par energy_isere » 05 avr. 2026, 00:07
Afrique du Sud : l’indien UPL projette d’investir 1 milliard $ dans le bioéthanol
Agence Ecofin 03 avril 2026
Le bioéthanol est perçu comme une alternative partielle aux carburants fossiles, principalement dans le transport routier. En Afrique du Sud, le gouvernement s’efforce depuis plusieurs années de créer un environnement propice afin d’attirer les investisseurs et développer cette filière.
Le groupe agroindustriel indien UPL, spécialisé dans la fourniture de solutions et services agricoles durables, s’est engagé à mettre en œuvre un projet de production de bioéthanol en Afrique du Sud. L’annonce a été faite le 1er avril au cours de l’édition 2026 de la Conférence sud-africaine sur l’investissement, tenue à Sandton.
Selon un communiqué publié sur le site du gouvernement sud-africain, ce nouveau projet mobilisera un investissement de 17 milliards de rands (1 milliard $). Il prévoit concrètement l’installation d’une unité dont la capacité de production s’élèvera à 1,3 milliard de litres de bioéthanol par an, à partir de canne à sucre et de maïs.
Pour son approvisionnement en matières premières, l’entreprise compte sur les producteurs locaux. « Le projet utilisera la canne à sucre et le maïs comme matières premières et soutiendra le développement d’une chaîne de valeur intégrée entre agriculture et énergie […] Il devrait également permettre d’injecter des revenus importants directement auprès des agriculteurs, qu’ils soient de petite ou de grande taille », souligne le communiqué.
Plus largement, cet investissement, s’il se concrétise, permettra de créer des débouchés supplémentaires pour les agriculteurs opérant dans les filières concernées, mais aussi d’améliorer l’approvisionnement du marché sud-africain en biocarburant. Pour l’heure les détails concernant le site de production et le calendrier de programmation des travaux ne sont pas encore connus.
Un contexte favorable aux investissements
En Afrique du Sud, la production et la commercialisation du bioéthanol s’inscrivent dans un cadre réglementaire relativement structuré qui combine politique énergétique, normes de carburants et objectifs de transition énergétique.
Le pays dispose en effet depuis 2007 d’une stratégie industrielle sur les biocarburants intégrée à sa politique énergétique, mais c’est en 2020 que le cadre réglementaire visant à la mettre en œuvre (Biofuels Regulatory Framework) a été officiellement adopté.
Plus récemment, en août 2025, le ministère des Ressources minérales et pétrolières a annoncé l’adoption de la première phase du cadre réglementaire des biocarburants, qui fixe un objectif de 2 % d’intégration des biocarburants dans l’approvisionnement total en carburants de transport, à partir de biocarburants de première génération issus de cultures agricoles.
La deuxième phase qui prévoit une pénétration de 4,5 % de biocarburants, sera lancée une fois les objectifs de la première phase atteints et s’inscrira dans l’évolution de la tarification de l’industrie locale, appelée à se développer dans les prochaines années.
Au-delà des efforts déployés par le gouvernement pour instaurer un cadre favorable au développement du secteur, le contexte international marqué par une volatilité accrue des prix du pétrole est susceptible de renforcer l’attractivité des carburants alternatifs comme le bioéthanol.
Depuis le début de l’escalade militaire entre les USA, Israël et l’Iran vers la fin février 2026 les cours du Brent (pétrole brut qui sert de référence mondiale pour fixer les prix du pétrole) ont flambé. Cette hausse des cours s’explique par les perturbations du trafic maritime au niveau du détroit d’Ormuz qui assure environ 25 pour cent du commerce maritime mondial de pétrole brut. Les données compilées sur la plateforme Trading Economics montrent d’ailleurs que le prix du baril de Brent a grimpé de 39,5 % en l’espace d’un mois, clôturant à 108,44 $ le 2 avril sur l’ICE contre 77,73 $ le 2 mars.
C’est dans ce contexte de hausse généralisée des prix du carburant que le gouvernement sud-africain a décidé d’introduire une réduction temporaire de la taxe générale sur les carburants de 3 rands par litre (0,16 $), du 1er avril au 5 mai prochain, en vue d’alléger les coûts de transport sur le marché intérieur.
Avec son projet d’investissement dans le bioéthanol, l’indien UPL pourrait jouer un rôle déterminant dans la structuration de la filière, dont le marché est appelé à croître au cours des prochaines années pour réduire la dépendance aux carburants fossiles importés.
https://www.agenceecofin.com/actualites ... bioethanol
[quote] [b][size=110]Afrique du Sud : l’indien UPL projette d’investir 1 milliard $ dans le bioéthanol[/size][/b]
Agence Ecofin 03 avril 2026
[b]Le bioéthanol est perçu comme une alternative partielle aux carburants fossiles, principalement dans le transport routier. En Afrique du Sud, le gouvernement s’efforce depuis plusieurs années de créer un environnement propice afin d’attirer les investisseurs et développer cette filière.[/b]
Le groupe agroindustriel indien UPL, spécialisé dans la fourniture de solutions et services agricoles durables, s’est engagé à mettre en œuvre un projet de production de bioéthanol en Afrique du Sud. L’annonce a été faite le 1er avril au cours de l’édition 2026 de la Conférence sud-africaine sur l’investissement, tenue à Sandton.
Selon un communiqué publié sur le site du gouvernement sud-africain, ce nouveau projet mobilisera un investissement de 17 milliards de rands (1 milliard $). Il prévoit concrètement l’installation d’une unité dont la capacité de production s’élèvera à 1,3 milliard de litres de bioéthanol par an, à partir de canne à sucre et de maïs.
Pour son approvisionnement en matières premières, l’entreprise compte sur les producteurs locaux. « Le projet utilisera la canne à sucre et le maïs comme matières premières et soutiendra le développement d’une chaîne de valeur intégrée entre agriculture et énergie […] Il devrait également permettre d’injecter des revenus importants directement auprès des agriculteurs, qu’ils soient de petite ou de grande taille », souligne le communiqué.
Plus largement, cet investissement, s’il se concrétise, permettra de créer des débouchés supplémentaires pour les agriculteurs opérant dans les filières concernées, mais aussi d’améliorer l’approvisionnement du marché sud-africain en biocarburant. Pour l’heure les détails concernant le site de production et le calendrier de programmation des travaux ne sont pas encore connus.
[b]Un contexte favorable aux investissements[/b]
En Afrique du Sud, la production et la commercialisation du bioéthanol s’inscrivent dans un cadre réglementaire relativement structuré qui combine politique énergétique, normes de carburants et objectifs de transition énergétique.
Le pays dispose en effet depuis 2007 d’une stratégie industrielle sur les biocarburants intégrée à sa politique énergétique, mais c’est en 2020 que le cadre réglementaire visant à la mettre en œuvre (Biofuels Regulatory Framework) a été officiellement adopté.
Plus récemment, en août 2025, le ministère des Ressources minérales et pétrolières a annoncé l’adoption de la première phase du cadre réglementaire des biocarburants, qui fixe un objectif de 2 % d’intégration des biocarburants dans l’approvisionnement total en carburants de transport, à partir de biocarburants de première génération issus de cultures agricoles.
La deuxième phase qui prévoit une pénétration de 4,5 % de biocarburants, sera lancée une fois les objectifs de la première phase atteints et s’inscrira dans l’évolution de la tarification de l’industrie locale, appelée à se développer dans les prochaines années.
Au-delà des efforts déployés par le gouvernement pour instaurer un cadre favorable au développement du secteur, le contexte international marqué par une volatilité accrue des prix du pétrole est susceptible de renforcer l’attractivité des carburants alternatifs comme le bioéthanol.
Depuis le début de l’escalade militaire entre les USA, Israël et l’Iran vers la fin février 2026 les cours du Brent (pétrole brut qui sert de référence mondiale pour fixer les prix du pétrole) ont flambé. Cette hausse des cours s’explique par les perturbations du trafic maritime au niveau du détroit d’Ormuz qui assure environ 25 pour cent du commerce maritime mondial de pétrole brut. Les données compilées sur la plateforme Trading Economics montrent d’ailleurs que le prix du baril de Brent a grimpé de 39,5 % en l’espace d’un mois, clôturant à 108,44 $ le 2 avril sur l’ICE contre 77,73 $ le 2 mars.
C’est dans ce contexte de hausse généralisée des prix du carburant que le gouvernement sud-africain a décidé d’introduire une réduction temporaire de la taxe générale sur les carburants de 3 rands par litre (0,16 $), du 1er avril au 5 mai prochain, en vue d’alléger les coûts de transport sur le marché intérieur.
Avec son projet d’investissement dans le bioéthanol, l’indien UPL pourrait jouer un rôle déterminant dans la structuration de la filière, dont le marché est appelé à croître au cours des prochaines années pour réduire la dépendance aux carburants fossiles importés.
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