par energy_isere » Aujourd’hui, 11:27
Roland Lescure refuse l’appel de six pays à taxer les pétroliers
AFP avec Connaissance des Énergies le 23 septembre 2026
Roland Lescure n’a pas signé l’appel de six pays européens à taxer les pétroliers, jugeant son ciblage des producteurs inadapté.
Paris défend une autre cible que les producteurs
Le ministre de l'Économie Roland Lescure a expliqué mercredi 23 septembre sur France 5 son refus de s'associer au courrier adressé à la Commission européenne par l'Allemagne, l'Italie, l'Autriche, la Pologne, le Portugal et l'Espagne. Selon lui, cette initiative vise d'abord les producteurs d'hydrocarbures, et en particulier TotalEnergies.
« En gros, ils pointaient du doigt Total, ils pointaient du doigt les producteurs. Je pense que le sujet aujourd'hui, il est plus dans le raffinage, c'est un sujet européen. J'ai insisté pour qu'on le regarde au niveau européen et j'espère qu'on va le faire », a déclaré Roland Lescure. Le ministre a ajouté que taxer « au niveau européen une compagnie française » au profit de Bruxelles, avec « une usine à gaz », ne constituait « pas la meilleure solution ».
Un précédent européen existe depuis la crise de 2022
Les six États signataires ont demandé fin août une taxe exceptionnelle européenne sur les compagnies pétrolières, dont les résultats ont été portés par la guerre au Moyen-Orient, selon une logique proche de celle ouverte après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022. Le règlement européen 2022/1854 avait instauré une contribution temporaire de solidarité sur les bénéfices excédentaires des entreprises des secteurs du pétrole brut, du gaz naturel, du charbon et du raffinage, avec un taux minimal de 33 %.
Roland Lescure a fait valoir que les pays ayant soutenu le courrier « n'ont pas de major », contrairement à la France avec TotalEnergies. Il a lié cette présence industrielle à la sécurité d'approvisionnement, en affirmant que la France avait « zéro enjeu d'approvisionnement » et que cela tenait « en grande partie » à l'existence d'une major nationale.
Le raffinage est présenté comme le point sensible
Le ministre de l'Économie a déplacé le débat vers le raffinage, qu'il considère comme le segment à examiner au niveau européen. Il a mis en garde contre une mesure qui plafonnerait les marges des raffineurs, estimant que ces derniers pourraient alors vendre leurs carburants sur d'autres marchés.
« Si demain vous bloquez les marges des raffineurs, ils iront vendre leur essence ailleurs. Et là on aura des vraies pénuries en France », a déclaré Roland Lescure. Cette position inscrit la réponse française dans une logique d'approvisionnement en carburants plutôt que dans une taxation directe des producteurs.
La polémique politique vise TotalEnergies
L'eurodéputé Raphaël Glucksmann, candidat à la primaire socialiste, a accusé lundi 21 septembre le gouvernement de « bloquer » l'initiative européenne pour ne « pas heurter monsieur (Patrick) Pouyanné, PDG de TotalEnergies ». La critique intervient alors que la fiscalité sur les surprofits pétroliers revient dans le débat public avec la hausse des prix à la pompe.
Le ministre des PME et du Commerce Serge Papin avait déclaré mercredi matin : « Je n'ai pas envie d'embêter Total ». Roland Lescure a répondu sur France 5 n'avoir « ni envie d'embêter Total, ni envie de faire plaisir à Total », en présentant son arbitrage comme une réponse à une crise difficile pour les ménages et les automobilistes.
Les prix plafonnés restent inférieurs aux moyennes nationales
TotalEnergies applique actuellement dans ses stations un plafond de 1,99 euro le litre pour le SP95-E10 et de 2,25 euros pour le gazole. Les prix des carburants atteignaient en moyenne en France 2,16 euros pour le SP95-E10 et 2,40 euros pour le gazole, ce dernier niveau restant proche du record de 2,41 euros atteint dimanche 20 septembre.
Ce plafonnement a été réactivé au début de la guerre au Moyen-Orient. Selon le PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné, le dispositif a coûté « entre 250 et 300 millions » d'euros au groupe français, dont le bénéfice a doublé au premier semestre.
https://www.connaissancedesenergies.org ... ure-260923
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AFP avec Connaissance des Énergies le 23 septembre 2026
Roland Lescure n’a pas signé l’appel de six pays européens à taxer les pétroliers, jugeant son ciblage des producteurs inadapté.
[b]Paris défend une autre cible que les producteurs[/b]
Le ministre de l'Économie Roland Lescure a expliqué mercredi 23 septembre sur France 5 son refus de s'associer au courrier adressé à la Commission européenne par l'Allemagne, l'Italie, l'Autriche, la Pologne, le Portugal et l'Espagne. Selon lui, cette initiative vise d'abord les producteurs d'hydrocarbures, et en particulier TotalEnergies.
« En gros, ils pointaient du doigt Total, ils pointaient du doigt les producteurs. Je pense que le sujet aujourd'hui, il est plus dans le raffinage, c'est un sujet européen. J'ai insisté pour qu'on le regarde au niveau européen et j'espère qu'on va le faire », a déclaré Roland Lescure. Le ministre a ajouté que taxer « au niveau européen une compagnie française » au profit de Bruxelles, avec « une usine à gaz », ne constituait « pas la meilleure solution ».
[b]Un précédent européen existe depuis la crise de 2022[/b]
Les six États signataires ont demandé fin août une taxe exceptionnelle européenne sur les compagnies pétrolières, dont les résultats ont été portés par la guerre au Moyen-Orient, selon une logique proche de celle ouverte après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022. Le règlement européen 2022/1854 avait instauré une contribution temporaire de solidarité sur les bénéfices excédentaires des entreprises des secteurs du pétrole brut, du gaz naturel, du charbon et du raffinage, avec un taux minimal de 33 %.
Roland Lescure a fait valoir que les pays ayant soutenu le courrier « n'ont pas de major », contrairement à la France avec TotalEnergies. Il a lié cette présence industrielle à la sécurité d'approvisionnement, en affirmant que la France avait « zéro enjeu d'approvisionnement » et que cela tenait « en grande partie » à l'existence d'une major nationale.
[b]Le raffinage est présenté comme le point sensible[/b]
Le ministre de l'Économie a déplacé le débat vers le raffinage, qu'il considère comme le segment à examiner au niveau européen. Il a mis en garde contre une mesure qui plafonnerait les marges des raffineurs, estimant que ces derniers pourraient alors vendre leurs carburants sur d'autres marchés.
« Si demain vous bloquez les marges des raffineurs, ils iront vendre leur essence ailleurs. Et là on aura des vraies pénuries en France », a déclaré Roland Lescure. Cette position inscrit la réponse française dans une logique d'approvisionnement en carburants plutôt que dans une taxation directe des producteurs.
[b]La polémique politique vise TotalEnergies[/b]
L'eurodéputé Raphaël Glucksmann, candidat à la primaire socialiste, a accusé lundi 21 septembre le gouvernement de « bloquer » l'initiative européenne pour ne « pas heurter monsieur (Patrick) Pouyanné, PDG de TotalEnergies ». La critique intervient alors que la fiscalité sur les surprofits pétroliers revient dans le débat public avec la hausse des prix à la pompe.
Le ministre des PME et du Commerce Serge Papin avait déclaré mercredi matin : « Je n'ai pas envie d'embêter Total ». Roland Lescure a répondu sur France 5 n'avoir « ni envie d'embêter Total, ni envie de faire plaisir à Total », en présentant son arbitrage comme une réponse à une crise difficile pour les ménages et les automobilistes.
[b]Les prix plafonnés restent inférieurs aux moyennes nationales[/b]
TotalEnergies applique actuellement dans ses stations un plafond de 1,99 euro le litre pour le SP95-E10 et de 2,25 euros pour le gazole. Les prix des carburants atteignaient en moyenne en France 2,16 euros pour le SP95-E10 et 2,40 euros pour le gazole, ce dernier niveau restant proche du record de 2,41 euros atteint dimanche 20 septembre.
Ce plafonnement a été réactivé au début de la guerre au Moyen-Orient. Selon le PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné, le dispositif a coûté « entre 250 et 300 millions » d'euros au groupe français, dont le bénéfice a doublé au premier semestre.
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https://www.connaissancedesenergies.org/afp/taxer-les-producteurs-de-petrole-au-niveau-europeen-pas-la-meilleure-solution-selon-roland-lescure-260923