignable" et "suffisant pour sécuriser l'approvisionnement pendant l'hiver", ajoute le porte-parole, interrogé par l' AFP .

Mais certains experts sont plus nuancés. "Les risques pesant sur l'approvisionnement de l'Europe restent élevés en raison de la diminution de la disponibilité de GNL en provenance du Moyen-Orient", souligne Antonia Syn, analyste chez Rystad Energy. Même si aujourd'hui, "le continent est mieux placé pour faire face à des perturbations durables de l'offre", Ronald Pinto estime aussi que "des risques subsistent". Il cite notamment d'éventuelles perturbations des approvisionnements en provenance de Norvège ou d'autres sources clés pour l'UE, ainsi que des interruptions de l'offre américaine liées à une vague de froid prolongée ou à des opérations de maintenance imprévues dans des installations de GNL.

• Des prix appelés à rester élevés

Dans ces conditions, "il y aura sans doute une augmentation des prix, surtout si le Qatar et les Émirats arabes unis ont des difficultés à exporter du GNL" par le détroit d'Ormuz, toujours bloqué, estime Anne-Sophie Corbeau. Selon Ronald Pinto, le prix de référence européen du gaz "restera élevé pour le reste de l'année" , avec des moyennes mensuelles comprises entre 55 et 62 euros le mégawattheure.

Très affectées par la crise du détroit d'Ormuz, l'Asie et en particulier la Chine concurrencent directement l'Europe pour attirer les cargaisons disponibles de GNL, alimentant la hausse des prix. "Pour le moment, on voit plutôt le GNL aller vers l'Asie que chez nous, car les prix y sont plus élevés" , relève Anne-Sophie Corbeau.

D'autres paramètres peuvent aussi peser sur le marché, notamment la rigueur de l'hiver et le niveau de production électrique éolienne. "Si les stocks sont moins pleins, que l'hiver est rigoureux et qu'un autre problème survient, il faudra envisager des mesures de sobriété", prévient l'experte, comme en 2022.
https://www.boursorama.com/actualite-ec ... 992871c27d
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