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Publié : 16 déc. 2006, 18:27
par Tiennel
il faut d'abord se constituer un indicateur de survenance
Plutôt que d'étudier le débit de l'huile, sur lequel l'effet des stocks est difficile à quantifier, ou encore le cours du baril, hautement spéculatif et qui ne flambera pas forcément du fait d'une destruction de la demande dans les pays pauvres, pourquoi ne pas s'intéresser au
cours du kérosène ?
Il n'a qu'un seul usage ou presque : l'aviation civile et militaire, moyen de transport pour nantis et arme stratégique. Même si son cours monte, il n'y aura quasiment pas de destruction de demande.
Par contre, au moment où surviendra la première descente du VPO, il n'y en aura pas assez pour tout le monde, d'où flambée, qui peut monter d'autant plus haut que les militaires ne regarderont pas à la dépense sur ce poste-là et que, sa part dans le prix de revient kilomètre restant faible (rappel :
petit calcul de sceptique montrant la faible sensibilité du billet Paris-New York au prix du baril), la quasi-majorité des compagnies aériennes achèteront le kérosène à prix d'or plutôt que d'avouer annuler des vols par manque de carburant (ça fait pauvre, et on se méfie d'une compagnie pauvre)
Publié : 16 déc. 2006, 19:07
par GillesH38
Environnement2100 a écrit :Non,
c'est une page comptable. T'es pourtant pas Breton ?
Dans l'ensemble, je vois certains intervenants ici essayer de tirer des conclusions à partir de chiffres qu'ils "interprètent" librement sans les comprendre.
E2100, je ne cherche
pas à détecter à l'avance la date du pic !

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J'observe simplement que l'EIA, qui est un organisme officiel, prédit que la production n'arrivera pas à satisfaire la demande. Elle ne prédit pas encore le pic, puisque selon ses chiffres, la production continue à augmenter. Sauf que l'étude des STO depuis un an montre qu'elle est systématiquement optimiste, et donc je trouve suspect qu'elle ne prevoie meme pas que la production puisse suivre la demande....Je n'en tire rien de plus comme conclusion, à part que sans doute, à l'EIA, ils ne doivent pas être dans une forme particulièrement euphorique en ce moment...

Publié : 16 déc. 2006, 19:09
par GillesH38
Tiennel a écrit :Par contre, au moment où surviendra la première descente du VPO, il n'y en aura pas assez pour tout le monde..
d'une certaine façon, même avant le pic, si la production ne suit pas la demande, c'est qu'il y en aura DEJA pas pour tout le monde....je pense qu'on ne va pas beaucoup attendre avant de tutoyer les 80 $ à nouveau !
Publié : 16 déc. 2006, 19:14
par Environnement2100
Tiennel a écrit : la quasi-majorité des compagnies aériennes achèteront le kérosène à prix d'or
Si je comprends bien, la consommation de kérosène continuera de croître imperturbablement indépendamment de son prix, alors même que la consommation d'essence-diesel s'infléchit à partir d'un certain prix.
Donc le produit PrixK x VolK grimpe fort, tandis que le produit
PrixEss x VolEss atteint un plateau ?
Intéressant.
Sais-tu où trouver ces 4 valeurs ?
Publié : 16 déc. 2006, 19:19
par GillesH38
Tiennel a écrit :Il n'a qu'un seul usage ou presque : l'aviation civile et militaire, moyen de transport pour nantis et arme stratégique. Même si son cours monte, il n'y aura quasiment pas de destruction de demande.
Si la production absolue baisse, le prix montera
jusqu'à ce qu'il y ait destruction de la demande, c'est inévitable ! la question est juste de savoir à partir de quel prix la demande commencera à diminuer...
Publié : 16 déc. 2006, 19:52
par Environnement2100
Le prix du kérosène sur un an chez Platts, pas très pratique, et il ne fournit pas les derniers 60 j.

Publié : 16 déc. 2006, 22:09
par franck1968
GillesH38 a écrit :Pour moi, ça veut quand même dire que la production ne suffira pas à couvrir la consommation pendant deux années de suite, malgré les prix élevés !
Oui gilles je suis d'accord le probléme commence quand l'offre est en dessous de la demande et pas forcement le pic.
Cela faisant monter les prix, est donc détruire la demande, on en arrive à la régulation de l'offre et de la demande.
Ce qui est nouveau c'est que 2006 serait la premiére année de déficit de l'offre par rapport à la demande.
Publié : 16 déc. 2006, 23:11
par energy_isere
pour départager Tiennel et Gilles sur le sujet de l'elasticité des prix du kéroséne:
dans Air et Cosmos du 8 dec 2006 (page 28) :
à ADP (Aeroport de Paris) on pense que sur le marché des long courriers une hausse de 25% des tarifs du billet pourrait réduire de 62% la demande
Cette hausse peut provenir de la hausse du kerozéne ou de l' apparition de nouvelles taxes (taxe carbone).
c'est donc Gilles qui a raison !
Publié : 17 déc. 2006, 01:35
par Tiennel
ADP est une infrastructure portuaire et non une compagnie aérienne, je conteste leur expertise en matière de marketing du transport aérien. Déjà, s'ils savaient construire des aérogares qui ne s'effondrent pas... Ca, c'est de la destruction de la demande
Quant à Air & Cosmos, leurs qualités prospectives ont été pas mal mises en défaut avec les affaires Airbus de cette année où ils ont toujours été suiveurs par rapport à la presse généraliste, alors qu'ils sont supposés avoir des journalistes spécialisés introduits dans les premiers cercles...
Bref, je prétends avec aplomb que 25% de hausse du billet ne détruira quasiment pas de demande. Il ne faut pas oublier qu'il y a de plus en plus de Chinois millionnaires qui rêvent de visiter Paris, la ville-musée si romantique.
Le prix spot du kérosène est disponible à l'AIE :
http://tonto.eia.doe.gov/dnav/pet/pet_pri_spt_s1_d.htm
Publié : 17 déc. 2006, 08:21
par GillesH38
Tiennel a écrit :Bref, je prétends avec aplomb que 25% de hausse du billet ne détruira quasiment pas de demande. Il ne faut pas oublier qu'il y a de plus en plus de Chinois millionnaires qui rêvent de visiter Paris, la ville-musée si romantique.
Tiennel, il se peut que tu aies raison, mais dans ce cas la demande sera détruite par autre chose ! soit les prix augmenteront encore plus que 25%, soit indirectement par le fait que l'augmentation par ailleur (par exemple de la facture de gaz ou de fuel !) dissuade les gens de prendre des vacances lointaines en avion. Il y a quand meme beaucoup moins de chinois millionnaires que de touristes européens ou américains moyens qui prennent l'avion

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Publié : 18 déc. 2006, 09:46
par Tiennel
Je reprends la suite de Sylvain qui a publié il y a quelques temps sur ce fil les premières analyses du cours du kérosène.
Voici l'évolution du prix spot à Rotterdam, exprimé en euros :

Publié : 18 déc. 2006, 10:22
par Tiennel
Les Echos a écrit :La Commission européenne voudrait imposer aux compagnies aériennes un système de limitation des émissions de CO2 plus contraignant que pour les autres secteurs.
Après six mois de travaux, la Commission européenne présentera le 20 décembre ses propositions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre du transport aérien. A l'instar des autres industries, le transport aérien, qui génère environ 3 % des émissions de gaz à effet de serre, devra intégrer en 2011 le système de quotas, visant à réduire de 7 % les émissions de dioxyde de carbone (CO2) de l'Union européenne d'ici à 2012. Toutefois, si le principe de cette intégration est généralement bien admis, le projet bruxellois semble faire l'unanimité contre lui, jugé à la fois trop coûteux et difficilement applicable.
En l'état actuel du projet, le transport aérien n'aurait droit qu'à 90 % du niveau d'émission de 2005, de 2011 à 2013, puis 80 % de 2013 à 2018 et plus que 60 % à partir de 2018. Sachant que la croissance du trafic devrait être de 3,5 % à 4 % par an, l'écart entre le niveau autorisé et les besoins réels obligerait les compagnies à acheter dès la première année « 96 millions de tonnes supplémentaires de CO2 », selon Brian Pearce, de l'Association du transport aérien international (Iata), soit un coût estimé de « 2,9 milliards d'euros » (sur la base de 30 euros la tonne).
Opposition absolue
Pour le seul groupe Air France-KLM, la facture pour la première année s'élèverait à 100 millions d'euros. Quant au passager, le surcoût sur le prix du billet d'avion irait de 4,6 à 40 euros selon la distance, d'après les estimations de la Commission. L'augmentation pourrait toutefois être plus importante, Bruxelles préconisant aussi la taxation du kérosène. De plus, les compagnies ne pourraient acheter ou vendre des droits hors de l'aérien, contrairement aux autres industries, ce qui en renchérirait le prix.
Mais le point le plus contesté est la volonté de la Commission d'imposer ce système à toutes les compagnies desservant l'Union européenne, sur la totalité des trajets. A l'origine, le projet devait s'appliquer aux seules liaisons intra-européennes, pour lesquelles existe l'alternative du train ou de la route, et non pas à un Los Angeles-Paris. Outre le surcoût pour les transporteurs, une telle internationalisation paraît peu réaliste. Pour être effectif, un tel dispositif devrait être approuvé par la totalité des Etats membres de l'Organisation de l'aviation civile internationale. Or les autorités américaines ont déjà fait connaître leur opposition absolue. La majorité des gouvernements européens y seraient également opposée, y compris la France. « Nous sommes favorable aux échanges de droits d'émission, mais pas tels que le prévoit l'actuel projet de la Commission européenne », explique Michel Wachenheim, le directeur général de l'Aviation civile. Le projet de la Commission, qui doit encore être voté par les commissaires, aura donc du mal à passer. Mais un consensus risque d'être tout aussi difficile à trouver.
Qui, du PO ou du RC, transformera le transport aérien en premier ?
Publié : 18 déc. 2006, 14:18
par th
Vive la commission européenne !
Esperons qu'elle aura le dernier mot, sur ce coup.
Publié : 18 déc. 2006, 20:39
par energy_isere
je crains les lobbies de Airbus et Boeing aller faire du chantage à l' emploi du secteur aéronautique contre une telle mesure
Mais personnellement, pourvu que ca soit voté.
Publié : 19 déc. 2006, 09:08
par Tiennel
je crains les lobbies
Gagné
Gaz à effet de serre : Bruxelles est prêt à ménager les compagnies aériennes
Face à l'opposition résolue de Washington, des compagnies aériennes et de la plupart des gouvernements européens, Bruxelles a finalement accepté, selon le « Financial Times », d'adoucir son plan contre les émissions de gaz à effet de serre du transport aérien (« Les Echos » du 18 décembre). Le projet, dévoilé demain, ne devrait finalement pas inclure les liaisons internationales et les compagnies étrangères dans le système de quotas visant à réduire de 7 % les émissions de dioxyde de carbone (CO2) de l'Union européenne. Ce mécanisme d'achat et de vente de permis de polluer, qui obligera les transporteurs aériens à payer pour leurs émissions de CO2 à compter de 2011, se limitera, au moins dans un premier temps, aux seules dessertes intracommunautaires opérées par des compagnies européennes. Stavros Dimas, commissaire en charge de l'Environnement, aurait cédé aux demandes de compromis de ses collègues des Transports, Jacques Barrot, et du Commerce, Peter Mandelson, inquiets d'éventuelles mesures de rétorsion américaines et internationales. Outre l'hostilité des compagnies étrangères, cette concession permettra aux grands transporteurs européens de ne pas être taxés sur les liaisons internationales. Toutefois, cette exonération ne serait que provisoire. La Commission de l'environnement souhaiterait en effet poursuivre les négociations, afin de parvenir à un accord avec l'Organisation de l'aviation civile internationale.
Les
low cost restent pour l'instant dans le collimateur... tant qu'elles n'auront pas déménégaé leur siège social aux Iles Caïmans
