Kenya

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Kenya : Aliko Dangote réduit le coût de sa raffinerie et vise octobre pour le début des travaux

Agence Ecofin 10 aout 2026

L’Afrique de l’Est reste fortement dépendante des importations de produits pétroliers raffinés, alors que la demande énergétique progresse. Dans ce contexte, le développement de capacités régionales de transformation devient un enjeu de sécurité d’approvisionnement et d’intégration économique.

Aliko Dangote (photo) prévoit de lancer en octobre 2026 les travaux de sa future raffinerie de Lamu, au Kenya. Le coût prévisionnel du projet a parallèlement été ramené d'environ 17 à 16 milliards USD. Avec une capacité de 700 000 barils de pétrole brut par jour, l’installation doit approvisionner le Kenya et plusieurs marchés d’Afrique de l’Est.

« D’ici octobre de cette année, nous poserons la première pierre et lancerons officiellement le chantier », a déclaré le milliardaire nigérian dans une interview accordée la semaine dernière à la BBC. Le chantier devrait durer moins de quatre ans. À terme, la raffinerie deviendrait la plus importante d’Afrique de l’Est et la deuxième du continent après celle de Lagos, qui doit passer de 650 000 à 1,4 million de barils par jour d’ici trois ans.

Lamu pour desservir l’Afrique de l’Est

Le choix de Lamu repose notamment sur sa position logistique. Son port en eaux profondes est relié au corridor LAPSSET, qui doit connecter la côte kényane au Soudan du Sud et à l’Éthiopie. Cette configuration donne au projet une portée qui dépasse le marché kényan. Dangote prévoit de fournir des produits raffinés au Kenya ainsi qu’à l’Ouganda, à la Tanzanie et au Soudan du Sud. La raffinerie doit ainsi contribuer à réduire la dépendance de ces marchés aux approvisionnements extérieurs.

Pour Nairobi, le projet intervient alors que le pays ne dispose plus de capacité de raffinage de brut depuis l’arrêt de l’installation de Mombasa. Il cherche parallèlement à développer sa production pétrolière dans le bassin de Turkana.

L’investissement doit également avoir un effet sur l’emploi. Le gouvernement kényan estime que le projet pourrait générer environ 60 000 emplois directs et indirects dans la construction, l’ingénierie, la logistique et les activités associées.

Le retour d’expérience de Lagos

La réduction de l’enveloppe constitue l’autre évolution majeure. Dangote l’explique par les enseignements tirés de la construction de la raffinerie de Lagos, un calendrier d’exécution plus rapide et des coûts de financement plus faibles. Le projet doit être financé à 30 % par des fonds propres et à 70 % par de la dette. La capacité à réunir cette dernière constituera donc un élément déterminant avant le lancement effectif du chantier.

Les préparatifs ont déjà commencé. Les études de sol ainsi que les travaux de conception et d’ingénierie sont en cours. Le gouvernement kényan a également constitué un comité dédié et prévu un financement d’amorçage dans le cadre de son dispositif national d’infrastructures.

Plusieurs étapes restent néanmoins à franchir avant le début des travaux, notamment sur les volets technique, environnemental et financier. Le projet s’inscrit par ailleurs dans une zone où le développement du corridor LAPSSET a déjà suscité des difficultés. En 2018, la justice kényane avait notamment relevé des insuffisances dans la consultation des populations concernées.

L’annonce d’octobre constitue donc le prochain rendez‑vous concret du projet. Si le calendrier est tenu, Lamu pourrait à terme modifier les circuits d’approvisionnement en produits raffinés en Afrique australe et donner à Dangote une deuxième grande plateforme de raffinage sur le continent, après Lagos.
https://www.agenceecofin.com/actualites ... es-travaux
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Message par energy_isere »

Pourquoi le Kenya souhaite interdire les exportations de minerais non transformés?

RFI le : 17/09/2026

Nairobi a pour projet d'interdire ses exportations de minerais bruts pour développer leur transformation sur place et en tirer davantage de valeur. L'interdiction concernerait notamment l'or, dont ce pays est, pour l'heure, un tout petit producteur.

Le Kenya ne produit que 350 kg à 560 kg de métal jaune par an. Mais la découverte fin 2025 d'un gros gisement à Ikolomani, dans la région aurifère de Kakamega, suscite des espoirs. Ce sont les mineurs artisanaux et non réglementés qui fournissent l'essentiel de la production kenyane. Le gouvernement du pays se voit ainsi privé de 9 millions de dollars de redevances potentielles. Pour mieux contrôler ce marché et créer de l'emploi, le président kenyan, William Ruto, a annoncé l'implantation de trois raffineries d’or dans la région de Kakamega et aux alentours de Nairobi, la capitale du pays. C'est la Banque centrale du Kenya qui sera prioritaire pour ces achats d'or.

Transformer sur le sol kenyan

L'interdiction d'exportation porte aussi sur d'autres minerais non raffinés. Que ce soit la soude, le pétrole, le lithium, le cobalt ou d'autres métaux rares, le chef de l'État kenyan l'affirme : son pays transformera sur place toutes les ressources de son sous-sol. Ces annonces interviennent alors que le gouvernement kenyan a récemment retiré sa concession à la filiale du groupe indien Tata Chemicals, le plus gros producteur de soude du continent. Le différend portait justement sur la transformation locale. De cette souveraineté minière, le président kenyan a fait une condition dans les négociations avec les grands groupes.

Et ce alors que les Américains et les Chinois se pressent aux portes du pays avec l'objectif de remporter l'exploitation du gisement de Mrima Hill. Celui-ci contient du niobium, utilisé comme élément d'alliage de l'acier inoxydable pour les réacteurs nucléaires, les canalisations ou encore les missiles.

Le Kenya emboîte le pas à d'autres pays africains

Le Kenya rejoint ainsi d'autres pays africains qui cherchent à mieux contrôler leurs ressources naturelles. Le Ghana, premier producteur d'or en Afrique, a interdit l'exportation d'or artisanal depuis le 1ᵉʳ septembre. La Guinée cherche, elle aussi, à encadrer sa production aurifère. Au Mozambique, le nouveau code minier impose désormais une participation d'État dans tous les projets d'extraction. Et le Zimbabwe interdit l'exportation du lithium brut.

Au Kenya, les déclarations d'intention du président Ruto risquent cependant de se heurter à la réalité économique : le sous-sol kenyan, riche de plus de 900 minerais, est très convoité, mais largement inexploité.
https://www.rfi.fr/fr/podcasts/chroniqu ... orm%C3%A9s
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