par energy_isere » il y a 16 minutes
« Surcharge de 155 à 230 dollars par conteneur liée au carburant » : la guerre en Iran pèse lourd sur les importateurs
Le trajet Asie-Europe d’un conteneur coûterait aujourd’hui jusqu’à 4 000 dollars au lieu de 2 500 avant le déclenchement de la guerre en Iran, selon Emmanuel Benichou, importateur français. À la tête d’une société qui importe près de 5 000 conteneurs par an, il témoigne à l’« AFP » des conséquences pour son secteur des chamboulements subis par le transport maritime international.
Le marin le 14/03/2026
Pour les salons de jardin, nos tarifs n’ont pas encore augmenté, mais si la guerre dure plusieurs mois, il faudra soit rogner nos marges soit augmenter nos prix : pour les importateurs comme le Français Emmanuel Benichou, les risques financiers liés au conflit du Moyen Orient arrivent par bateau. Qu’ils transportent du mobilier ou des médicaments, les conteneurs, symboles de la mondialisation commerciale, voient leurs routes maritimes profondément désorganisées dans le chaos de la guerre.
Arrivées aux mauvais ports
La région du Moyen Orient ne représente que 5 % du commerce mondial de conteneurs en 2025 mais le blocage de plusieurs milliers de navires de commerce par la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz fait que certains n’arrivent pas au bon port ou au bon moment.
Il y a des marchandises qui sont en Inde alors qu’elles doivent être livrées en Arabie saoudite »,a déclaré Rodolphe Saadé, PDG du troisième armateur mondial CMA CGM, au Figaro.
Les navires de commerce deviennent des cibles dans le golfe Persique, ce qui complique la situation.
Selon un décompte effectué par l’AFP avec l’agence de sécurité maritime britannique UKTMO et d’autres sources, 20 pétroliers ou cargos ont été attaqués depuis le début des frappes américano-israéliennes en Iran, le 28 février, suivies de contre-attaques iraniennes.
Par ailleurs, l’explosion des prix des carburants due au blocage du détroit d’Ormuz par où transite 20 % du pétrole mondial, conduit les armateurs à imposer des surcharges exceptionnelles de frais de transport, explique Emmanuel Benichou.
155 à 230 dollars supplémentaires par conteneur
HMM (Hyundai merchant marine) nous demande 230 dollars (NDLR : 200 euros) de plus par conteneur en surcharge d’urgence liée au fuel », ajoute Emmanuel Benichou dont la PME importe de Chine du mobilier de jardin qu’il revend sur son site de e-commerce. CMA CGM demande 155 dollars (NDLR : 135 euros) de surcharge.
Jusqu’à présent, il avait l’habitude. Son savoir-faire consiste à savoir acheter et transporter, explique-t-il à l’AFP. Au total, sa société importe 400 conteneurs par mois, près de 5 000 par an. Ce que je sais faire, c’est exploiter les opportunités du transport maritime , dit-il. En temps de paix, il réagit vite pour profiter de ristournes sur les taux de fret lorsque les navires ont de la capacité disponible . En saison de pointe, par exemple juste avant le Nouvel an chinois, on a toujours des frais supplémentaires qui s’ajoutent . Les taux se normalisent ensuite, souligne Emmanuel Benichou.
Mais il voit aujourd’hui grimper les taux de fret. Le trajet Asie-Europe d’un conteneur coûte jusqu’à 4 000 dollars (3 920 euros) au lieu de 2 500 (2 178 euros) avant le déclenchement de la guerre, selon lui. Et ce chiffre peut croître avec la longueur de l’itinéraire.
La plupart des porte-conteneurs sont contraints depuis 2023 de ne plus emprunter la mer Rouge et le canal de Suez pour atteindre l’Europe, par crainte des tirs de houthistes, alliés de l’Iran. Ce qui renchérit leurs coûts de carburant. Les navires longent les côtes africaines jusqu’au cap de Bonne Espérance avant de filer au nord vers l’Europe.
Frais de sécurité, immobilisations de navires, assurances…
Si la guerre s’éternise, Emmanuel Benichou voit poindre d’autres surcharges pour frais de sécurité, couvrant des immobilisations de navires, des coûts d’assurances, ou des frais de détention, pour financer le stockage des conteneurs qui n’ont pu être acheminés dans le bon port.
Au Moyen-Orient, les armateurs mobilisent des camions pour conduire les conteneurs vers leurs destinations finales. Ils redirigent leurs navires vers l’Europe ou vers l’Afrique, et cherchent des ports secondaires pour livrer la région en utilisant de nouveaux corridors logistiques.
Dans le golfe Persique, où les porte-conteneurs ne peuvent plus accéder au port de Dubaï, plaque-tournante du commerce régional, CMA CGM décharge ses marchandises au port de Khor Fakkan à Sharjah, juste avant le détroit d’Ormuz.
Le risque c’est de nous retrouver avec des montagnes de conteneurs qui congestionnent les terminaux, engrangeant d’énormes retards », craint Vincent Clerc, directeur général de l’armateur danois Maersk.
Ce qui réveille le spectre de la crise covid et la crainte d’une rupture des chaînes logistiques entre l’usine du monde et les pays consommateurs. Emmanuel Benichou se souvient ainsi d’avoir vu les taux de fret grimper à 14 000 dollars (NDLR : 12 198 euros) le conteneur.
https://lemarin.ouest-france.fr/shippin ... f5162ee52a
[quote] [b]« Surcharge de 155 à 230 dollars par conteneur liée au carburant » : la guerre en Iran pèse lourd sur les importateurs[/b]
Le trajet Asie-Europe d’un conteneur coûterait aujourd’hui jusqu’à 4 000 dollars au lieu de 2 500 avant le déclenchement de la guerre en Iran, selon Emmanuel Benichou, importateur français. À la tête d’une société qui importe près de 5 000 conteneurs par an, il témoigne à l’« AFP » des conséquences pour son secteur des chamboulements subis par le transport maritime international.
Le marin le 14/03/2026
[i]Pour les salons de jardin, nos tarifs n’ont pas encore augmenté, mais si la guerre dure plusieurs mois, il faudra soit rogner nos marges soit augmenter nos prix [/i] : pour les importateurs comme le Français Emmanuel Benichou, les risques financiers liés au conflit du Moyen Orient arrivent par bateau. Qu’ils transportent du mobilier ou des médicaments, les conteneurs, symboles de la mondialisation commerciale, voient leurs routes maritimes profondément désorganisées dans le chaos de la guerre.
Arrivées aux mauvais ports
La région du Moyen Orient ne représente que 5 % du commerce mondial de conteneurs en 2025 mais le blocage de plusieurs milliers de navires de commerce par la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz fait que certains n’arrivent pas au bon port ou au bon moment.
Il y a des marchandises qui sont en Inde alors qu’elles doivent être livrées en Arabie saoudite »,a déclaré Rodolphe Saadé, PDG du troisième armateur mondial CMA CGM, au Figaro.
Les navires de commerce deviennent des cibles dans le golfe Persique, ce qui complique la situation.
Selon un décompte effectué par l’AFP avec l’agence de sécurité maritime britannique UKTMO et d’autres sources, 20 pétroliers ou cargos ont été attaqués depuis le début des frappes américano-israéliennes en Iran, le 28 février, suivies de contre-attaques iraniennes.
Par ailleurs, l’explosion des prix des carburants due au blocage du détroit d’Ormuz par où transite 20 % du pétrole mondial, conduit les armateurs à imposer des surcharges exceptionnelles de frais de transport, explique Emmanuel Benichou.
155 à 230 dollars supplémentaires par conteneur
HMM (Hyundai merchant marine) nous demande 230 dollars (NDLR : 200 euros) de plus par conteneur en surcharge d’urgence liée au fuel », ajoute Emmanuel Benichou dont la PME importe de Chine du mobilier de jardin qu’il revend sur son site de e-commerce. CMA CGM demande 155 dollars (NDLR : 135 euros) de surcharge.
Jusqu’à présent, il avait l’habitude. Son savoir-faire consiste à savoir acheter et transporter, explique-t-il à l’AFP. Au total, sa société importe 400 conteneurs par mois, près de 5 000 par an. Ce que je sais faire, c’est exploiter les opportunités du transport maritime , dit-il. En temps de paix, il réagit vite pour profiter de ristournes sur les taux de fret lorsque les navires ont de la capacité disponible . En saison de pointe, par exemple juste avant le Nouvel an chinois, on a toujours des frais supplémentaires qui s’ajoutent . Les taux se normalisent ensuite, souligne Emmanuel Benichou.
Mais il voit aujourd’hui grimper les taux de fret. Le trajet Asie-Europe d’un conteneur coûte jusqu’à 4 000 dollars (3 920 euros) au lieu de 2 500 (2 178 euros) avant le déclenchement de la guerre, selon lui. Et ce chiffre peut croître avec la longueur de l’itinéraire.
La plupart des porte-conteneurs sont contraints depuis 2023 de ne plus emprunter la mer Rouge et le canal de Suez pour atteindre l’Europe, par crainte des tirs de houthistes, alliés de l’Iran. Ce qui renchérit leurs coûts de carburant. Les navires longent les côtes africaines jusqu’au cap de Bonne Espérance avant de filer au nord vers l’Europe.
Frais de sécurité, immobilisations de navires, assurances…
Si la guerre s’éternise, Emmanuel Benichou voit poindre d’autres surcharges pour frais de sécurité, couvrant des immobilisations de navires, des coûts d’assurances, ou des frais de détention, pour financer le stockage des conteneurs qui n’ont pu être acheminés dans le bon port.
Au Moyen-Orient, les armateurs mobilisent des camions pour conduire les conteneurs vers leurs destinations finales. Ils redirigent leurs navires vers l’Europe ou vers l’Afrique, et cherchent des ports secondaires pour livrer la région en utilisant de nouveaux corridors logistiques.
Dans le golfe Persique, où les porte-conteneurs ne peuvent plus accéder au port de Dubaï, plaque-tournante du commerce régional, CMA CGM décharge ses marchandises au port de Khor Fakkan à Sharjah, juste avant le détroit d’Ormuz.
Le risque c’est de nous retrouver avec des montagnes de conteneurs qui congestionnent les terminaux, engrangeant d’énormes retards », craint Vincent Clerc, directeur général de l’armateur danois Maersk.
Ce qui réveille le spectre de la crise covid et la crainte d’une rupture des chaînes logistiques entre l’usine du monde et les pays consommateurs. Emmanuel Benichou se souvient ainsi d’avoir vu les taux de fret grimper à 14 000 dollars (NDLR : 12 198 euros) le conteneur.
[/quote]
https://lemarin.ouest-france.fr/shipping/surcharge-de-155-a-230-dollars-par-conteneur-liee-au-carburant-la-guerre-en-iran-pese-lourd-sur-les-importateurs-506fe296-1ece-11f1-a6e8-58f5162ee52a