https://www.connaissancedesenergies.org ... sie-260930La Serbie prolonge son accord gazier avec la Russie jusqu’à fin 2026
AFP avec Connaissance des Énergies le 30 septembre 2026
Le patron de Srbijagas a annoncé mercredi sur RTS la reconduction pour trois mois de l’approvisionnement gazier liant Belgrade à Moscou.
Un avenant de trois mois avec Gazprom
L’accord conclu avec Gazprom, qui arrivait à expiration le 30 septembre, est prolongé jusqu’à la fin de l’année aux « mêmes conditions favorables », a déclaré Dušan Bajatović, directeur général de la compagnie publique serbe Srbijagas, à la télévision publique RTS.
La Serbie reste fortement dépendante du gaz russe et n’a pas conclu de contrat long depuis l’expiration, à l’été 2025, de son précédent engagement de trois ans. Belgrade fonctionne depuis lors avec des extensions de court terme, confirmées trimestre après trimestre.
Selon le rapport annuel 2025 du Secrétariat de la Communauté de l’énergie, Srbijagas assurait environ 75 % de la consommation annuelle serbe de gaz naturel via un contrat d’importation avec Gazprom, le solde provenant notamment du marché hongrois, de volumes plus limités d’Azerbaïdjan via l’interconnexion bulgare et d’une production intérieure de NIS.
Vučić met en avant un prix inférieur au marché
L’ancien président serbe Aleksandar Vučić avait indiqué samedi, après un entretien téléphonique avec Vladimir Poutine, qu’il pensait que l’accord gazier serait prolongé. Il a démissionné le 27 septembre afin de se présenter au poste de Premier ministre lors des élections législatives anticipées prévues le 25 octobre.
Avant l’annonce de sa démission, Vučić avait assuré que la Serbie continuerait de bénéficier d’un « bon prix bas du gaz à 318 euros (362 dollars) pour 1.000 mètres cubes, au lieu de payer le prix du marché, qui s’élève aujourd’hui à 868 euros ».
La Serbie importe aussi du gaz d’Azerbaïdjan et dispose d’une production nationale, mais ces volumes ne suffisent pas, selon les éléments disponibles, à remplacer les approvisionnements russes. Malgré son statut de pays candidat à l’Union européenne, Belgrade demeure l’un des rares États européens à conserver des liens étroits avec le Kremlin depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Le dossier pétrolier NIS reste soumis à Washington
Le volet gazier s’ajoute aux pressions américaines visant Naftna Industrija Srbije, ou NIS, la plus grande compagnie pétrolière du pays. Les sanctions américaines ciblent l’entreprise en raison de la majorité de son capital détenue par des intérêts russes.
Washington exige un retrait total des actionnaires russes pour lever les sanctions. Des discussions sont engagées depuis plusieurs mois sur la vente de la participation russe de 56 % au groupe énergétique hongrois MOL.
La dernière dérogation américaine aux sanctions expire également le 30 septembre, date fixée par Washington pour la finalisation de la vente. Selon le gouvernement serbe, un accord d’actionnaires signé le 16 juin 2026 prévoit que Belgrade rachète 5 % supplémentaires de NIS dans le cadre de la recomposition capitalistique envisagée avec MOL.
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